Ghost Keeper

Ghost Keeper, développé par Quest Craft et édité par Gaming Factory, nous propose d’explorer une perspective assez rare dans le milieu du jeu vidéo, celle du maître des créatures surnaturelles qui commandent des hordes de fantômes, de démons et de bêtes étranges pour dominer les vivants. C’est en quelque sorte le successeur moderne du culte Ghost Master de 2003, mais avec une touche contemporaine et une atmosphère gothique ancrée dans l’Angleterre victorienne du XIXe siècle.
Chérie, fais-moi peur
On nous plonge dans une Angleterre victorienne où les fantômes, les créatures surnaturelles et les chasseurs paranormaux coexistent. On incarne un Gardien, une sorte d’ancien protecteur de ces créatures qui revient pour diriger à nouveau une armée de l’au-delà.
On ne possède pas une armée classique, mais une équipe de quatre créatures avec des rôles distincts. Dans la démo, nous avons accès à William, Lame Nocturne, Phineas et Ombregeule. Chaque créature possède un set d’aptitudes uniques qui varie selon la mission, nous forçant à réfléchir plutôt que d’utiliser les mêmes capacités en boucle.

L’Essence est la ressource centrale. Chaque activation d’aptitude la consomme, et plus nos créatures utilisent leurs capacités, plus elles se « dévoilent ». Il faut les rappeler au repos pour les recharger avant de les réinvoquer. Le gameplay réside entièrement dans les combinaisons que nous effectuons pour vider les lieux de tous leurs occupants : soit en les effrayant au point qu’ils s’enfuient, soit par des « malencontreux » accidents, tout cela se traduit par leur jauge de peur et de santé.
Dès qu’on maîtrise les combos d’aptitudes, le jeu devient addictif. Utiliser Lame Nocturne pour créer une « présence menaçante », enchaîner avec William pour amplifier la panique, puis faire intervenir Ombregeule pour frapper psychologiquement les mortels crée une symphonie de terreur. On découvre rapidement qu’il y a plusieurs solutions pour réussir une mission.
Dans la démo, on nous propose trois niveaux de jeux, la Maison de William, le Manoir de Phineas et le Cimetière. La Maison de William est un tutoriel interactif où l’on apprend à gérer les mortels qui se promènent tranquillement. Le Manoir de Phineas augmente la difficulté avec plus de vivants, des configurations plus complexes et des scénarios qui exigent une planification d’actions entre nos fantômes. Le Cimetière fait office de premier niveau sérieux pour exploiter les mécanismes du jeu
Une esthétique rétro
Ghost Keeper adopte une esthétique isométrique des années 2000 avec des environnements détaillés dans une palette sombre et gothique qui renforce l’ambiance victorienne. Les animations des personnages sont assez loufoques et assumées vu le contexte comique posé par le jeu.
Malgré quelques lacunes de traduction et un manque d’informations contextuelles, l’interface reste étonnamment claire et épurée. Même face à la complexité du gameplay, on ne se perd jamais visuellement sur l’écran, ce que beaucoup de jeux de stratégie échouent à accomplir.
Les créatures possèdent un design distinctif et grotesque qui colle parfaitement à l’humour noir du jeu. Les mortels, eux, sont caricaturaux dans leurs réactions, amplifiés par des bruitages comiques qui accentuent le ton absurde de l’ensemble.

Une ambiance mortelle
Notre travail est accompagné par un narrateur qui guide nos actions, commentant nos décisions avec un humour noir. Il se moque ouvertement de nous quand les choses tournent mal ou félicite nos réussites de manière condescendante, comme quoi gardien des damnés n’est pas un métier de tout…..Repos.
La musique d’ambiance privilégie la discrétion avec des notes aiguës éparpillées qui rappellent Luigi’s Mansion, accentuant l’effet surnaturel de la situation. Elle s’intensifie à l’arrivée des chasseurs de fantômes et se détend lors des phases d’effroi des mortels, démontrant un design sonore intelligent.

Un problème de fantômes ? on appelle la confrérie
Durant la seconde mission, notre ennemi numéro 1 apparaît : les Ghostbus. Euh, la confrérie, vous vous en doutez, des chasseurs de fantômes. Ils deviennent progressivement une menace sérieuse au fil du jeu. Ils utilisent des équipements spécialisés, des pièges et possèdent une connaissance des phénomènes paranormaux. Certains chasseurs peuvent détecter nos créatures invisibles, d’autres peuvent sceller des zones entières pendant un certain temps, empêchant toute nouvelle invocation et possèdent une jauge de peur plus importante que les autres mortels.
Il nous faudra anticiper leurs mouvements, les neutraliser en priorité, et éviter de les laisser dominer le terrain trop longtemps sous peine de se retrouver dans une position désavantageuse.

Un projet en bonne voie
Ghost Keeper est une fusion de RTS et puzzle game donnant une vision créative distincte. La démo fournit suffisamment de contenu pour comprendre ce que le jeu complet promet d’être, et ce que je vois me plaît beaucoup.
Ghost Keeper présente des qualités certaines, un humour efficace, une direction artistique cohérente avec son univers, et une interface épurée et intuitive. Cependant, en tant qu’early access, le titre souffre encore de quelques lacunes, notamment des problèmes de localisation et l’absence d’un tutoriel suffisamment détaillé pour appréhender pleinement les mécaniques liées aux fantômes.
Les amateurs du genre, ou nostalgiques de Ghost Master, Dungeon Keeper et Overlord trouveront je pense leur bonheur et le plus beau !! Une démo est disponible sur Steam.




