Final Fantasy VII Remake Intergrade Switch 2

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Graphisme8.8
Animation8.7
Gameplay8.8
Bande-Son9.5
Intérêt9
9

C’est un événement que beaucoup attendaient avec un mélange d’espoir et de curiosité. Final Fantasy VII Remake Intergrade débarque sur la Switch 2 ce 22 janvier 2026, et avec lui, la question centrale qui anime les salons gaming depuis des mois : comment Square Enix a-t-il réussi à faire tenir l’une des plus ambitieuses réinterprétations de ces dernières années sur la console portable de Nintendo ?

Square Enix a réalisé cette adaptation avec la version Intergrade, incluant le contenu du DLC Intermission mettant en avant Yuffie Kisaragi. Le studio s’est appuyé sur l’infrastructure technique de la Switch 2 pour proposer une expérience qui ne fasse pas trop de concessions à l’ambition initiale du titre.

Entre fidélité et réinterprétation assumée

Final Fantasy VII Remake revisite l’acte initial du jeu original en se concentrant sur Midgar, cette cité dystopique où l’on découvre Cloud, un mercenaire aux motivations floues et un passé douloureux, en compagnie de Tifa, son amie d’enfance, et Barret, le leader impulsif d’Avalanche. Ce groupe de rebelles lutte contre la Shinra, une corporation titanesque qui pompe littéralement l’énergie de la planète via des réacteurs Mako.

Ce qui avait frappé avec ce remake, c’est son refus de la simple nostalgie. Le scénario ne copie pas le jeu de 1997 ; il le réinterprète de manière assumée. Les événements clés connaissent des déviations substantielles, les personnages secondaires gagnent du poids narratif, et des éléments totalement nouveaux comme les Fileurs deviennent des entités majeures dans la compréhension même du récit. Le jeu joue avec notre connaissance du matériel original.

Pour celui qui découvre l’univers de FF7, cette incarnation pose les bases d’un monde riche et complexe. Midgar n’est plus juste un décor, c’est un monde vivant avec ses différents secteurs, ses problèmes sociaux, ses enjeux environnementaux. Les trois premières heures de jeu parviennent à nous immerger progressivement, puis nous embarquent dans une aventure qui n’hésite pas à prendre son temps pour développer ses personnages. Ce n’est pas un reproche, c’est même l’une des forces majeures du remake.

Cependant, cette approche plus bavarde, plus narrativement ambitieuse, signifie aussi que certains passages traînent. Sur le jeu de base, la partie Midgar sur le CD1 ne représentait même pas quelques heures de jeu ; cette version nous propose une durée de 35 à 40 heures pour finir l’histoire principale.

Un Combat Hybride Bien Réfléchi

Le système de combat fusionne l’action temps réel avec l’ATB (Active Time Battle) du jeu original. En pratique, cela signifie que nous contrôlons Cloud directement, que nous pouvons esquiver, nous déplacer librement et attaquer, mais que notre capacité à lancer des sorts et des capacités dépend du remplissage d’une jauge ATB.

Cloud dispose notamment de deux postures principales : une qui privilégie la mobilité et la vitesse d’attaque, et une seconde qui sacrifie la mobilité pour des dégâts considérablement plus élevés. Cette dualité est le cœur tactique du combat, savoir quand basculer l’une à l’autre fait la différence durant un affrontement. Chaque personnage du groupe possède son propre kit d’attaques et d’habilités, rendant obligatoire le changement de membre actif en fonction de la situation.

L’une des meilleures mécaniques est la fragilité : en remplissant la jauge de fragilité d’un ennemi via des attaques ciblées, on le rend vulnérable pendant une période courte mais précieuse où il encaisse drastiquement plus de dégâts. On ne se contente pas simplement de l’attaque la plus puissante ; on doit construire le combat, identifier les faiblesses, exploiter les occasions.

Sur la Switch 2, ce système reste très fluide. Les 30 FPS stables permettent au jeu d’être réactif sans sensation notable de latence. Les contrôles répondent présents, et même en mode portable, je n’ai pas détecté de comportement d’input lag lors des phases d’affrontement critiques.

