Diablo II: Resurrected – Reign of the Warlock

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Graphisme8
Animation8
Gameplay8
Bande-Son7
Intérêt7
7.6

Blizzard Entertainment n’a plus grand-chose à prouver dans le monde du RPG action, mais la société a encore beaucoup à justifier. Le studio californien, fondé en 1991 sous le nom de Silicon & Synapse, a bâti certaines des franchises les plus durables du jeu vidéo. Diablo II en 2000, c’était l’œuvre de Blizzard North, une filiale basée à San Mateo, rachetée via le studio Condor. C’est elle qui a défini le genre du hack’n’slash moderne, puis l’a sublimé en 2001 avec Lord of Destruction, une extension devenue référence absolue, qui ajoutait deux classes, un cinquième acte complet, et un système d’équipement si bien conçu qu’il est encore cité en exemple un quart de siècle plus tard.

Blizzard North a été dissous en 2005. Les clés de l’héritage sont passées à Vicarious Visions, surtout connu pour ses portages GBA, qui a néanmoins réalisé l’irréprochable Diablo II: Resurrected en 2021, avant d’être intégré à Blizzard sous le nom de Blizzard Albany. C’est ce même studio qui signe aujourd’hui Reign of the Warlock, disponible depuis le 11 février 2026 pour les 30 ans de la franchise.

La malédiction des Vizjerei

Je vais être clair, Reign of the Warlock n’est pas une extension narrative, même pas une extension, c’est un DLC. Cela n’ajoute aucun acte, aucune cinématique inédite, aucune quête principale scénarisée. Pour un joueur qui revient à Diablo II porté par l’envie de découvrir de nouveaux territoires à explorer, comme Lord of Destruction l’avait fait avec Harrogath et les terres glacées du Mont Arreat, la déception sera immédiate et légitime. À 24,99 €, cette absence de contenu narratif tangible est le reproche le plus difficile à balayer.

Pour ceux qui n’ont pas Diablo 2 le jeu complet avec le jeu de base, Lord of destruction et Reign of the Warlock est disponible à 39.99€, qui est déjà plus intéressant car si on prend le jeu global Diablo 2 est un pillier du jeu vidéo qui se doit d’être connu.

Par contre, Blizzard fourni un travail de lore sérieux et cohérent. Les Démonistes sont présentés comme les héritiers d’Horazon, ce mage Vizjerei qui s’était plongé dans la magie démoniaque pour contrer son frère Bartuc, le Barbare Sanglant, des érudits qui ont perpétué un héritage interdit au risque de devenir esclaves des forces qu’ils prétendaient dominer.

Blizzard Albany a pris soin d’ancrer la nouveauté dans l’existant plutôt que d’inventer quelque chose de déconnecté. Mais du lore bien écrit ne remplace pas des zones à parcourir, des PNJ à rencontrer ni un boss final avec une vraie mise en scène narrative.

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Invoquer le diable est dans les détails

Le Démoniste ou Warlock est la huitième classe qui se distingue réellement des sept précédentes, ce qui n’était pas acquis d’avance. Ses trois arbres de compétences couvrent l’invocation démoniaque, la manipulation télékinétique des armes et la magie élémentaire du Vide.

La mécanique de lévitation d’arme est l’idée la plus judicieuse de l’extension : en faisant flotter son arme en main droite, le Démoniste peut manier une arme à deux mains tout en conservant la main gauche libre. Ce qui ressemble à un détail technique devient, en pratique, une ouverture considérable au theorycrafting et aux combinaisons de mots runiques. On retrouve immédiatement ce plaisir propre à Diablo II d’optimiser chaque slot, de relire les propriétés d’une rune sous un angle nouveau.

