The End of the Sun

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Graphisme7
Animation6.5
Gameplay7
Bande-Son7.7
Intérêt7
7

The End of the Sun est un jeu d’aventure à la première personne développé et édité par IMGN.PRO, un studio indépendant polonais fondé par Jakub Machowski, Kinga Machowska et Hubert Motyka. Après plusieurs années de développement, le jeu sort d’abord sur PC en janvier 2025, avant de débarquer sur PS5 le 21 avril 2026. On entre dans cette aventure slave avec une vraie curiosité pour ce que ce petit studio a construit.

La braise du passé

On incarne le Tisonneur, un mage du feu capable de se lier aux flammes pour percevoir des événements passés et des entités mythiques invisibles aux autres mortels. En arrivant dans un village désert, on remonte la piste du Raróg, une créature démoniaque tirée de la mythologie slave, directement liée à Svarog, dieu du feu. L’histoire gravite autour de Mira et Nadimir, un jeune couple dont on reconstitue la vie à travers plusieurs saisons et temporalités.

Le récit est assumé d’être non linéaire : on assemble les fragments narratifs comme un puzzle, feu après feu, saison après saison. Ce format est prenant pour qui aime les histoires à déconstruire, mais il peut dérouter ceux qui recherchent un arc narratif plus classique. Le jeu aborde des thèmes sombres et émotionnels, ce qui lui confère une profondeur humaine bien au-delà du simple prétexte folklorique.

La mythologie slave est traitée avec application : divinités telles que Véles et Morana, célébrations comme la Nuit de Kupala, créatures légendaires… Tout cela apporte un dépaysement culturel authentique et documenté.

Attiser la mécanique

Le jeu est construit autour de 3 mécaniques de gameplay : l’exploration libre, la résolution d’énigmes contextuelles et la manipulation des saisons via les feux. Chaque feu activé devient un point d’ancrage permettant de basculer d’une saison à une autre, modifiant l’environnement et ouvrant de nouvelles pistes. Une action réalisée en été peut débloquer une situation en hiver, ce qui donne au monde une cohérence logique cohérente à explorer.

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Les énigmes sont accessibles, parfois simples, mais elles contribuent à l’avancée du scénario sans être pesantes pour le joueur. Il n’y a ni combat, ni jauge de vie, The End of the Sun assume pleinement sa parenté avec le jeu de marche, dans la veine de What Remains of Edith Finch ou Firewatch, mais avec une mécanique temporelle en plus. L’interface est volontairement dépouillée, avec une carte à remplir et quelques indications vocales du personnage suffisent à guider la progression.

Le souci de ce style de jeu revient encore et toujours, une répétition de la progression, raviver un feu, trouver l’objet lié, résoudre l’énigme, passer à la suite etc.

Entre authenticité visuelle et limites techniques

Comme la plupart des jeux de ce style, la direction artistique est un régal visuel. L’équipe a réalisé une photogrammétrie d’objets réels issus de musées ethnographiques polonais pour modéliser décors et accessoires. Le résultat donne à l’environnement un cachet presque documentaire avec des forêts, maisons en bois, rivières et les paysages saisonniers ont une texture et une authenticité peu courantes dans un jeu indépendant.

Les panoramas sont souvent convaincants, notamment lorsqu’on surplombe la vallée avec le vent qui anime les arbres et les ciels changeants. Les 4 saisons du jeu (printemps, été, automne, hiver) transforment radicalement l’atmosphère.

Cependant, la technique révèle des faiblesses notables. En mode qualité, on constate un aliasing prononcé, des chutes de fréquence d’affichage et des micro-freezes, notamment lors des cinématiques après l’activation d’un feu. Le mode performances atténue le problème sans le régler complètement. Les animations des personnages restent rigides par moments, et on observe des clippings ainsi qu’une ligne de rendu visible dans la neige. Pour un jeu qui mise autant sur l’immersion visuelle, cela en arrive à gâcher l’expérience contemplative.

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Le crépitement des âmes

La bande originale s’appuie sur le folklore musical slave, mêlant instruments traditionnels et arrangements atmosphériques pour ancrer le joueur dans un monde ancien et cohérent.

Le design sonore dans son ensemble est particulièrement soigné : avec ses chants d’oiseaux, vent dans les herbes hautes, craquements du bois ou encore les crépitements des flammes. Ces sons environnementaux participent activement à l’identité du jeu, au point de pousser à s’arrêter simplement pour écouter. La bande-son et le sound design forment un tout homogène, ce qui est l’une des réussites du jeu.

Le soleil ne s’éteint pas sans laisser de traces

The End of the Sun est un projet qui met en lumière une culture peu représentée dans notre média. On parcourt cette aventure en six à sept heures en moyenne, avec quelques secrets à dénicher pour les plus curieux. L’expérience s’adresse surtout aux amateurs de narration environnementale et de folklore, en laissant de côté l’action ou les mécaniques complexes.

Sur PS5, on constate des limites techniques évidentes. Le crénelage persistant, la fréquence d’affichage instable et les animations rigides entachent une immersion visuelle pourtant essentielle. Malgré ces défauts matériels, on retient une oeuvre développée avec conviction. Le titre explore le patrimoine slave avec sérieux et tisse une intrigue intéressante à travers les flammes et les saisons. Une aventure à aborder en toute connaissance de cause

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