Pour ce qui relève des options de difficulté, on dispose du mode Facile, Normal, et du mode Difficile (débloqué après une première partie). Le mode Difficile impose des contraintes notables : impossible d’utiliser d’objets de soin en ou hors combat, impossible de régénérer ses PM à chaque repos. Cela force le joueur à vraiment maîtriser le système et à adapter son équipement avec stratégie.

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Contenu et Rejouabilité

Au-delà de l’histoire de Cloud et ses compagnons, le jeu offre des quêtes annexes, des collectibles, et des combats optionnels. Ces quêtes secondaires servent davantage à développer les personnages secondaires de Midgar et à enrichir l’atmosphère que nous n’avions pas à l’époque sur PSone. Explorer ces éléments parallèles peut facilement ajouter 15 à 20 heures de contenu supplémentaire.

Le DLC Intermission, qui voyage avec cette version Switch 2, centre son scénario sur Yuffie Kisaragi, la ninja du Wutai. C’est un contenu d’environ 3 à 5 heures qui propose une perspective légèrement différente de Midgar,

En mode Docké

On y arrive, à quoi ressemble ce jeu sur Switch 2 ? Square Enix a effectué un travail remarquable en intégrant les améliorations graphiques de l’édition PS5 Intergrade dans une résolution plus contenue, avec ses contreparties, vous vous en doutez.

En mode docké, le jeu s’affiche en 1080p à 30 FPS stables avec un HDR très bien implémenté. Pour ceux qui connaissent les versions PS4 et PS5, on rappelle que la PS4 originale tournait également à 1080p et 30 FPS, donc nous parlons d’une parité brute en matière de fréquence d’images et de résolution. Cependant, la Switch 2 bénéficie des améliorations que la PS5 a reçu : éclairage volumétrique plus sophistiqué, ombres d’une meilleure qualité, textures plus détaillées et cohérentes.

Concrètement, lorsque nous explorons Midgar en docké, les environnements offrent une profondeur visuelle solide. Les districts de Midgar, qu’il s’agisse du quartier chic de la Shinra ou des bidonvilles du secteur 7, conservent leur caractère distinctif et atmosphérique. L’éclairage urbain de nuit, avec ses néons et ses effets de lumière, demeure impactant. Les modèles de personnages affichent une finition correcte, avec une distinction nette entre nos héros et les figurants, même si un peu moins de détails que sur PS5 évidemment.

Le principal reproche à adresser ici concerne une légère réduction de la complexité des scènes en arrière-plan. On note un pop-in légèrement plus prononcé qu’en PS5, c’est-à-dire une apparition visible des éléments de décor distants. Ce n’est pas perturbant lors des combats, mais lors des moments d’exploration tranquille, on détecte parfois l’apparition d’immeubles ou d’éléments de décor lointains. C’est un compromis acceptable pour faire tourner le jeu sur du hardware portable, mais il existe.

En Mode Portable

Ce n’est pas une surprise, le jeu tourne à une résolution inférieure, on parle d’une résolution de 720p, pour maintenir la stabilité des 30 FPS toujours avec un bon HDR mais moins percutant que sur un écran Oled. Sur l’écran de la Switch 2, qui est plus grand que celui de la première Switch mais possède toujours une densité de pixels limitée, cette réduction devient perceptible. Les textures restent présentes, mais le rendu est moins percutant qu’en docké, et les détails fins perdent un peu en clarté.

En mode portable la console est moins puissante qu’en docké et donc certains ralentissements apparaissent mais rien de compromettant. Pour ceux qui achètent une Switch 2 principalement pour jouer en mode portable, FF7 Remake ne sera pas une déception majeure, juste une version légèrement en retrait par rapport au mode docké.

Les cinématiques du jeu peuvent être en FMV ou en rendu direct avec le moteur du jeu et me rappelle encore que le film d’animation FF Advent Children reste encore une merveille à ce jour. Portage oblige, on ressent que les cinématiques FMV ont été compressées pour tenir sur cette version (des artefacts sont ressentis à cause de la compression). Il faut dire que le jeu pèse 90 Go sur la console.

