Gedonia 2

Gedonia 2 vient d’Oleg Kazakov, un développeur indépendant russe. Après le premier Gedonia sorti en 2022 suite à 4 ans de travail solitaire, il lance ce second volet en Early Access sur Steam le 9 avril 2025, avec une sortie finale prévue fin 2027.
Le lore Gedonien
L’univers de Gedonia 2 prend place vingt ans après que le continent a été débarrassé de ses dernières menaces par un grand héros. Depuis, la cité d’Aron a connu une prospérité grandissante, attirant des voyageurs en quête d’une vie meilleure. À l’est, la puissante cité libre d’Asnan, jadis capitale du commerce et de l’artisanat, connaît un déclin silencieux depuis plusieurs décennies.
On est davantage dans une tradition RPG où l’histoire se construit au fil de l’exploration et des quêtes secondaires, bien plus qu’à travers la trame principale. On tombe sur des conflits locaux, des personnages avec leur propre cohérence, des intrigues qui se déploient selon nos choix.
Les dialogues manquent parfois de densité, et la direction artistique des scènes en moteur demeure rudimentaire. Il faut aussi noter que le jeu est uniquement disponible en anglais et en russe. Malheureusement, pas de version française à l’horizon. Les choix du joueur ont des répercussions sur le monde, mais en l’état de l’Early Access, ces conséquences restent trop superficielles pour pleinement convaincre.

Un monde libre… encore capricieux
RPG à l’ancienne tout commence Dès la création de notre avatar, on distribue huit points de statistiques entre quatre attributs classiques, Force, Agilité, Intelligence et Charisme. Ce choix initial est définitif, il n’est pas possible de réattribuer ces points en cours de partie. Certains passages du monde sont verrouillés derrière des seuils d’attributs stricts, franchir une paroi rocheuse demande 3 en Agilité, déplacer une roche nécessite 3 en Force, ce qui nous impose de vraiment réfléchir à son build en amont.
Les arbres de compétences sont nourris et laissent une grande liberté d’expérimentation. On peut construire un mage corps-à-corps, un archer furtif orienté pièges, ou opter pour la nécromancie avec ses armées de squelettes. Le système de crafting complète bien cette logique : tisserands, forgerons, alchimistes, chaque ressource ramassée en exploration peut trouver une utilité. Certains arbres sont encore en phase de développement, donc inaccessibles sur la build en cours.

Le combat en temps réel s’est étoffé par rapport au premier opus : parer, esquiver, gérer ses ressources. Le système reste en deçà de la fluidité d’un action-RPG bien rodé, mais il propose suffisamment de variété tactique pour rester engageant. Pour rendre un aspect JDR voir MMORPG il est possible de grouper jusqu’à 4 pour partir à l’aventure.0
Le monde est découpé en zones de niveaux progressifs (1-10, 10-20, 20-30…) À la manière d’un MMORPG jouable hors ligne, Donjons, ruines submergées et forts abandonnés sont nombreux. Le voyage rapide est volontairement restreint en début de partie, ce qui pousse à parcourir le terrain à pied ou à cheval.
Il y a cependant quelques irritants persistants : la physique des déplacements en terrain vertical manque de précision, les sauts peuvent paraître flottants, et l’ergonomie de certains menus en co-op reste à améliorer.

Un style artisanal assumé, mais des limites qui ne se cachent pas
Le style visuel rappelle les RPG du début des années 2010, une esthétique stylisée, avec une certaine cohérence dans la direction artistique. Les environnements extérieurs sont corrects, offrant de belles lignes d’horizon sur les collines et les forêts, mais souffrent par endroits de pop-in à moyenne distance.
Les intérieurs sont clairement mieux travaillés que les espaces ouverts, cela reste un bien grand mot vis-à-vis du moteur, mais nous avons plus de détails ambiants en intérieur. Les PNJ affichent une navigation parfois rigide, et les scènes en moteur manquent de naturel.
Côté technique, le jeu tourne sans difficulté notable sur les configurations recommandées (RTX 2060 8 Go, i7-9700) et reste accessible sur des machines modestes (GTX 960, i7-6700).

Une bande-son à l’unisson… sans chercher les feux de la rampe
La musique oscille entre compositions orchestrales sobres pour l’exploration et thèmes plus dynamiques en situation de combat. On est dans un registre RPG fantastique classique cordes, cuivres, percussions, musique d’ambiance qu’on retrouverait dans des MMORPG style DAOC ou WOW, musique de taverne, thème sombre pour les grottes, de ce côté-là c’est de bonne facture. Côté son design pour les armes, les bruits ambiants, on reste sur du basique de chez basique. Pour le moment, le jeu est toujours en cours de développement, il faudra attendre la fin d’année 2027 pour rendre un verdict plus approfondi et juste envers la production.

Un chantier avec du fond
Gedonia 2 est un RPG ambitieux, développé en solitaire, avec des moyens mesurés mais une ligne directrice claire. La construction de personnage, l’exploration son terrain naturel, et la co-op son ses arguments. En l’état de l’Early Access, il propose un contenu déjà consistant, deux zones complètes, une ville, l’essentiel des arbres de compétences mais reste inégal sur la finition.
Le manque de version française, des animations encore limitées, une mise en scène narrative sommaire, un son design encore basique et quelques aspérités de gameplay sont des points à peser avant d’acheter. En revanche, pour les amateurs de RPG old-school qui cherchent une aventure à construire à leur rythme, Gedonia 2 mérite l’attention. Kazakov communique régulièrement avec sa communauté, les mises à jour sont continues, et la sortie définitive est prévue pour Q4 2027, un calendrier qui laisse le temps d’affiner ce que le jeu a déjà une base solide




