Code Vein 2

75
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Graphisme7
Animation6.5
Gameplay8.5
Bande-Son8.5
Intérêt7
7.5

Code Vein 2 arrive avec une responsabilité de taille : celle de revitaliser une franchise qui n’a pas vraiment marqué les esprits lors de son premier opus en 2019, pour ma part ce fut un bon jeu. Développé par Bandai Namco Studios Inc., Le jeu reçoit les mains expertes de Keita Iizuka à la production et Hiroshi Yoshimura à la direction.

Du Sang, du Temps, une Destinée Teintée de Drame

Code Vein 2 situe son intrigue dans une Terre alternative du 23ème siècle, face à une deuxième Résurgence qui menace l’extinction de toute vie. La solution est d’affronter et éliminer cinq héros emprisonnés dans des cocons, autrefois sauveurs de l’humanité mais désormais rongés par la corruption.​

Pour les libérer de leur prison future, nous voyageons dans le passé aux côtés de Lou, une jeune fille aux pouvoirs temporels. Nous rencontrons ces cinq héros à des moments clés de leur histoire, établissant les fondations nécessaires pour les éliminer dans le présent. Ce qui semblait labyrinthique au départ prend progressivement de la profondeur.

Les personnages possèdent une réelle épaisseur psychologique qui les rend attachants. Leurs motivations varient, leurs relations se nouent organiquement, et les affrontements finaux chargent d’une tension émotionnelle les simples combats de boss. Le titre assume pleinement son héritage animé avec ses thèmes de sacrifice, rédemption et solidarité. Certains trouveront ces éléments galvaudés ; d’autres, notamment les amateurs du genre, les trouveront sincères et bien intégrés au contexte dystopique.

Une Souplesse Combative avec des Étincelles d’Originalité

Code Vein 2 affiche une identité combative bien plus agile que son prédécesseur. Le système de Code Sanguin a été restructuré pour permettre une personnalisation fluide, on peut changer de build à volonté sans réinitialiser nos statistiques. Chaque Code définit nos stats de base, nos armes de prédilection et les formae disponibles.​

La mécanique principale de drainer la vitalité des ennemis pour récupérer de l’Ichor (ressource permettant l’utilisation de pouvoirs) s’est améliorée. On peut maintenant enchaîner des attaques basiques vers des attaques drainantes, créant une boucle de combat plus dynamique et agressive. Le système de vulnérabilité introduit rend les armes lourdes viables pour étourdir les boss, contrairement au premier jeu où elles se sentaient molles et peu impactantes. Dans cet épisode, deux nouvelles armes apparaissent, Les lames psychiques et les doubles lames.

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Le système de partenaires s’est amélioré. On peut laisser nos alliés combattre à nos côtés ou les « assimiler » pour obtenir des bonus sans leur présence. Les partenaires peuvent servir de tank d’assistance, mais je serais honnête, cela ne sert pas vraiment contre les boss qui adorent nous faire mal. La difficulté est moins importante que le premier épisode, mais certains boss restent de vraies plaies.

Cependant, les hitbox et la tolérance des esquives varient d’un combat à l’autre, créant un déséquilibre frustrant. Parfois, on esquive confortablement ; d’autres fois, un coup qui semblait loin nous touche. Les combats contre plusieurs ennemis deviennent vite chaotiques, le système de verrouillage n’étant pas aussi précis qu’on le souhaiterait. Certaines animations de boss semblent arbitrairement longues, forçant de longues attentes avant une ouverture d’attaque.

Elden Ring est passé par là

Code Vein 2 abandonne les corridors labyrinthiques du premier opus pour embrasser une formule à monde ouvert inspirée d’Elden Ring. Trois grandes zones à explorer, donjons géants à fouiller pour récupérer armes, capacités, consommables et objets de renforcement. On retrouve aussi les deux catégories d’objets classiques pour améliorer la qualité et la quantité des fioles de régénération.

Cependant, le voyage pose problème. La moto qui fait office de monture possède des contrôles lourds et s’enraye sur le moindre obstacle, ironiquement fréquent dans une ville post-apocalyptique en ruine. Ce qui n’aide pas aussi ce sont les performances qui se dégradent quand on se prend des obstacles avec des chutes de framerate, même en roulant à 30 km/h. L’exploration devient laborieuse plutôt qu’agréable.

Malgré cela, le contenu s’avère généreux, une bonne trentaine d’heures minimum sont nécessaires pour explorer en profondeur et boucler l’histoire principale et les quêtes secondaires du présent et du passé. Je vous recommande fortement d’explorer au maximum pour arriver à la fin du jeu en conditions confortables, faute de quoi, le dernier acte devient une épreuve redoutable.

Malheureusement, cette longueur s’accompagne de recyclage du bestiaire et de combats de boss devenant éreintants à répétition. L’endgame peine à justifier cet effort et nous laisse sur un scénario très prévisible.

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Ambition affaiblie par l’exécution

Code Vein 2 repose sur Unreal Engine 5 et cherche à affiner l’esthétique anime du premier jeu. Les effets de particules des coups spéciaux impressionnent, et la variété des environnements élimine les corridors répétitifs du passé.​

Seulement, c’est un désastre technique. Le jeu oscille entre 30 et 50 fps en extérieur, y compris en mode performance censé privilégier la fluidité. Aucun avantage discernable entre les deux modes, et la situation s’aggrave drastiquement à moto. Les textures manquent de définition en gros plan. Si les modèles de personnages restent distincts, le style animé manga ne justifie pas le ray-tracing embarqué, le désactiver aurait amélioré les performances sans compromis visuel notable.

Ajoutons les animations saccadées et les micro-freezes aléatoires (particulièrement gênants en combat) : l’expérience visuelle globale pâtit d’une optimisation clairement insuffisante pour une console de cette génération.

Go Shiina Se Rappelle à Nos Oreilles

Go Shiina livre une soundtrack orchestrale riche et dramatique, fidèle à son style connu pour les orchestrations lourdes et les arrangements variés. Les thèmes de boss incorporent jazz, fusion rock et instruments du monde, rappelant son approche créative pour God Eater. Chaque région du jeu possède sa propre identité sonore. Les transitions entre le passé et le présent bénéficient de variations subtiles mais perceptibles de la musique, renforçant l’immersion temporelle.

La production sonore globale est de haute qualité, avec une séparation claire des pistes et des instruments parfaitement équilibrés.

Une Séquelle Estimable, Compromise par sa technique

Code Vein 2 réussit à proposer un Soulslike accessible sans renier le gameplay. Le design des boss privilégie l’apprentissage, l’histoire captive malgré son mélodrame et son côté prévisible, et les systèmes de build et compagnons offrent un gameplay adapté pour tous.

Mais le jeu pâtit d’une défaillance technique désagréable avec ses chutes violentes de framerate, ses instabilités. Cela reste assez discutable pour cette génération…

En l’état, les problèmes techniques transforment une promesse en expérience frustrante et c’est dommage car nous sommes devant un jeu de qualité avec un bon gameplay.

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