Sprint City

Second Stage Studio est un studio indépendant basé à Utrecht, aux Pays-Bas, cofondé par Casper van Est et Gert-Jan, deux des créateurs originaux de SpeedRunners, sorti en 2016. L’éditeur est partagé entre Second Stage Studio lui-même et Game Drive. Avec Sprint City, l’équipe repart de zéro, mais avec le même moteur de passion. Le chrono est lancé et on va voir ce que cela donne.
Une ville qui raconte quelque chose
Le jeu s’inscrit dans la tradition du jeu multijoueur compétitif pur, où le contexte remplace l’histoire. Nous sommes un Runner dans une métropole solarpunk où les roues n’existent pas. Les déplacements à pied sont la norme, et la ville entière a été pensée comme un terrain de jeu vertical. Chaque district, chaque bâtiment, chaque rail existe pour être parcouru à toute allure. On aurait apprécié un peu plus de Lore ou de mise en contexte pour donner du sens à l’univers, mais l’essentiel est que la ville elle-même raconte une ambiance.

Il ne faut pas rater le coche
Course murale, grappin, glissade sur rails, enchaînements de figures de parkour : tout est pensé pour que le joueur ne s’arrête jamais. La prise en main demande un temps d’adaptation, car maîtriser les enchaînements sans perdre de vitesse n’est pas trivial.

Le mode principal. Jusqu’à 8 joueurs démarrent une course avec seulement 10 secondes au compteur. Dès que le premier coureur termine un tour, le temps des autres commence à s’écouler. Chaque nouveau tour réinitialise tout le monde au départ, avec encore moins de temps en poche. Il n’y a pas de leader permanent, la moindre erreur, un raccourci raté, et tout peut basculer. Le dernier Runner en vie remporte la partie.
Sprint City propose aussi un monde partagé en accès libre où l’on peut explorer, participer à des défis quotidiens, des contre-la-montre et grimper dans des classements mondiaux. Les raccourcis cachés sont nombreux et les découvrir ne sera pas chose facile. En revanche, en Accès Anticipé, le contenu solo reste limité : peu de modes alternatifs, une map pas encore aussi dense qu’elle pourrait l’être. Le studio l’annonce lui-même dans sa feuille de route. Il est aussi à noter qu’une connexion internet est obligatoire, même pour jouer seul et bien sur aucune traduction française annoncée pour le moment.

Une ville qui tourne rond
Sprint City tourne sur le moteur Defold, un moteur open-source développé par King, réputé pour sa légèreté et sa stabilité, surtout en 2D. La direction apporte une esthétique 2D colorée, propre, inspirée du mouvement solarpunk. Les environnements sont lisibles, les animations de déplacement fluides, et l’identité visuelle tranche clairement avec les productions grises et ternes du genre.

La configuration minimale requise reste accessible : un processeur Ryzen 5 1600 ou Core i3-8100, 16 Go de RAM et une GTX 1660 Super suffisent. Sur machine milieu de gamme, le jeu tourne sans souci notable. Sur des configurations plus récentes, on navigue sans à-coups dans les phases les plus chargées. Le jeu est également compatible Linux et Steam Deck, où il fonctionne de façon satisfaisante malgré quelques ajustements nécessaires pour la configuration manette.
Il faut toutefois signaler que certains textes en jeu restent petits, ce qui n’est pas très agréable quand on joue selon la taille de l’écran. On est aussi dans un Accès Anticipé, et l’environnement, bien que déjà cohérent, manque encore de densité et de variété dans les zones explorables, il faudra encore prendre son mal en patience pour voir la version finale.
La direction sonore accompagne l’énergie cinétique du jeu : des pistes rythmées, efficaces, qui s’effacent au profit de l’action. Les effets sonores, eux, remplissent leur rôle.

Sprint City à toutes les jambes, mais pas encore toute la ville
Sprint City est un jeu de plateforme compétitif 2D construit sur des bases solides héritées de SpeedRunners. Le système de déplacement est exigeant mais gratifiant à maîtriser. L’univers solarpunk donne une identité visuelle reconnaissable.
Mais le jeu est en Accès Anticipé depuis le 31 mars 2026, et ça se ressent. Le contenu solo est maigre, la connexion permanente obligatoire est une contrainte réelle, la bande-son manque encore d’envergure, et la carte gagnerait à être plus dense. Le studio prévoit 1 à 2 ans de développement supplémentaire avant la version finale, avec l’ajout de modes de jeu, d’une carte élargie, d’une traduction française et d’activités hors course.
Pour qui cherche un jeu multijoueur nerveux avec de la profondeur mécanique, Sprint City mérite le détour dès maintenant, en gardant à l’esprit qu’on n’en est qu’au début du sprint. Pour les joueurs solitaires ou ceux qui attendent un produit fini, mieux vaut patienter quelques mises à jour encore.




