Air Hares

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Graphisme7.5
Animation7.2
Gameplay7
Bande-Son7.5
Intérêt7.5
7.3

Derrière Air Hares se cache une histoire touchante, bien loin des studios AAA. Le jeu est le fruit du travail de Wondoro LLC, un micro-studio formé par un couple, Tim et Megan Bungeroth. Ce projet a mûri pendant six ans, le titre est né d’une réflexion personnelle du couple sur leurs difficultés à concevoir, transformant cette épreuve en une métaphore ludique sur le fait de planter des graines et de protéger la vie coûte que coûte.

La carotte au bout du manche

L’histoire nous plonge dans la peau du Capitaine Rabbo, une lapine pilote intrépide qui défend le terrier de Winrose Warren contre le « Gale Gang », une bande d’oiseaux de proie mal intentionnés. Notre but sera de protéger et sauver nos récoltes pour assurer notre survie. Le scénario est très simpliste pour la mise en place de l’action du jeu.

On en a sous la patte, mais gare au crash

C’est ici qu’Air Hares tente un grand écart audacieux avec son concept de bullet hell inversé en version light. Oubliez la destruction massive, ici, notre avion est chargé de graines et d’eau. L’objectif est de survoler des zones arides pour les transformer en terres fertiles tout en esquivant les assauts ennemis. Cette mécanique, où l’on doit cultiver plutôt que tuer, apporte une fraîcheur au genre.

Le fameux Barrel Roll (ou tonneau) se révèle vital pour l’esquive et devient rapidement notre meilleur allié, le joystick droit permet d’ajuster notre vitesse de vol pour atteindre plus vite les zones cultivables ou temporiser face au danger.

Cependant, tout n’est pas rose dans le ciel. Bien que nous soyons loin de la nervosité extrême d’un Touhou ou d’un Ikaruga, le jeu souffre de sérieux soucis de lisibilité. L’écran devient vite brouillon entre les attaques adverses, nos propres projectiles et des décors parfois chargés. Le plus frustrant reste cette difficulté à gérer simultanément l’action aérienne et la visée au sol pour les plantations. On se demande souvent si nos graines vont porter ou si le système de visée est actif, ce qui nous force à quitter les ennemis des yeux, entraînant souvent la perte d’une vie bêtement.

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Les dégâts reçus sont importants et notre avion est fragile. Si recharger son eau en traversant les nuages est une bonne idée, le ratio gain/dépense est trop faible. Même constat pour la santé, ramasser les plumes laissées par les ennemis pour se soigner demande une prise de risque souvent disproportionnée par rapport au soin apporté. Ajoutez à cela des hitbox parfois capricieuses, où l’on pense avoir esquivé alors que le jeu décide du contraire, et l’agacement peut vite monter.

Enfin, l’accessibilité et le contenu pêchent un peu. La courbe d’apprentissage est rendue ardue par un manque d’explications claires et l’absence totale de traduction française pourra en rebuter certains. Et une fois les mécaniques maîtrisées, l’aventure tourne court avec seulement quatre stages ; on arrive au générique bien trop vite.

Mignon à croquer, techniquement modeste

Air Hares joue la carte du rétro-pixel art assumé. Le moteur GameMaker est utilisé pour créer une esthétique qui rappelle les jeux 16-bits de notre enfance. La direction artistique est colorée, joyeuse et pleine de charme, avec des animations d’avions façon jouets qui collent parfaitement au thème enfantin mais sérieux du titre, ça tourne évidemment comme une horloge sur n’importe quelle configuration.

Avec seulement quatre stages, la variété des décors est forcément limitée, ce qui peut donner une impression de monotonie visuelle sur la durée. On regrette ce manque de diversité d’environnements qui aurait pu compenser la brièveté du contenu. Le jeu a du charme ne le nions pas.

Grandes oreilles exigées

La bande-son rétro-inspirée accompagne parfaitement l’action frénétique avec ce petit côté chiptune entraînant qui nous rappelle les grandes heures de l’arcade. Les compositions collent bien à l’ambiance et nous gardent dans le rythme sans jamais devenir agressives.

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Du charme imparfait

Air Hares est un petit jeu attachant pour ce début 2026. C’est un titre qui a le mérite de proposer quelque chose de différent avec sa mécanique de jardinage aérien et son histoire personnelle touchante. Il ose par son originalité et sa sincérité, mais nous ne pouvons pas ignorer sa brièveté frustrante et ses soucis de lisibilité qui gâchent parfois l’expérience. Un petit bonbon indépendant qui manque un peu de consistance, mais qui a beaucoup de goût.

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