La classe pioche avec le Nécromancien sur la partie invocation et avec la Sorcière sur la magie à distance, mais elle possède une identité propre qui justifie pleinement son existence. Il faut cependant nuancer l’enthousiasme, comme à chaque nouvelle classe chez Blizzard, le Démoniste est très puissant dès les premières heures, ce qui interroge sur l’équilibre à long terme, notamment en mode Ladder. Un ajustement post-lancement semble probable, et c’est une épée à double tranchant qui va se poser. Les joueurs qui auront investi tôt dans la classe pourraient se retrouver pénalisés par un nerf ultérieur. Après, si on est habitué au jeu blizzard, on sait à quoi s’attendre (N’est-ce pas ? Paladin de Diablo 4)

L’endgame bénéficie aussi d’améliorations. Les Zones de Terreur passent d’une rotation horaire à toutes les 30 minutes, et des Fragments de Pierre-Monde permettent désormais de choisir quel acte est terrorisé. Les Hérauts de la Terreur, nouveaux ennemis en difficulté Enfer, permettent de récupérer des statues mystiques à combiner dans le Cube Horadrique pour invoquer les Anciens Colossaux, le boss final de l’extension. Il faut savoir que chaque Anciens battus renforce le prochain.

Une bonne nouvelle, un filtre de butin natif personnalisable et partageable débarque enfin dans D2R, des années après Path of Exile et Last Epoch. Les onglets du coffre partagé gagnent des sections dédiées aux gemmes, runes et matériaux, avec empilement possible. Pour quiconque a jonglé avec des mules depuis 2021, c’est un soulagement qui aurait dû arriver bien plus tôt et c’est à la fois une bonne nouvelle et une petite amertume : pourquoi avoir attendu un DLC payant pour livrer ces fonctionnalités ?

L’Enfer s’habille en haute définition

Diablo II: Resurrected avait posé en 2021 une base graphique solide, moteur de rendu 4K/60fps, éclairage en temps réel, animations retravaillées, avec la possibilité de basculer vers les visuels d’origine d’une pression de touche. Reign of the Warlock s’inscrit dans cette continuité proprement, sans chercher à la dépasser.

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Le modèle du Démoniste est soigné : silhouette élancée, effets visuels des compétences lisibles et bien différenciés de la palette du Nécromancien. La lévitation d’arme est immédiatement reconnaissable à l’écran, et les Anciens Colossaux bénéficient d’une présence visuelle à la hauteur de leur statut de boss ultime.

Mais on aurait vraiment voulu pour le prix proposé un contenu plus important, une nouvelle zone vraiment dédiée au Démoniste ou autres.

De l’âme dans les ténèbres

La bande-son de Diablo II, composée par Matt Uelmen, est l’une des plus reconnaissables de l’histoire. Ses guitares acoustiques mélancoliques, ses orchestrations sombres et ses nappes atmosphériques avaient été préservées et remasterisées dans D2R avec un soin notable, le résultat en 5.1 surround étant l’une des forces du remaster.

Reign of the Warlock s’appuie sur cet héritage sans le trahir, pour une extension qui s’appuie aussi largement sur l’identité sonore de l’original, l’absence d’une nouvelle composition marquante se fait sentir. Reign of the Warlock exploite et prolonge l’existant, sans jamais l’enrichir en profondeur.

Le démon est dans les détails — Verdict

Citer Reign of the Warlock comme une extension serait offenser Lord of Destruction. Pour les joueurs déjà investis dans Diablo II: Resurrected comme les farmeurs, les théorcrafteurs, les chasseurs de Ladder, ce contenu apporte une nouvelle classe créative avec une mécanique très intéressante, un endgame mieux structuré et des améliorations de confort longtemps réclamées qui auraient dû sortir depuis un moment.

Mais il y a un hic et c’est là que le prix de 24,99 € devient une vraie question. Pas de nouvel acte, pas de nouvelles zones, pas d’histoire dédiée : on est face à un DLC de classe et de systèmes, ambitieux dans son périmètre mais clairement délimité. Lord of Destruction justifiait en 2001 son statut d’extension complète par l’ampleur de ce qu’il ajoutait. Reign of the Warlock reste dans les limites du contenu additionnel premium, il trouvera son public. Le Warlock est vraiment super à jouer, mais quand on parle de Diablo 2 et quand on a connu l’époque d’or de ce jeu, on s’attend à un plus grand traitement de faveur.

Pour les nouveaux joueurs, la Infernal Edition comprend la totalité des extension avec le jeu de base pour un prix plus conforme et oui Diablo 2 est un must Have !!

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