SEDAP! A Culinary Adventure

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Graphisme8.2
Animation8.1
Gameplay8.5
Bande-Son7
Intérêt8
8

« Sedap » est un terme malais et indonésien qui signifie « délicieux » et c’est le studio kopiforge, un micro-studio indépendant de Singapour, a mis ses fourneaux en route pour développer le jeu dont nous allons parler.

SEDAP! A Culinary Adventure est édité par Isolated Games Publishing et IndieArk, et il est sorti sur Steam le 22 mai 2025 et nous propose une aventure co-op pour devenir le roi des cuistots

Tous les ingrédients d’une bonne histoire

Som, le cuisinier passionné, et Gon, le chasseur débrouillard, sont les 2 protagonistes de cette aventure. Engagés par une certaine Merapi pour explorer l’île abandonnée de Khaya, ils embarquent à bord d’un food-truck itinérant dans l’espoir de dénicher de nouvelles recettes et de percer les mystères d’un lieu à l’abandon. Le fil conducteur de leur aventure est le Makanomicon, un grimoire légendaire qu’il faut remplir en découvrant et maîtrisant les recettes propres à chaque biome de l’île pour ouvrir le restaurant Ultime.

Le jeu est rempli de petites touches d’humour glissées dans les dialogues. À la fin de chaque niveau, on peut lire les avis clients sur les plats servis, de courts textes humoristiques qui participent à l’ambiance. L’histoire est vraiment optionnelle, le point fort du jeu vient avant tout de son idée de coopération.

Trop de cuisiniers gâtent-ils la sauce ?

La boucle de jeu repose sur une coopération asymétrique, l’un des joueurs incarne Som et s’occupe exclusivement de la préparation et de la cuisson des plats, tandis que l’autre joue Gon, responsable de la collecte des ingrédients dans l’environnement, des combats contre la faune hostile et du transport des ressources. Chaque niveau impose une ou plusieurs commandes à livrer dans un temps imparti, avec une carte à explorer et des étapes de transformation à enchaîner. Comparé à un Overcooked! ou un PlateUp!, le titre ajoute une dimension d’exploration et de combat qui le rapproche davantage de Cuisineer, et c’est ce qui le différencie dans le genre.

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La prise en main est simpliste, trois à quatre boutons suffisent. Le jeu peut se jouer en solo, l’expérience en est franchement éprouvante car on doit jongler entre la chasse, la gestion de la barre de vie, la préparation et les livraisons chronométrées qui tiennent plus du défi permanent que du plaisir simple. L’absence de réglage de difficulté ne facilite pas l’approche pour les joueurs moins habitués au genre, le jeu solo est présent pour donner un avant-goût du jeu en coopération.

En coopération locale ou en ligne, le jeu trouve son équilibre naturel. La complémentarité des rôles encourage la communication et la coordination, et c’est clairement la configuration pensée par les développeurs. À nous de discuter avec notre binôme pour demander les bons ingrédients, d’organiser les recettes et ainsi obtenir les meilleurs résultats pour débloquer les trophées et les équipements de rang supérieur.

Ce que l’œil mange

SEDAP! Mise sur un style peint à la main qui confère au titre une identité graphique cohérente avec son sujet. Les décors varient selon les biomes de Khaya, plages sablonneuses, jungles denses, villages abandonnés où chacun a une palette chromatique distincte.

Les designs des ennemis-ingrédients sont originaux et lisibles en plein mouvement. L’animation est globalement propre. Dans les zones fortement végétalisées, certains ingrédients se fondent dans le décor et sont difficiles à identifier sans l’aide du menu contextuel, qui nécessite de maintenir une touche de récolte pour ne pas passer à côté.

Côté prérequis PC, ils restent modestes : un Intel i5-2300, 8 Go de RAM et une GTX 560 suffisent pour tourner en 1080p à 60 fps, ce qui rend le titre accessible sur des configurations vieillissantes ou même machine portable comme le Steam Deck ou Rog ally.

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Une partition qui mijote

La bande originale, composée par la Singapourienne Rebecca Tan, s’appuie sur des instruments traditionnels de l’Asie du Sud‑Est : gamelans, percussions légères, flûtes de bambou. Les thèmes varient selon l’environnement traversé, passant d’ambiances de marché animé dans les zones de collecte à des mélodies plus posées au camp de base, et les effets sonores comme les bruits de coupe, grésil des woks, cris des créatures renforcent efficacement la présence dans l’espace de jeu.

Le seul reproche qui me concerne, c’est la répétitivité des boucles musicales sur les niveaux les plus longs. Au fur et à mesure qu’on joue, les missions deviennent de plus en plus longues et les musiques tournent en boucle. Je trouve qu’une pause musicale pour se concentrer sur les sons ambiants aurait été la bienvenue.

L’addition, s’il vous plaît

SEDAP! A Culinary Adventure est un jeu coopératif porté par une vraie direction artistique personnelle et agréable à prendre en main. Malgré des petits défauts de lisibilité sur certains niveaux, il en reste un jeu coloré, mignon et amusant

Il est à son meilleur en coopération à deux, configuration pour laquelle il a clairement été pensé, et bien moins convaincant en solo où la pression devient rapidement décourageante. La campagne principale se boucle en une dizaine d’heures, avec une rejouabilité honnête pour qui cherche à perfectionner ses résultats ou débloquer tout l’équipement.

Malgré tout, on en ressort avec un plat de qualité à déguster.

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