Kill the Brickman

Poncle, l’éditeur de Vampire Survivors, nous revient avec Kill The Brickman, un jeu conceptuel complètement barjot et j’adore approcher de près ce genre d’expérience jouable. Ici, le casse-brique classique est totalement réinventé, puisque tout se joue au tour par tour. Plus question de courir derrière une balle qui rebondit à toute vitesse : on dispose d’un nombre limité d’actions, et chaque coup doit être réfléchi. Le jeu propose toujours un objectif précis à accomplir, comme faire tomber un certain Brickman, éliminer plusieurs cibles en même temps ou détruire un type de briques bien particulier. Cette approche transforme une idée vieille comme le monde en véritable casse-tête stratégique.
L’un des aspects les plus intéressants est l’importance du choix de l’angle. Comme dans Puzzle Bobble, chaque tir doit être calculé avec soin, en anticipant les ricochets sur les murs et sur les briques. Une trajectoire bien pensée peut créer une réaction en chaîne spectaculaire, tandis qu’un tir mal ajusté gaspille un tour précieux. Tout fonctionne avec des rebonds comme dans un casse-brique traditionnel, mais avec une dimension de réflexion beaucoup plus poussée. On prend un vrai plaisir à tenter des angles improbables et à voir la balle rebondir jusqu’à atteindre la cible convoitée.
Le jeu gagne en profondeur grâce aux balles spéciales que l’on débloque au fil des parties. Certaines explosent à l’impact et détruisent une zone entière, parfaites pour faire tomber plusieurs Brickmans d’un seul coup. D’autres se multiplient en plein vol, transformant le plateau en tempête incontrôlable de projectiles. Il existe aussi des balles corrosives qui rongent lentement les blocs ou encore des balles à rebonds infinis qui frappent tout ce qui se trouve sur leur chemin jusqu’à sortir de l’écran de jeu . Chaque effet apporte une manière différente d’aborder la mission, et le plaisir vient souvent de l’expérimentation et des combinaisons inattendues.
Entre chaque tour, les Brickmans se déplacement afin de réorganiser leur défense au mieux. Il faut noter aussi que le joueur est informé qu’un Brickman va passer à l’acte et va lui tirer dessus. A lui de réagir à temps afin de ne pas faire fondre sa jauge de vie.
Le style visuel, lui, est volontairement rétro. Les gros pixels s’affichent sans complexe, donnant au jeu une identité marquée et un côté arcade assumé. Ce parti pris graphique ne laisse personne indifférent : certains y verront un hommage réussi aux bornes d’antan, tandis que d’autres trouveront que cela fait un peu trop brut ou daté sur une console comme la Series X. Personnellement, j’ai trouvé que ce grain exagéré collait parfaitement à l’ambiance absurde et au chaos volontaire du gameplay, mais il est clair que ce choix artistique peut diviser.
Si le concept séduit immédiatement, il faut reconnaître que Kill the Brickman n’est pas exempt de défauts. Comme tout rogue-like, chaque défaite oblige à recommencer depuis le début, ce qui peut s’avérer frustrant quand on perd une run prometteuse. La répétitivité finit aussi par se faire sentir, surtout lors de longues sessions où les missions commencent à se ressembler. C’est un jeu qui s’apprécie mieux par petites doses, où l’on prend le temps de réfléchir à un tir, de tester une nouvelle balle spéciale, puis de poser la manette avant d’y revenir plus tard.
Malgré ces limites, le jeu a un vrai charme. Pour un prix minime, il offre une expérience unique qui mélange réflexion, stratégie et chaos. C’est le genre de titre qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui saura séduire ceux qui aiment les concepts originaux et les expériences décalées. Voir un Brickman s’écrouler après un ricochet parfaitement calculé est en effet très satisfaisant.