Ready or Not : Boiling Point

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Graphisme8
Animation8
Gameplay8.2
Bande-Son7.5
Intérêt7.5
7.8

VOID Interactive est un studio indépendant fondé en Nouvelle-Zélande en 2016. À ses débuts, l’équipe ne comptait que 3 personnes animées par un objectif précis : concevoir un FPS tactique ancré dans le réalisme des opérations de maintien de l’ordre. Inspiré directement des séries SWAT de Sierra Entertainment et des anciens Rainbow Six d’époque Ubisoft, le projet Ready or Not a grossi progressivement jusqu’à rassembler une douzaine de membres répartis entre la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Italie, l’Allemagne et les États-Unis.

Le jeu de base est sorti en Accès Anticipé sur PC en décembre 2021, puis en version finale en décembre 2023, avant de débarquer sur PS5 et Xbox à l’été 2025. Les 2 premiers DLC payants avaient reçu un accueil mitigé de la communauté, ce qui rendait ce 3e épisode attendu au tournant. Boiling Point est sorti le 12 mars 2026, simultanément sur PC, PS5 et Xbox, au prix de 9,99 €, également inclus dans l’édition Digital Deluxe et le Mission Pass. Il est temps de repartir en mission.

LA VILLE EN ÉBULLITION

Los Sueños est depuis le début une ville fictive à l’américaine, calquée sur Los Angeles, en proie à un effondrement social progressif : sécheresses, cartels, corruption institutionnelle, violences de rue. Boiling Point ne rompt pas avec cette tonalité, mais monte d’un cran dans l’escalade dramatique : une attaque terroriste à la jetée de Los Sueños déclenche une série d’émeutes, un braquage opportuniste, puis révèle l’existence d’un mouvement radical baptisé « New America », dont les motivations se précisent au fil des 3 missions.

Le contexte narratif est livré de façon sobre, à travers des posts sur un forum fictif de la ville (le « Mindjot LSCity Forum »), des briefings de mission et des éléments de mise en scène directement intégrés au gameplay. Les joueurs qui suivent la progression du jeu de base trouveront des résonances familières : institutions à bout, population exaspérée, forces de l’ordre dépassées. Ceux qui découvrent Boiling Point sans avoir terminé le jeu principal pourront accéder aux missions via la Partie Rapide, mais rateront une partie du contexte. L’accès au mode Commandant (mode campagne) reste conditionné à la fin du jeu de base.

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Pas de vitesse ou de précipitation

Ready or Not n’a jamais été conçu pour jouer vite et sans réfléchir. Boiling Point confirme cette ligne directrice sans la faire évoluer fondamentalement. On progresse lentement, on vérifie les angles avec le miroir de porte avant d’entrer, on crie des ordres aux suspects et aux civils, et on coordonne chaque entrée de pièce. La moindre imprudence se paie cash.

L’extension nous propose 3 nouvelles missions, l’arsenal s’enrichit de 3 armes : le RTWC-6.5, un fusil de bataille au recul réduit, adapté aux couloirs étroits ; la S2011, un pistolet semi-automatique axé sur la précision ; et le G18-C, un pistolet automatique.

Certaines armes peuvent désormais combiner visée optique et visée inclinée, pour switcher rapidement selon la distance d’engagement. Une grenade aveuglante adaptée aux espaces restreints fait également son apparition, évitant l’effet de blast incontrôlable des modèles classiques.

Chaque mission dure environ 30 à 45 minutes pour un joueur méthodique, ce qui représente un volume de contenu limité. En solo, le DLC se boucle en une soirée. Certains comportements de l’IA ennemie restent par ailleurs perfectibles, ennemis figés dans les angles, réactions parfois tardives voire tout le contraire, l’IA vous détecte derrière les murs…un héritage du jeu de base qui n’a pas entièrement été corrigé malgré les 200 correctifs inclus dans la mise à jour.

LUMIÈRES SUR LA VILLE

Ready or Not tourne sur Unreal Engine 4, et Boiling Point en exploite les points forts habituels : textures d’intérieur soignées, jeux de lumière crédibles, effets de fumée et de gaz bien rendus. La mission sur la jetée est visuellement la plus dense du DLC, avec ses néons colorés, ses lumières tournantes et la profondeur de champ propre à un parc d’attractions nocturne.

Sur Xbox Series X, le jeu tourne autour des 60 FPS en mode Performance, avec quelques baisses légères dans les zones les plus chargées notamment pendant les phases d’émeutes dans « All Gods Burn ». L’expérience reste fluide et suffisamment stable pour ne pas impacter le jeu.

Les animations des personnages remplissent leur rôle : les ennemis réagissent aux impacts de façon crédible, les civils paniquent avec des comportements variés. Le jeu étant Play Anywhere, il est alors disponible aussi sur l’application Xbox PC si vous achetez le jeu en version dématérialisée sur le Xbox store.

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UNE BANDE-SON SOUS TENSION

Le sound design est toujours aussi bien représenté. Les sons des armes sont précis et bien différenciés selon les environnements : le rendu dans un couloir étroit n’est pas le même que dans un grand hall ouvert ou en extérieur. Les bruitages de situation comme les craquements d’un plancher, musique distante des attractions, cris de panique des civils participent activement à l’immersion et transportent directement dans l’atmosphère de chaque scène.

La bande originale est volontairement discrète. Il n’y a pas de musique d’action omniprésente ; l’ambiance sonore repose sur les bruitages environnementaux, les échanges radio entre équipiers et les sons de gameplay. C’est un choix cohérent pour un jeu qui mise sur la concentration et l’écoute active.

Avec un casque ou un système audio surround, la spatialisation du son joue un rôle tactique concret : entendre des pas dans la pièce d’à côté, un rechargement d’arme ou une conversation entre suspects devient une information à exploiter. C’est bien calibré et le jeu est bien traduit en français.

C’est mieux mais….

Ready or Not : Boiling Point est un DLC mieux construit que ses prédécesseurs. Les 3 missions forment un arc cohérent, les environnements sont plus travaillés, et l’ambiance globale retrouve la tension caractéristique du jeu

Le rapport contenu/prix à 9,99 € est équitable pour qui joue en coopératif régulièrement, grâce à la rejouabilité offerte par la génération aléatoire des portes et des placements ennemis. En solo, le DLC se consomme vite. Il faut également noter que VOID Interactive permet aux hôtes multijoueur ayant le DLC de le faire profiter à des joueurs qui ne l’ont pas et c’est un geste appréciable.

Pour les curieux qui n’ont pas encore touché au jeu de base, Boiling Point peut servir de point de départ par la Partie Rapide mais l’expérience complète reste dans le jeu principal.

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