Synthesis of Corruption

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Graphisme7
Animation7
Gameplay7
Bande-Son7.2
Intérêt7
7

Synthesis of Corruption est développé par VidyGames, un petit studio qui s’est déjà fait remarquer auprès des amateurs d’indés avec Re.Surs et Plastomorphosis, deux titres qui exploraient déjà un univers de SF sombre et expérimental.

Le frère alternatif de Gordon Freeman

On incarne Ned Ace un assistant chercheur qui arrive en retard sur son service, dans la Nexus Tower, immense complexe gouvernemental planté au cœur de Modern‑City, capitale du Continent. Une expérience baptisée « Synthesis » visant à manipuler une particule d’énergie noire a mal tourné, déclenchant un protocole d’urgence et lâchant des entités nées de cette matière corrompue dans tout le bâtiment.

Le jeu se déroule dans des bureaux où le « Supreme One » et son gouvernement jouent aux apprentis sorciers, prolongeant la mythologie déjà vue dans Snowsquall Grip, Re.Surs et Plastomorphosis, ce qui parlera surtout aux joueurs qui suivent déjà cet univers. Un chercheur qui se retrouve bloqué dans un immense complexe avec une conspiration…hum hum je ne vois pas de qui on parle.

entre Half‑Life et Resident Evil, une synthèse imparfaite

Manette ou clavier en main, Le jeu assume pleinement sa nature hybride FPS-survival horror. Le joueur affronte des mutants, collecte clés et disques d’accès, résout des énigmes environnementales et gère des ressources. La boucle de gameplay s’inscrit dans la lignée des FPS narratifs des années 90 : progression linéaire dans la tour, activation de terminaux, déverrouillage de portes et backtracking régulier pour exploiter un objet repéré précédemment.

Les affrontements, modestes mais fonctionnels, imposent une gestion de l’axe vertical face aux ennemis rampants. La dimension survival repose davantage sur la chasse aux objets, souvent dissimulés dans des zones sombres et peu lisibles. Cette recherche oscille entre satisfaction de la découverte et frustration liée à l’absence de guidage, rappelant la philosophie Resident Evil old school plutôt que les balises omniprésentes des productions modernes.

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Le rythme privilégie une avancée méthodique, rythmée par puzzles et combinaisons à déchiffrer. Toutefois, certains passages accusent un ralentissement artificiel, la répétitivité des situations et la faible variété du bestiaire pesant sur la dynamique générale

Certains aspects peinent cependant à s’affranchir de leur inspiration première. Le bestiaire emprunte des silhouettes familières à Half-Life, tout comme le design de l’armement, le fusil à pompe en particulier, ou certains éléments de mise en scène. Si l’intention relève davantage de l’hommage assumé que de la copie servile, les joueurs ayant fréquenté l’original reconnaîtront immédiatement ces références, ce qui peut affaiblir la singularité de la proposition.

low‑poly, haute ambiance rétro

Synthesis of Corruption revendique une esthétique low‑poly très fin des années 90, inspirée par les jeux tournant sur les moteurs type GoldSrc. Les environnements affichent des géométries simples, des textures assez brutes et une palette de couleurs volontairement froide, malaisante, qui donne cette allure de laboratoire clinique rongé de l’intérieur. L’ensemble évoque autant GoldenEye pour certaines proportions anguleuses que le premier Half‑Life pour ses complexes scientifiques labyrinthiques, ce qui parlera immédiatement à une certaine génération de joueurs, oui cela donne un coup de vieux.

Cette direction artistique assumée a un vrai charme rétro et sert bien l’atmosphère anxiogène, notamment grâce au travail sur l’éclairage et les zones d’ombre. En contrepartie, les animations ont parfois un côté raide, presque marionnette, qui rappelle aussi l’époque mais pourra paraître daté à celles et ceux habitués aux standards actuels. Les ennemis manquent un peu de variété visuelle et surtout d’originalité pour certains, et certains décors recyclent leurs motifs plus souvent qu’on ne le voudrait, mais le jeu reste cohérent et lisible du moins quand les zones sombres ne deviennent pas notre ennemie pour trouver les indices clés.

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La corruption passe aussi par les oreilles

La bande‑son joue clairement la carte de l’horreur atmosphérique, nappes discrètes, montées de tension ponctuelles, silences pesants et effets sonores mis en avant pour signaler la présence d’ennemis rappelant Silent Hill ou de phénomènes anormaux. Les alarmes, les grésillements électriques, les grognements lointains et quelques surgissements sonores bien placés contribuent beaucoup à l’angoisse qui accompagne les déplacements dans les couloirs de la tour.

Cela fonctionne bien pour l’immersion, surtout pour celles et ceux qui aiment jouer dans le noir avec un casque sur les oreilles, mais cela peut aussi donner l’impression d’une identité sonore moins marquante que celle d’un Resident Evil ou d’autres survival horrors.

une expérience qui mérite qu’on s’y synthétise

Synthesis of Corruption cible les amateurs d’atmosphères scientifiques dystopiques, d’univers interconnectés et d’hommages aux FPS horrifiques des années 90 comme Half-Life ou Resident Evil. Son esthétique low-poly assumée et son gameplay axé sur une progression méthodique, des puzzles environnementaux et une gestion parcimonieuse des ressources privilégient l’immersion à l’action.

On doit toutefois accepter avec certains défauts : un rythme inégal, une recherche d’objets parfois trop tatillonne due à des placements exagérés, des zones d’ombre excessivement opaques, ainsi qu’un bestiaire et des animations qui révèlent rapidement leurs contraintes techniques, et aussi une courte durée de vie d’environ 2h30-3h.

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