Lirai: Heir Of Darkness

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Derrière le développement de Lirai: Heir Of Darkness se trouve Cryorbis Studio, une modeste équipe indépendante basée en Malaisie. Pour l’anecdote, le studio n’en est pas tout à fait à son coup d’essai avec le moteur Unreal, puisqu’ils s’étaient d’abord fait la main en 2021 sur un court jeu d’horreur narratif (Transitum – chapter 1) afin d’en apprivoiser les outils. Aujourd’hui, on les retrouve sur un projet d’action-RPG plus ambitieux, avec une démo disponible sur Steam. Le jeu est annoncé pour une sortie potentielle en juin 2026.

Un héritage lourd à porter

Nous incarnons Brian, l’un des derniers remparts de l’humanité dans un monde post-apocalyptique. L’histoire s’appuie sur un lore classique, l’ambition démesurée d’un mortel a provoqué la fusion de deux royaumes, libérant au passage une corruption qui ronge la Terre et donne naissance à des hordes de morts-vivants et de démons. Comme nous sommes sur une démo d’un jeu en cours de développement, le contexte scénaristique est assez direct et manque de cohésion, le but étant aussi de ne pas tout expliquer et dévoiler.

L’ire et la manière

Manette en main, le titre prend la forme d’un action-RPG tactique à la troisième personne. Si l’on regarde des suites très calibrées comme Nioh 2 ou Dark Souls 2, on constate qu’elles ont eu le temps de fluidifier leurs mécaniques d’un épisode à l’autre ; ici, Lirai doit imposer sa propre formule du premier coup. Les affrontements demandent d’analyser les patterns ennemis et intègrent un arsenal varié entre arme à feu et arme au corps-à-corps, ainsi qu’un arbre de compétences.

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L’excellente idée du gameplay réside dans son système de transformations, qui permet de modifier radicalement notre approche des combats et même de résoudre certains puzzles environnementaux. Malheureusement, dans son état actuel, la prise en main souffre d’une certaine rigidité. Les animations d’esquive manquent de souplesse et les collisions s’avèrent parfois hasardeuses, ce qui rend les combats de mêlée confus dès que l’on se retrouve encerclé par plusieurs monstres.

Sur le plan technique, Lirai tire parti de l’Unreal Engine pour bâtir son monde en ruines. La direction artistique constitue l’un des piliers du jeu : les jeux de lumière, le brouillard poisseux et les effets liés à la corruption offrent une identité visuelle cohérente qui donne envie d’explorer chaque recoin. Les environnements racontent une histoire à eux seuls.

Toutefois, l’aspect artisanal du développement montre ses limites sur l’animation. Les développeurs ont opté pour des animations créées manuellement plutôt que par capture de mouvement, ce qui se traduit par des déplacements saccadés qui cassent le réalisme. De plus, la modélisation faciale de Brian accuse un retard technique évident, contrastant un peu trop avec le soin apporté aux décors de fond. Les décors ne sont pas aussi poussés qu’ils ne devraient l’être quand on compare à d’autres productions, mais encore une fois, le jeu est en développement.

La mélodie des Ténèbres

L’habillage sonore tente de soutenir la tension permanente de l’exploration. Les musiques d’ambiance misent sur des nappes discrètes et ténébreuses qui collent bien à l’isolement de notre héros. Lors des affrontements, les bruitages des armes fendant la chair corrompue offrent un bon retour auditif, renforçant l’impact des coups.

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Le bât blesse cependant au niveau du mixage global lors des séquences d’action intenses. Quand les ennemis se multiplient, le son a tendance à saturer ; les cris des monstres masquent alors les indices sonores qui nous seraient utiles pour anticiper une attaque hors champ. On note également des boucles musicales qui se répètent un peu trop rapidement lors des longues phases de marche.

En bonne voie

Lirai : Heir Of Darkness pose les fondations d’un jeu d’action-RPG sombre aux idées prometteuses. Cryorbis Studio démontre une capacité indéniable à instaurer une atmosphère lourde et à imaginer des mécaniques de combat tactiques autour des transformations. Les bases sont réelles, mais le titre a encore besoin de travail de polissage. Il faudra corriger la rigidité des commandes et affiner le mixage audio d’ici la sortie finale pour que l’expérience manette en main soit à la hauteur de la direction artistique. Un projet à surveiller de près, en espérant que le studio prenne le temps d’affiner sa copie.

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