Nioh 3

108
0
Share:
Graphisme7.2
Animation7.5
Gameplay8.8
Bande-Son9
Intérêt8.3
8.2

Team Ninja a été fondé en 1995 par Tomonobu Itagaki au sein de Tecmo, initialement pour développer la série Dead or Alive. Après la fusion avec Koei en 2009 et plusieurs restructurations internes, le studio s’est réinventé avec la franchise Nioh. Le premier opus connaît d’ailleurs un début chaotique, son développement a duré 12 ans et le projet a été annulé trois fois avant sa sortie en 2017.

Sorti le 6 février 2026, Nioh 3 marque le retour fracassant de l’action-RPG signé Team Ninja et Koei Tecmo. Ce troisième volet nous replonge dans un Japon féodal infesté de Yokai, mais cette fois-ci dans un monde semi-ouvert.

Une histoire de succession sanglante

L’intrigue de Nioh 3 nous transporte en 1622, au château d’Edo, à la veille de la nomination de Tokugawa Takechiyo comme nouveau shogun. Son frère cadet, Tokugawa Kunimatsu, rongé par la jalousie et la haine, bascule dans les ténèbres et lance une horde de yokai contre son aîné. Dans cette situation désespérée, Takechiyo utilise le pouvoir mystérieux de son esprit gardien, Kusanagi, pour transcender le temps et tenter de changer le destin du Japon.

Le scénario reste dans la lignée des précédents Nioh, on mélange faits historiques et folklore japonais pour créer une fresque épique. La narration fonctionne mieux que dans le second opus, avec des enjeux qui donnent du poids aux confrontations. Néanmoins, Team Ninja ne révolutionne pas son approche, les cinématiques restent fonctionnelles et accessibles en compréhension, on reste sur une certaine simplicité narrative pour profiter du jeu.

Un gameplay à double tranchant

Le titre renouvelle sa formule en introduisant une modification de gameplay qui change radicalement du précédent épisode avec la voie du Samouraï et celle du Ninja. Le style Samouraï assure la continuité avec l’héritage de la série, capitalisant sur la gestion tactique des trois postures (haute, moyenne, basse), la maîtrise du flux de Ki et l’impulsion de Ki essentielle à la récupération d’endurance. À l’opposé, le style Ninja redéfinit l’approche du combat en privilégiant la vélocité, la verticalité et les manœuvres évasives. Dans cette configuration, les postures traditionnelles cèdent la place à un arsenal de trois outils shinobi, tandis que l’impulsion de Ki est substituée par une « esquive fantôme », une mécanique défensive capable de désorienter l’adversaire et créer des ouvertures.

LIRE AUSSI :  Ebola Village

La synergie entre ces deux gameplay s’opère via une transition fluide en temps réel via la touche R2. Synchroniser le changement de style à l’instant précis d’une attaque ennemie critique (signalée en rouge) déclenche une contre-attaque dévastatrice.

Le style Ninja se distingue nettement par son dynamisme. Il évoque indéniablement le prestige de la franchise Ninja Gaiden de la Team Ninja, transformant l’expérience en un jeu d’action pur. L’enchaînement de combos rapides, couplé à une mobilité aérienne accrue, procure une sensation de puissance et de fluidité particulièrement gratifiante manette en main. En contrepartie, le personnage y est plus vulnérable qu’en posture samouraï, exigeant une vigilance de tous les instants.

Par ailleurs, la mécanique de transformation a été entièrement repensée pour cet épisode. Elle permet au joueur d’incarner temporairement une entité quasi-divine, débloquant un panel de mouvements inédits et une puissance colossale. Néanmoins, cette toute-puissance est soumise à une contrainte où chaque coup encaissé draine la jauge de transformation, obligeant le joueur à rester offensif et intouchable pour maximiser cette phase destructrice.

Une structure ouverte influencée par les standards modernes

L’évolution majeure par rapport à Nioh 2 réside dans la rupture avec la progression linéaire par missions. L’influence d’œuvres comme Elden Ring se fait remarquer dans l’adoption d’environnements semi-ouverts interconnectés. L’exploration devient organique, on traverse des villages désolés ravagés par les Yokai, on gravite autour de falaises vertigineuses et l’on débusque des sanctuaires dissimulés. Cette ouverture enrichit le contenu avec des quêtes annexes et la collecte des Kodama, incitant à fouiller chaque recoin pour optimiser son équipement et débloquer divers bonus passifs.

Si les piliers de la franchise sont préservés, comme les sources thermales, royaumes Yokai à purifier et autels servant désormais de points de voyage rapide, le système de loot reste fidèle à son abondance habituelle. La gestion de l’inventaire peut rapidement devenir lourde face à la profusion d’objets. Heureusement, les développeurs ont intégré des filtres de ramassage automatique basés sur la rareté via la couleur, permettant aux joueurs vétérans d’ignorer le butin de bas niveau pour se concentrer sur l’essentiel.

LIRE AUSSI :  Résumé du State of Play 2026

Entre Charme Artistique et Compromis Technique

Le studio privilégie des résolutions dynamiques et des modèles géométriques plus simples pour maintenir les 60 fps. Sur PS5, deux modes sont proposés : Priorité à la fluidité qui cible 60 fps avec une résolution dynamique oscillant entre 720p et 1152p, et Priorité à la Résolution qui vise la 4K à 30 fps.

Le mode fluidité reste le choix recommandé, surtout avec un écran compatible VRR qui masque les fluctuations. Cependant, on observe des chutes de framerate lors de certaines rencontres ennemies denses et pendant les animations d’attaque furtive. Le mode Résolution souffre quant à lui d’un frame pacing médiocre qui génère des micro-saccades désagréables lors des rotations de caméra. On note également du pop-in de géométrie et de textures qui gâchent parfois l’immersion.

Malgré cela, la direction artistique sauve la mise. Les environnements variés, des villages en ruine aux sanctuaires mystiques, dégagent un charme indéniable. Malheureusement, même sur PS5 Pro, le jeu a un rendu assez flou selon où on se situe et selon la charge visuelle, on ne sent pas vraiment l’effet PS5 Pro Ehanced sur ce coup.

Une Bande-Son à la Hauteur

La composition musicale de Nioh 3 est confiée à Akihiro Manabe, qui avait collaboré avec Yugo Kanno sur Nioh 2. Manabe signe ici l’essentiel des 51 pistes de la bande originale, avec quelques contributions de Kanno.

L’orchestration fusionne instruments traditionnels japonais et arrangements orchestraux cinématographiques, créant une ambiance qui oscille entre contemplation et brutalité. La musique accompagne parfaitement les affrontements épiques. Certaines zones du jeu offrent des thèmes plus apaisés qui invitent à poser la manette et écouter.

Un Troisième Acte Convaincant

Nioh 3 sublime la formule de Team Ninja en alliant la nervosité du duo Samouraï/Ninja à une liberté d’exploration inédite. Si la technique et la gestion du butin restent perfectibles, la direction artistique et la profondeur du gameplay éclipsent ces défauts. C’est l’épisode de la maturité, un sommet d’exigence et de maîtrise indispensable pour tout amateur d’Action-RPG.

Share:

Leave a reply

Lire Aussi