Chip ‘n Clawz vs. The Brainioids

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Graphisme8.4
Animation8.2
Gameplay8
Bande-Son7.6
Intérêt8
8

Snapshot Games, le développeur, est dirigée par Julian Gollop, architecte de la série X-COM originelle qui a défini le jeu de stratégie durant les années 1990. Après des décennies à explorer les profondeurs de la tactique sérieuse avec Phoenix Point et Chaos Reborn, voilà que ce concepteur reconnu accepte une invitation radicalement différente. Chip ‘n Clawz sort des rails de la stratégie militaire pour proposer une aventure colorée, décalée, teintée d’humour absurde. Arc Games, l’éditeur, a cru au projet et l’a diffusé sur plusieurs supports.

Une histoire qui… prend la tête

Les Brainioids, une race d’extraterrestres au design littéralement de cerveaux flottant dans des bocaux, envahissent la Terre pour voler le Brainium, une ressource cristallisée. Chip, un jeune inventeur surexcité, et Clawz, son compagnon robot félin, doivent stopper cette invasion, ça ne vous rappelle pas un autre duo ? Non ?

La campagne se déploie sur trois chapitres concentrant treize missions principales et dix missions optionnelles, pour une durée d’environ quatre à huit heures selon votre expérience. Les dialogues affichent une intention humoristique qui fonctionne par à-coups. Certains échanges amusent, d’autres passent inaperçus. Le jeu montre une certaine conscience de lui-même, plaisantant sur les noms ridicules des ennemis ou laissant Clawz s’exaspérer des calembours de Chip.

On ne fait jamais la même chose en boucle. Certains niveaux exigent de défendre votre base sur plusieurs fronts simultanément, d’autres imposent des escortes prudentes, quelques-uns intègrent des éléments de réflexion. Les combats contre les trois boss marquants de la campagne posent un palier de difficulté sensiblement plus élevé. Chacun de ces affrontements demande une préparation stratégique réelle et plusieurs tentatives avant la victoire, surtout si l’on vise les objectifs optionnels en parallèle.

Le jeu se focalise autour d’un système de trois objectifs par niveau. L’objectif principal reste classique, détruire le quartier général des Brainioids, éliminer tous les ennemis, ou défendre une structure cruciale. Parallèlement, le jeu propose deux défis optionnels : détruire trente-deux bâtiments adverses, collecter trois mille unités de Brainium, construire sept structures, ou relever d’autres défis spécifiques. Impossible de tout réaliser en une seule tentative, d’où l’incitation naturelle à rejouer.

Les missions de défi optionnelles transforment les objectifs secondaires en conditions de victoire obligatoires. Ces défis déverrouillent aussi des plans d’amélioration, améliorations d’armes, modules de quartier général, robots renforcés, qu’on dépense ensuite avec la monnaie accumulée pour affiner progressivement son potentiel militaire. Vous terminez une mission, vous gagnez des crédits, vous choisissez quel plan débloquer, et votre arme devient un peu plus puissante ou vos robots se reproduisent plus rapidement.

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Les missions se notent sur 5 étoiles et obtenir la cinquième sera réservé aux joueurs les plus assidus.

Une Fusion Audacieuse avec ses Limites

Le cœur du jeu réside dans son hybride action-stratégie en temps réel.

En premier plan, vous contrôlez Chip ou Clawz en perspective à la troisième personne. Vous courrez, sautez, attaquez au corps à corps, tirez. Parallèlement, vous placez des bâtiments producteurs de troupes, ordonnez aux unités de se regrouper, supervisez votre base contre les incursions.

Le volet action fonctionne sur un système direct : un bouton pour le combat de proximité, une gâchette pour tirer. Les coups s’enchaînent en combos jusqu’à seize impacts avant réinitialisation.

Chip propose une capacité de surcharge temporaire rendant les bâtiments et alliés plus rapides et efficaces. Clawz dispose d’un jetpack offrant une mobilité accrue via un double saut et surtout peut réparer structures et unités endommagées. Construire demande des ressources, réparer ne demande qu’une activation avec elle contrairement à Chip. Clawz devient rapidement supérieur stratégiquement dans pratiquement tous les scénarios.

