Demon Tides

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Graphisme8
Animation8
Gameplay8.5
Bande-Son7.5
Intérêt8
8

Fabraz est un studio indépendant basé à New York, fondé par Fabian Rastorfe . Avec Demon Tides, le studio signe la suite directe de Demon Turf, mais avec une ambition bien plus large en transposant l’œuvre en monde ouvert.

À flot dans les eaux troubles de Ragnar

Beebz, la petite reine démone au caractère bien trempé, reçoit une mystérieuse invitation de Ragnar, souverain de l’archipel de Ragnar’s Rock. Mais dès son arrivée, son embarcation s’écrase, et la voilà contrainte d’explorer des îles dévastées pour percer le mystère de cette convocation. La tâche s’avère d’autant plus complexe que Ragnar dirige ses affaires depuis un château flottant perché dans les nuages  ce qui ne simplifie pas vraiment les rendez-vous. Le récit se dévoile progressivement au fil de l’exploration, mêlant voyage initiatique et intrigue aux accents sombres.

Beebz n’est heureusement pas seule dans cette aventure : elle est accompagnée de Luci, sa meilleure amie, de Midgi, une geek passionnée de gadgets et de badges, ainsi que de DK. Le jeu adopte un ton résolument humoristique, sans pour autant négliger des moments plus sérieux, et la qualité d’écriture des personnages secondaires constitue un vrai point fort. On regrettera toutefois l’absence de traduction française, d’autant plus frustrante que la page Steam du jeu, elle, en bénéficie pourtant.

un gameplay qui coule de source

Beebz dispose d’un arsenal de mouvements qui, au fil des heures, devient une seconde nature : sauts enchaînés, plongeons, transformation en serpent pour glisser sur l’océan, ou en chauve-souris pour franchir les abîmes. Le jeu partage clairement son ADN avec A Hat in Time et Bowser’s Fury, deux références assumées.

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Le système de talismans enrichit davantage le gameplay comme rollers pour la vitesse (au prix de la maniabilité), grappin, bulles, deltaplane… Le jeu va même jusqu’à proposer plusieurs configurations sauvegardables, permettant d’avoir une mise en place orientée traversée des océans et une autre dédiée au platforming précis. Pour éviter la frustration que provoque souvent les jeux de plateforme, nous avons la possibilité de placer des checkpoint à volonté, parfait avant un passage un peu corsé.

Là où le reste du jeu rayonne par sa fluidité, les boss sont bien pensés, les combats ne sont pas mauvais mais certains affrontements cassent le rythme, paraissent plus lourds, et tranchent avec le sentiment de liberté accumulé jusqu’alors.

Comptez une bonne dizaine d’heure pour profiter de l’épopée de Beebz, voir le double si vous souhaitez finir toutes les iles à 100% et tout obtenir.

Un cel-shading qui ne coule pas

Demon Tides opte pour un cel-shading coloré et expressif. Les environnements sont variés, les personnages ont une vraie présence à l’écran, et l’ensemble dégage une énergie cartoonesque cohérente. Sur PC, la configuration requise reste accessible : une GeForce GT 740 suffit pour y jouer, quand une RTX 3000 est recommandée pour en profiter pleinement. Le jeu tourne également bien sur Steam Deck ou Xbox Rog Ally X ou non X.

Le pop-in des îles lors de la traversée de l’océan est visible même sur des configurations solides. La caméra a par ailleurs tendance à se coincer dans les géométries lors des passages serrés. On notera également quelques clippings sur le modèle de Beebz ou certains décors.

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Une bande-son qui garde la tête hors de l’eau

La bande-son de Demon Tides s’accorde parfaitement à l’ambiance du jeu. Énergique dans l’action, plus posée lors des phases d’exploration, les compositions varient intelligemment selon les îles et les situations, avec un rythme toujours bien dosé. Les effets sonores suivent la même logique : précis et bien intégrés, sans décalage ni saturation qui viendraient briser l’immersion.

Longue Vie à la Reine

Demon Tides est un platformer 3D qui assume pleinement ses influences. Fabraz a visiblement tiré les leçons de Demon Turf pour livrer une suite plus ouverte, plus fluide et plus aboutie, dont la liberté constitue l’argument principal et le résultat est prenant pour qu’on ait du mal à décrocher la manette.

Les défauts existent, une caméra parfois capricieuse, des boss en retrait, quelques bugs visuels viennent ternir le tableau et l’absence d’une traduction française. Mais rien de contraignant, tant la qualité globale de l’aventure reste au rendez-vous. Il n’y a plus qu’à voir ce que le studio nous réserve pour la suite, car la dynamique est clairement lancée.

Pour ma part ce jeu est un coup de coeur.

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