Animal Crossing : New Horizons Switch 2 Edition

Pendant quatre ans, Nintendo a juré que la mise à jour 2.0 d’Animal Crossing: New Horizons serait la dernière, l’ultime gros ajout de contenu avant la fin du suivi. Puis arrive la Switch 2, accompagnée d’une mise à jour 3.0 massive qui remet le jeu sur le devant de la scène avec une vraie dose de nouveautés. On n’y croyait plus, et pourtant, Nintendo offre à son titre culte un vrai coup de jeune pour sa nouvelle console.
Développé en interne par Nintendo EAD et édité par Nintendo, Animal Crossing: New Horizons est initialement sorti en mars 2020 sur Switch. Le jeu est vite devenu un phénomène culturel pendant la pandémie, marquant une génération de joueurs. Hisashi Nogami et Aya Kyogoku étaient à la production, épaulés par plusieurs talents historiques de la maison. La version Switch 2 repose sur le même moteur, mais optimisé et enrichi, et c’est précisément ce que cette nouvelle mise à jour 3.0 vient confirmer.
Entre Continuité et Nouvel Élan
Animal Crossing: New Horizons ne raconte pas une histoire au sens classique. Le véritable récit, c’est celui que l’on construit au fil des jours, à son rythme, sur son île.
On débarque sur une île déserte qui devient rapidement un refuge personnel, loin du tumulte du monde réel. Tom Nook, le raton laveur épaulé par Méli et Mélo, nous offre un prêt confortable pour bâtir notre maison. Marie (ou isabelle), la chienne qui avait rejoint le casting de Super Smash Bros Ultimate , prend le rôle d’adjointe administrative. Peu à peu, des villageois emménagent, chacun avec sa personnalité, ses petites manies et ses préoccupations. Leurs histoires se mêlent à la nôtre et donnent ce ton doux, apaisant… mais surtout prenant. On finit par s’attacher sincèrement à ces petits personnages.
La mise à jour 3.0 ne bouleverse pas cette base, mais elle enrichit cet écosystème de façon cohérente, en s’appuyant sur ce qui faisait déjà le charme du jeu.

L’Hôtel : le cœur de la mise à jour
La principale nouveauté, c’est l’apparition d’un hôtel à côté du quai de l’île. Kapp’n, la tortue qui vous emmène en balade en bateau, s’associe avec sa famille pour transformer le lieu en établissement touristique.
Le principe est simple, décorer des chambres suivant des thèmes précis pour attirer des voyageurs. Chaque chambre complétée vous rapporte des tickets d’hôtel, à échanger chez Grams, au magasin de souvenirs. On y trouve du mobilier thématique, mais aussi de véritables consoles Nintendo rétro comme Famicom et autres pièces de collection virtuelles. Si vous disposez d’un abonnement Nintendo Switch Online, huit jeux NES complets sont jouables directement depuis ces consoles intégrées dans votre partie, ce qui ajoute une couche de nostalgie très bien sentie.
Tom Nook, de son côté, propose un kiosque spécial avec des créations à fabriquer pour promouvoir l’hôtel. Cela se traduit par une mini-boucle de quêtes répétables qui donne un objectif supplémentaire à votre progression quotidienne. L’idée est clairement héritée du DLC payant Happy Home Paradise, mais cette fois intégrée au jeu de base, de manière plus fluide et naturelle.

Entre Ancien et Radicalement Nouveau
Les joueurs ayant déjà passé 300 heures sur la version Switch d’origine ont forcément l’impression d’être en terrain connu. Pourtant, la mise à jour 3.0 apporte suffisamment de changements pour éviter l’effet « recyclage ».
Le système d’artisanat bénéficie enfin d’un vrai confort d’utilisation, il est désormais possible de fabriquer jusqu’à dix objets d’un coup, au lieu de les enchaîner un par un. Cela accélère considérablement les sessions de production. Autre amélioration bienvenue, les objets stockés dans votre maison peuvent maintenant servir directement de matériaux, sans devoir tout sortir à la main. Ce sont des ajustements simples, mais qui auraient clairement gagné à arriver plus tôt tant ils paraissent naturels.
L’espace de rangement bénéficie aussi d’une extension substantielle, passant de 5 000 à 9 000 emplacements.
Zelda, Splatoon et même LEGO s’invitent à la fête
La nouvelle version mise également sur le contenu collaboratif. Les amiibo de The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom et de Splatoon débloquent des objets spéciaux inspirés de ces univers. Mieux encore, quatre nouveaux villageois peuvent rejoindre votre île : Mineru et Babil côté Zelda, Kala et Mara pour Splatoon.
Le jeu se montre plutôt généreux, même de vieux amiibo de la première Switch permettent de profiter du nouveau contenu, ce qui évite l’impression de devoir tout racheter. En marge des licences Nintendo classiques, des objets LEGO font leur apparition au Nook Shop, accessibles sans condition particulière. Ce type de crossover, sans être central au gameplay, ajoute une vraie dimension de collection et de personnalisation supplémentaire.

Resetti et le service de déblayage
Resetti, la taupe connue pour ses coups de gueule chez les joueurs GameCube qui trichaient avec l’horloge de la console, fait son retour avec la mise à jour 3.0. Il ne prend pas la forme d’un villageois classique, mais se balade de façon aléatoire sur votre île. Une fois que vous le croisez, il vous présente son service de déblayage.
Concrètement, Resetti peut nettoyer une zone entière de votre île afin de vous laisser totalement libre dans vos envies de réaménagement. Pour celles et ceux qui aiment repenser la structure de leur île sans tout démolir eux-mêmes pendant des heures, ce service est un gain de temps appréciable et un clin d’œil amusant à l’histoire de la série.