L’élément stratégie se déploie via une perspective aérienne accessible à tout moment. Là, on voit l’intégralité de la carte, on place les structures de production générant des types différents de troupes, on active les ressources entreposées, on trace des chemins pour orienter ses forces.

Le Brainium constitue la seule devise du jeu. Il s’accumule sur la carte sous forme de cristaux qu’on ramasse directement ou via des unités de collecte. Chaque bâtiment produit automatiquement tant que les ressources existent et qu’on ne dépasse pas la limite de population.

Les premiers niveaux permettent de comprendre les bases sans pression réelle. Vous apprenez à miner, construire, commander les troupes, résister sans stress important. Mais une fois qu’on avance, le jeu commence à présenter des problèmes… Défendre votre base pendant que vous attaquez la leur, gérer l’arrivée de plusieurs types d’ennemis, tout cela en simultané. C’est là que le jeu révèle ses vrais défis.

Vous ne commencez jamais avec la capacité complète à construire, c’est-à-dire qu’à chaque niveau, vous devez d’abord capturer des points appelés Replikons qui vous donnent accès à certains bâtiments. Cela empêche chaque mission de se jouer identiquement via la même stratégie d’ouverture. Vous êtes forcé à l’adaptation basée sur la géographie locale et les ressources disponibles.

Cependant, le ciblage et le commandement des troupes manquent de finesse. On peut pointer une localisation pour envoyer un type d’unités, mais on ne voit pas précisément le nombre d’unités déployées jusqu’après le placement. Les unités continuent parfois à se diriger vers une destination même après que la menace y soit éliminée, au lieu de pivoter vers des priorités plus pressantes.

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Le ciblage des tourelles statiques fait preuve aussi d’une intelligence douteuse. Elles ignorent parfois les boss directement dans leur champ de vision et cela, ça n’aide pas.

Une réalisation propre

Le jeu assume son côté film d’animation avec des graphismes colorés et soignés, rappelant sans soucis Ratchet And Clank.

Chip et Clawz bougent fluidement durant la course, le saut, le combat. Les troupes produites exécutent leurs tâches avec des mouvements clairement identifiables, les mineurs creusent, les soldats ripostent, les réparateurs émettent des étincelles.  Les effets de particules accompagnent les attaques, les explosions marquent la destruction de structures, tout se gère correctement, une production agréable à l’écran.

Techniquement, le jeu tourne sous Unreal Engine 4. On atteint sans peine des fréquences d’images stables en 1080p sur une configuration de jeu standard, et le titre supporte les technologies d’amélioration moderne comme DLSS et FSR. Le jeu affiche quelques ralentissements occasionnels typiques d’Unreal Engine 4, mais rien de bien impactant pour profiter. Le jeu tourne bien aussi sur les machines style Steam Deck ou Rog Xbox Ally X.

La musique accompagne discrètement l’action sans marquer les esprits, tandis que les effets sonores manquent légèrement de présence ; les armes auraient gagné à sonner plus fortement. Les voix des personnages, en revanche, apportent du charme avec l’enthousiasme de Chip et les sonorités robotiques exaspérées de Clawz, donnant de la personnalité sans surcharger l’expérience.

Chip’s and fun

Chip ‘n Clawz vs. The Brainioids est un jeu réussi qui ose faire quelque chose de différent, assumant le pari avec aplomb. Julian Gollop et Snapshot Games ont livré une expérience accessible et amusante, appropriée pour introduire les futurs stratèges au genre, tout en proposant suffisamment de défis pour que les vétérans trouvent à s’occuper.

L’hybride action-stratégie fonctionne même si le volet action demeure le maillon faible. La courbe de difficulté et la présentation joviale en fait une expérience légère appréciable. Chip ‘n Clawz propose une expérience soignée, consciente de ses ambitions modérées. C’est tout ce qu’on demande à un jeu, faire son travail correctement sans prétention excessive.

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