Resident Evil Village

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Le prince du headshot?
Graphimes9.6
Animation9.6
Jouabilité8.9
Bande son9.1
Intérêt9.4
9.3

Si vous êtes toujours à la recherche du jeu qui va vous en mettre plein la vue sur cette next-gen qui peine à démarrer, Resident Evil Village pourrait bien être le titre qui répond à vos attentes. Enfin un titre qui va vous en mettre plein les mirettes. 4K, 60 FPS, ray tracing, tout est là et il ne faudra pas faire de choix cette fois-ci entre les différents paramètres. Le jeu plante (pas littéralement hein?) rapidement le décor en proposant des graphismes très léchés mais qui jouent avec nos nerfs. L’ensemble est très sombre, si bien que même en zone supposée de confort, on ne se sent vraiment pas à l’aise du tout dans cette Roumanie fantasmée. On y mange en tous cas de la ciorba et l’argent officiel est le lei. Il y a aussi un étrange château appartenant à Lady Dimitrescu dont le nom fait très couleur locale. Il s’agit d’une étrange femme élancée assez porno-chic  vêtue d’une robe vanille très travaillée avec des frou-frous et une capeline ample. Avec ses formes généreuses, on dirait presque la mère de Bayonetta.

Qui dit Roumanie, dit Transylvanie, dit château de Dracula : une thématique vampirique que j’adore. L’histoire est introduite de manière surprenante par un compte pour enfant assez horrifique mais dont la narration passionnante fait mouche. J’espérais même que le jeu explore cette vision. C’était si génial que je ne peux que souhaiter un spin-off inspiré tout droit de l’univers de Tim Burton. Le choix des personnages qui jouent les méchants du jeu forment un délice à la fois baroque et burlesque.

 

Si Resident Evil Village n’est pas un jeu linéaire en soi, il arrive à guider le joueur d’une manière très intelligente, ce qui fait que si vous avez l’intention de parcourir le jeu en ligne droite, eh bien c’est tout à fait possible. Le titre n’exagère en effet pas avec les allez-retours même s’il y en a quand même parfois. Mais si vous êtes du genre à tout fouiller et par exemple trouver les petits jouets en bois en forme de chèvre qui ne sont là que pour les jusqu’au-boutistes,  c’est aussi possible. Sincèrement, en terme de level design, de construction, de synopsis, difficile de trouver mieux. C’est à la fois malin et varié. Le jeu alterne les ambiances malsaines, appaisantes, sales, avec il est vrai, une préférence pour ma part, pour les intérieurs qui profitent d’une travail de modélisation bien plus abouti que les phases en extérieur fatalement plus gourmandes en ressource.

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Le jeu se joue carrément de nous en modifiant le rythme. Tantôt traqué comme dans Resident Evil 3 par le Némésis, tantôt peinard, il faudra parfois prendre des décisions rapides, parfois prendre son temps face aux ténébreuses énigmes du jeu. Parfois orienté action, parfois axé sur l’exploration, Resident Evil Village parvient à fournir une expérience de jeu aussi riche que bigarrée. Il sera en tous cas nécessaire d’être économe car les munitions, même si elles peuvent être fabriquées, ne sont pas légion. Le jeu renoue donc avec ses origines et abandonne véritablement l’aspect très exclusivement orienté action du 5ème et 6ème opus de la saga. Certains ennemis ne sont heureusement pas trop véloces. Pensez donc à prendre votre temps afin d’exécuter un maximum de headshot et d’être ainsi économe. Il faut néanmoins réaliser plusieurs headshots pour se débarrasser des ennemis bien retords. Mais il est clair qu’il faudra savoir se poser et viser dans un monde très hostile. C’est la clé même de la réussite.

 

Les amateurs de Resident Evil seront en terrain connus avec l’utilisation de la machine à écrire pour sauvegarder, les armes et autres objets qui occupent des places plus ou moins encombrantes dans votre inventaire. Il y a aussi le marchand ambulant qui vous permettra de vous ravitailler avec les items de base mais aussi d’améliorer vos armes. Vous pouvez aussi convertir vos trouvailles de valeur en lei afin de rééquilibrer vos besoins en fonction des situations.

Quoi qu’il en soit, vous allez vous faire littéralement happer par l’aventure et la surprise que représente ce Resident Evil qui semble quand même assez éloignée de sa série originelle, revêtant une skin inattendue mais tellement époustouflante qu’on lui pardonnera cet écart volontiers.  Les développeurs se sont bien documentés avec intelligence pour nous servir un sujet totalement maîtrisé. Cependant, en terme de structure, on est bien en face d’un Resident Evil découpé en zones distinctes.

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Je vais quand même vous parler de ce fétichisme assumé des développeurs sur les mains d’Ethan, le héros principal, qui va déguster comme vous n’auriez sans doute jamais pu imaginer. On retrouve vraiment le côté malsain d’un Code Veronica. En terme de mécanique de jeu, on lorgne plutôt plus sur un Resident Evil IV : deux des plus belles références de la saga donc, oui, je sais qu’en vous disant ça, cela risque de vous faire pousser la porte de votre magasin de jeux vidéo le plus proche mais quel grand bien cela vous ferait. Il ne faut guère hésiter. En revanche, le jeu se joue comme Resident Evil 7 à la première personne.

Techniquement parlant, Resident Evil Village est une belle claque. On sait que Capcom est resté maître de génération en génération pour fournir des décors époustouflants. Le paradoxe est que le genre de jeu n’est pas vraiment une invitation à la contemplation, il est bien trop pesant et stressant. Si on ne nage pas dans l’hooreur absolue, je dois bien avouer qu’avec mon installation 7.1, j’ai sursauté plus d’une fois et j’ai ressenti plus d’une fois une véritable insécurité entre les beuglements des ennemis, les bruits de pas ou encore d’autres sons qui vous prennent par surprise comme ceux des horloges. Vous allez frémir et le jeu pose directement les règles de son jeu car vous n’aurez, dans la première phase du jeu, aucune envie de vous laisser surprendre par Lady Dimitrescu et ses filles. Par la suite, d’autres ennemis ne vous ficheront pas la paix non plus. Pas de quoi baisser les bras, mais il faut en tous cas être toujours prêt à dégainer.

 

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