Rêver’Île : le mode créatif assumé
Le système de rêves existait déjà pour permettre de partager son île avec d’autres joueurs. La version Switch 2 étend le concept avec les Rêver’îles, qui tiennent davantage du véritable mode créatif.
Dans ce mode, on peut décorer sans contrainte, modifier librement la liste des villageois, expérimenter des idées de mise en scène, en solo comme en multijoueur, sans toucher à l’île principale. C’est un bac à sable pensé pour les créateurs, les joueurs qui aiment surtout imaginer des ambiances, tester des thèmes, ou simplement se lâcher sans risque.
Seule contrainte, les Rêver’îles exigent un abonnement Nintendo Switch Online actif.
Une évolution douce mais sensible du gameplay
La mise à jour ne se contente pas d’ajouter du contenu, elle fluidifie aussi le quotidien sur l’île.
Il est désormais possible de maintenir une direction fixe tout en se déplaçant en gardant le bouton L enfoncé, ce qui rend certains déplacements plus confortables. Marie peut aussi vous proposer des mélodies pour l’hymne de l’île, ce qui évite de devoir tout composer soi-même si l’on manque d’inspiration. Les missions quotidiennes des Miles de Nook s’étoffent avec de nouveaux objectifs, histoire de renouveler un peu la routine. La fronde pour retirer les mauvaises herbes est également moins coûteuse chez Leif, simplifiant un peu l’entretien de l’île.
La Switch 2 amène aussi de nouvelles possibilités côté contrôles. Les Joy-Con 2 intègrent un mode souris pour les jeux qui le prennent en charge, et Animal Crossing l’exploite pour la décoration. Placer des meubles avec les joysticks analogiques restait parfois laborieux pour viser la case exacte. Avec la souris, la manipulation devient bien plus précise et intuitive, on clique, l’objet se place là où on le souhaite, sans se battre contre une dérive de joystick ou un alignement capricieux.
Un nouvel objet, le mégaphone, utilise le microphone de la console pour appeler les résidents. Pratique pour éviter de parcourir toute l’île à la recherche d’un villageois précis.

De la douceur avec du croquant
Sur Switch 1, Animal Crossing: New Horizons était déjà propre visuellement, mais montrait ses limites dès qu’on zoomait un peu trop : aliasing, contours un peu dentelés, rendu parfois légèrement flou. La version Switch 2 gomme une bonne partie de ces défauts.
En 1080p en mode portable, le gain de netteté est déjà net : les arêtes des meubles, des maisons, des personnages sont plus propres. En 4K sur téléviseur, la différence devient vraiment marquante. Reflets, jeux de lumière, certaines textures : tout gagne en finesse. Les animations restent globalement identiques, mais la meilleure définition rend les mouvements des villageois, les captures d’insectes ou les gestes du quotidien plus agréables à l’œil.
Le principal regret vient de la fréquence d’images, toujours limitée à 30 fps. La responsabilité ne semble pas venir de la console, capable de faire tourner des titres comme Metroid Prime 4 en 4K60 ou 1080p120. Le moteur d’Animal Crossing est manifestement pensé autour d’une logique 30 fps, et passer à 60 aurait sans doute exigé une refonte profonde. Dans un jeu de ce type, ce n’est pas rédhibitoire, mais l’on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’aurait donné une édition à 60 fps.
Reste que, techniquement, la version Switch 2 profite de chargements bien plus rapides, d’un multijoueur plus stable et globalement de moins de frictions au quotidien par rapport à la version d’origine.

Une ambiance sonore intacte mais mieux servie
Côté audio, la bande-son reste identique à celle de la version Switch. On retrouve les mêmes musiques, les mêmes ambiances, les mêmes bruitages rassurants qui participent à l’ADN de la série.
La différence se joue surtout sur le hardware : les haut-parleurs de la Switch 2 offrent un rendu légèrement plus riche, notamment dans les médiums et les basses. Cela donne un peu plus de présence à la musique et aux sons d’ambiance en mode portable.
Un jeu qui vieillit avec grâce
Animal Crossing: New Horizons sur Switch 2 confirme une chose, Nintendo prend au sérieux le suivi de ses licences majeures. Ce n’est pas qu’un simple portage avec une résolution supérieure. La mise à jour 3.0 apporte une véritable somme d’améliorations de confort, de contenu supplémentaire et de petites touches techniques qui rendent l’ensemble plus agréable à jouer au quotidien.
Les temps de chargement plus courts, le multijoueur plus fiable, la clarté de l’image, les contrôles façon souris pour la décoration, l’hôtel et ses activités, les Rêver’îles, les collaborations avec Zelda, Splatoon et LEGO, les retours de personnages cultes comme Resetti : tout cela contribue à donner l’impression d’un jeu remis au goût du jour, sans trahir ce qu’il était déjà.
Hormis la limite à 30 fps, il est difficile de trouver un vrai angle de critique sévère pour cette version.
Pour les joueurs qui possèdent déjà New Horizons et une Switch 2, la mise à niveau à 4,99 € a clairement du sens. Pour ceux qui n’y ont jamais touché, cette édition devient tout simplement la version de référence. C’est un Animal Crossing affiné, plus confortable, plus généreux, qui continue de prouver, plusieurs années après sa sortie initiale, pourquoi il a marqué autant de joueurs.




