Mario Tennis Fever

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Graphismes9
Animation9.2
jouabilité9.5
Bande son9.1
Intérêt9.5
9.3
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    J’ai toujours eu une relation particulière avec Mario Tennis. Depuis les premiers épisodes sur Nintendo 64, la série a su marier l’univers déjanté de Mario à une approche du tennis à la fois accessible et exigeante. Pendant des années, ce mélange a créé une alchimie rare : un jeu de sport coloré, fun, technique quand on le voulait, mais toujours fluide et agréable. Avec Mario Tennis Aces, on sentait pourtant que la licence avait commencé à tirer vers des mécaniques un peu plus lourdes, basées sur des systèmes de charge, de timing et de jauges qui ralentissaient parfois l’action et créaient une petite latence entre l’intention et l’impact de la balle. Mario Tennis Fever signe un véritable renouveau de ce point de vue. Dès les premières minutes, on ressent que Nintendo a voulu faire un jeu plus immédiat, plus arcade et plus instinctif, tout en conservant la richesse et la profondeur qui font le sel de la série. J’ai en effet retrouvé des sensations dignes d’un Virtua Tennis.

Découvrir un Mario Tennis en 4K, c’est se rendre compte à quel point le moteur visuel a été retravaillé pour exploiter pleinement la puissance de la machine. Les images sont d’une propreté incroyable. Les personnages sont incroyablement détaillés, leurs animations sont fluides et réactives, et les courts eux‑mêmes ont une vraie personnalité visuelle. Les couleurs sont éclatantes et acidulée et chaque terrain propose une palette différente, des nuances de lumière particulières et des éléments de décor vivants qui ajoutent au spectacle sans jamais nuire à la lisibilité du jeu. On sent une réelle attention au détail : la façon dont la balle interagit avec l’environnement, les éclats visuels lors des Fever Shots, les reflets sur la surface des courts… tout contribue à une expérience visuelle digne des meilleurs titres Nintendo.

Parlons d’ailleurs de ces fameux Fever Shots qui sont liés à la raquette que vous aurez choisie. Lancer un coup spécial ne tue pas l’échange même si cela peut créer un déséquilibre. Gare aussi au contre car si l’adversaire rattrape au vol votre attaque, il vous rendra la pareille et pourra vous mettre en difficulté. Le dosage est donc bien pensé pour ne pas rendre une attaque spéciale écrasante. Et c’est une très bonne chose. Mais si jamais vous trouvez que c’est même de trop, sachez que des raquettes de tennis classiques sont aussi disponibles.

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Le passage à un gameplay encore plus direct récompense davantage la lecture du jeu et le positionnement que la gestion technique d’une jauge. On se retrouve souvent à enchaîner plusieurs échanges avec une intensité qui fait oublier les menus temps morts. Les smashs, les passes le long de la ligne, les amortis bien placés… tout trouve ici une vraie cohérence et une vraie lisibilité. Les coups spéciaux ne viennent pas perturber le rythme, ils le ponctuent. Ils ajoutent de la variété sans jamais imposer une mécanique lourde.

Le contenu du jeu est généreux. Le mode Tournament classique est toujours là, bien structuré, avec une montée en difficulté progressive et une variété d’adversaires qui imposent chacun un style différent. Le mode Adventure joue à fond la carte Nintendo en proposant une petite histoire légère et humoristique, qui offre une progression structurée tout en restant accessible. C’est loin d’un RPG, mais c’est bien assez pour donner une forme de cadre au joueur solo. D’autant que le jeu propose diverses missions ou plutôt minijeux façon Mario Party en guise de tutoriel.

Plutôt que de simplement balancer le joueur sur le court avec une notice, le jeu propose en effet une série de défis ludiques qui introduisent les mécaniques de façon interactive. Ces mini‑jeux permettent d’apprendre les bases, mais aussi de maîtriser les subtilités du jeu, tout en offrant des récompenses et des niveaux d’expérience. On progresse naturellement, sans avoir l’impression de subir un tutoriel académique et si vous trouvez que cela s’enlise un peu et manque d’affrontements directs, vous pouvez toujours quitter une partie et vous lancer dans un tournoi. Le menu du jeu est suffisamment riche pour que l’exploration soit un plaisir.

Cela donne aussi un vrai sentiment de progression : chaque fois que l’on débloque une nouvelle compétence ou une nouvelle raquette, on sent qu’on enrichit réellement son style de jeu plutôt que de simplement accumuler des statistiques.

Côté personnages, la variété est également au rendez‑vous puisque le jeu propose 38 personnages! La sélection est large, chacun avec ses propres forces et faiblesses. Cette diversité ouvre la porte à des stratégies différentes en fonction du style de jeu adopté. Certains personnages sont plus rapides, d’autres plus puissants, certains excellent au filet, d’autres préfèrent les longues lignes de fond… Cette variété donne une vraie profondeur stratégique aux affrontements, particulièrement lorsqu’on joue en multijoueur.

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Le multijoueur est d’ailleurs l’un des grands points forts de Fever. En local, les parties sont rapides, entraînantes, et parfaites pour des sessions entre amis ou en famille. En ligne, la réactivité du gameplay transforme chaque match en un échange nerveux, où la lecture du jeu et la capacité à anticiper l’adversaire deviennent essentielles. Cela donne des parties très dynamiques, parfois intenses, souvent excitantes. Se mesurer à d’autres joueurs révèle toute la richesse du gameplay, et c’est dans ces moments‑là que le jeu prend toute sa dimension compétitive.

Bien sûr, rien n’est parfait. Si le fun immédiat et la qualité de réalisation sont évidents, certains pourront regretter que le mode solo n’ait pas une profondeur narrative plus développée. On regrettera aussi la légèreté de certains aspects du jeu comme la collection d’autocollants qui n’apporte finalement pas grand chose. Il ne s’agit ni d’une aventure longue ni complexe, mais plutôt d’un enchaînement de matchs et de défis avec un fil narratif léger qui s’embourbe parfois dans la lenteur mais qui a vraiment le mérite d’exister. Cela ne gêne pas vraiment l’expérience principale, mais cela peut laisser une impression d’inachevé pour ceux qui espèrent une campagne solo plus dense. Certains défis en ligne peuvent aussi parfois montrer des déséquilibres entre configurations de personnages ou de raquettes, mais ces cas restent rares et n’entachent pas l’expérience globale. Car, avouons-le, ce sont les tournois, les parties multijoueurs en local ou en ligne, qui restent le coeur du jeu.

Ce qui ressort, au final, c’est un jeu vivant, généreux, simple à prendre en main mais riche sur la durée, et surtout un épisode qui parvient à réconcilier l’esprit arcade des premiers Mario Tennis avec les attentes d’un public moderne. La réalisation est exemplaire, la direction artistique éclatante, et le gameplay est à la fois fluide, précis et enthousiasmant. Nerveux et instinctif,  Mario Tennis privilégie le plaisir immédiat de l’échange et la lisibilité plutôt qu’une mécanique lourde de charge ou de timing. Il est pour moi le meilleur épisode  de la série à ce jour.

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