Les temps de chargement sont rapides. Square Enix s’est appuyé sur l’architecture de la Switch 2, notamment son stockage rapide, pour reproduire les chargements quasi instantanés de la PS5. J’ai mesuré des chargements entre 3 et 5 secondes lors de transitions majeures, ce qui est exemplaire pour un jeu de cette envergure. C’est un domaine où la Switch 2 s’en tire très bien.

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Mais il faut le dire, on est là sur un excellent portage, Square Enix a fait un travail de qualité.

Une beauté musicale

La musique de FF7 Remake reste l’une de ses grandes forces. Le compositeur légendaire Nobuo Uematsu a redonné ses lettres de noblesse au thème principal, tandis que Masashi Hamauzu a travaillé sur les nouvelles compositions, notamment pour les Fileurs et les environnements nouveaux. La bande sonore dépasse les 8h30 d’écoute totale.

Le résultat est une collection de musiques qui respectent l’ADN de FF7 tout en explorant des directions modernes. Le thème de combat initial reconnaît les racines du jeu original mais l’enveloppe dans une orchestration riche.

Sur Switch 2, la restitution audio reste fidèle. Les enceintes intégrées offrent une qualité satisfaisante pour une console portable, quoique limitée. En mode docké avec un vrai système audio ou un casque, la musique révèle toute sa richesse orchestrale. C’est un point où l’upgrade en équipement sonore fait une différence tangible, mais le jeu ne souffre pas sur les enceintes de la console.

La Switch 2 propose l’audio en français, anglais, allemand et japonais. On aurait pu penser que le doublage audio français allait être sacrifié pour cette version, mais non, merci Square Enix de laisser ce choix.

Des ajouts très sympathiques

Le jeu inclut un photo mode permettant de capturer des moments émouvants de Midgar. Les options de pose et de filtrage sont correctes, quoique moins élaborées que dans les récents Uncharted ou The Last of Us, un mode toujours apprécié pour les artistes en herbe.

Pour ceux qui auraient déjà fait l’aventure et qui souhaitent la refaire ou pour les nouveaux qui découvrent ce jeu mais qui n’ont pas le temps d’y consacrer 50 heures, Square Enix a mis à disposition des joueurs un menu Cheats codes nommé « aide de jeu », dans ce menu vous pouvez activer PV et PM illimités, dégâts toujours à 9999, expérience x2 et d’autres facilités pour jouer sans prise de tête et profiter de l’histoire.

Ces ajouts bonus seront disponibles sur les autres versions via une mise à jour lors de la sortie du jeu qui est prévue le 22 janvier 2026.

Une Portabilité Très Réussie, Mais Avec ses Limites

Final Fantasy VII Remake sur Switch 2 réalise un exploit technique intéressant. Obtenir une expérience de jeu aussi vaste, narrativement riche et graphiquement respectable sur du hardware portable, c’est un accomplissement. Les 30 FPS stables, la qualité visuelle des décors, la profondeur du système de combat, tout cela se combine pour offrir une version Switch 2 digne, pas un portage bâclé.

Bien entendu, cette version est une étape en retrait comparée à la PS5, et notamment face au mode Performance de PS5 à 60 FPS. La résolution en portable, le stockage monstrueux requis, les légers compromis visuels en arrière-plan, autant de petits détails qui rappellent que nous jouons sur du hardware portatif.

Pour ceux qui possèdent déjà une PS4 ou PS5, la question devient : vaut-il le coup de rejouer à FF7 Remake sur Switch 2 ? La réponse est nuancée. Si la portabilité est votre priorité absolue, oui, c’est une excellente façon de vivre l’expérience Midgar en déplacement (et si vous n’avez pas un PS portal avec une bonne connexion internet).

Si vous cherchez la meilleure qualité visuelle et sonore, la PS5 reste plus appropriée. Si vous ne possédez ni l’une ni l’autre et que Switch 2 est votre seule option, alors c’est une belle occasion de découvrir ce remake sans regret majeur.

Un grand jeu que je recommande sans hésitation pour Switch 2, sachant que cette version fait les choix pragmatiques qu’un portage sur hardware limité doit faire et il le fait très bien.

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