Street Racer Collection

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Graphismes6.2
Animation6.8
jouabilité2
Bande son7.1
Intérêt3
5

Quand on évoque Street Racer, les plus anciens se souviennent immédiatement de ce clone décomplexé de Super Mario Kart, dopé aux couleurs criardes et à l’humour très 90’s. Avec Street Racer Collection sur Xbox Series X, l’éditeur exhume plusieurs versions issues de machines différentes. Une initiative patrimoniale intéressante sur le papier… mais beaucoup moins séduisante manette en main.

Développé par le studio français Vivid Image et édité à l’époque par Ubisoft, Street Racer débarque en 1994 sur Street Racer. Le jeu proposait une approche arcade du karting, avec des personnages caricaturaux, des armes délirantes et même des mini-jeux façon party game.

À sa sortie, il s’imposait comme une alternative sympathique à Super Mario Kart, avec un contenu généreux et un ton irrévérencieux.

Sur Xbox Series X, l’émulation est propre et respectueuse : filtres optionnels, sauvegardes rapides, présentation fidèle. Mais le gameplay accuse le poids des années. Tourner provoque des mouvements de rotation secs, abrupts, peu naturels. La conduite manque de souplesse et devient rapidement un calvaire, surtout sur écran moderne où chaque imprécision saute aux yeux.

Sortie en 1995, la version Street Racer sur Sega Mega Drive tentait de rivaliser techniquement avec la SNES, sans son fameux Mode 7.

Résultat : une adaptation honnête mais visuellement plus rigide. Les circuits paraissent plus plats, l’animation moins fluide. Cette rigidité se ressent encore davantage aujourd’hui. Les rotations sont encore plus sèches, et le confort de jeu en pâtit sérieusement. Là où la version SNES pouvait encore séduire par sa fluidité relative, celle-ci semble particulièrement datée.

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Et puis il y a la version Street Racer sur Game Boy.

Soyons clairs : sur un écran moderne 4K, c’est une bouillie de pixels injouable. Le contraste, la définition, la lisibilité des circuits… tout souffre cruellement. Ce qui pouvait passer sur un petit écran monochrome devient ici un amas visuel difficilement exploitable. Bref, l’expérience globale tient davantage du document d’archive que du jeu réellement praticable en 2026.

En 1996, Street Racer débarque sur PlayStation et Segasaturn avec une promesse claire : passer enfin à la “vraie” 3D polygonale.

Fini le faux relief façon Mode 7, place aux circuits en 3D complète, aux modèles polygonaux et à une caméra plus dynamique. Sur le papier, c’était l’évolution logique du concept.

La 3D est anguleuse, les environnements sont pauvres, la distance d’affichage limitée, et surtout la conduite souffre encore davantage de ces fameuses rotations sèches. Tourner provoque des pivots brutaux du véhicule, avec une inertie peu naturelle. Là où les versions 16-bit pouvaient encore masquer leur rigidité derrière une lecture claire et arcade, la 3D met en lumière toutes les approximations du moteur.

Face à des titres comme Crash Team Racing (qui arrivera un peu plus tard) ou même d’autres jeux de course 3D plus ambitieux, Street Racer semblait déjà en retard. Aujourd’hui, l’écart est encore plus visible.

On ne peut pas reprocher à cette collection son manque de respect envers le matériau d’origine. Les jeux sont proposés dans leur jus, avec les options classiques d’émulation. À ce niveau, le travail est sérieux.

Mais le problème est ailleurs : ces titres ont mal vieilli en termes de gameplay. Les sensations de conduite sont rigides, les rotations brutales, et l’absence de souplesse rend les courses frustrantes. Là où certains classiques 16-bit restent miraculeusement jouables aujourd’hui, Street Racer appartient clairement à une génération d’ersatz qui peinent à survivre à l’épreuve du temps.

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Street Racer Collection est une curiosité historique intéressante, notamment pour les amateurs de rétrogaming et les nostalgiques des productions européennes des années 90. Mais manette en main, le plaisir est limité.

Sur Xbox Series X, l’émulation est propre, mais elle ne peut pas corriger des bases de gameplay devenues trop rigides et imprécises.

Au final, une compilation respectueuse mais assez décevante, davantage destinée aux collectionneurs et aux historiens du jeu vidéo qu’aux joueurs en quête de sensations arcade efficaces.

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