Invicible VS

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Graphismes8.3
Animation7.8
Jouabilité7.8
Bande son8.4
Intérêt7.1
7.9

     Il y a des super-héros qui sauvent des chats coincés dans des arbres, et puis il y a ceux de l’univers Invincible. Ici, lorsqu’un combat éclate, ce sont des quartiers entiers qui disparaissent de la carte, des gratte-ciels qui s’effondrent et des centaines de litres d’hémoglobine qui repeignent les trottoirs. Créée par Robert Kirkman, la série Invincible s’est rapidement imposée comme une alternative beaucoup plus adulte aux productions super-héroïques traditionnelles. Entre son comic culte et son adaptation animée, elle a su séduire un public à la recherche d’affrontements plus sauvages, plus violents et surtout moins manichéens.

Avec Invincible VS, Skybound transforme enfin cet univers en véritable jeu de combat. Et plutôt que de proposer une adaptation timide, les développeurs ont choisi d’embrasser totalement l’identité de la licence.

Dès le premier combat, on comprend que les créateurs ne se sont imposé aucune limite. Les personnages s’envoient à travers des immeubles, s’écrasent contre des véhicules, pulvérisent des façades entières et terminent souvent les affrontements dans un état qui ferait passer les célèbres Fatalities de Mortal Kombat pour de simples chamailleries de cour d’école. Le sang gicle dans toutes les directions, les visages se couvrent progressivement d’ecchymoses et les costumes se déchirent à mesure que les rounds avancent. Cette brutalité permanente pourrait sembler excessive, mais elle correspond parfaitement à l’esprit de la série.

 

Le plus amusant reste la manière dont cette violence est mise en scène. Comme dans certains films de Quentin Tarantino, l’exagération finit par provoquer davantage de sourires que de malaise. Les affrontements deviennent presque grotesques tant ils repoussent constamment les limites du raisonnable. Voir Omni-Man traverser trois immeubles avant d’écraser son adversaire dans un cratère gigantesque possède quelque chose d’absurde et de profondément jouissif.

Sur le plan du gameplay, Invincible VS lorgne clairement du côté d’Injustice. Les développeurs derrière le projet comptent d’ailleurs plusieurs vétérans ayant travaillé sur Killer Instinct, et cela se ressent dans la fluidité générale des affrontements.

 

Les combats sont volontairement accessibles. Les débutants peuvent rapidement réaliser des enchaînements spectaculaires tandis que les joueurs plus expérimentés découvriront progressivement les subtilités du système de tags, de contre-attaques et de gestion des ressources. Derrière son apparence de défouloir sanguinolent se cache finalement un jeu plus technique qu’il n’y paraît.

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L’un des aspects les plus réussis concerne sans doute la sensation de puissance. Beaucoup de jeux de super-héros nous expliquent que leurs personnages sont capables de détruire des planètes, mais peu parviennent réellement à le faire ressentir. Ici, chaque coup semble capable de déplacer une montagne. Les impacts sont accompagnés d’effets sonores massifs, de secousses d’écran parfaitement dosées et d’animations qui transmettent un poids considérable aux personnages. Les développeurs ont clairement cherché à nous faire ressentir ce que cela signifie d’incarner des êtres quasiment divins.

 

Visuellement, la Xbox Series X s’en sort admirablement. Le style graphique reproduit fidèlement l’esthétique de la série animée tout en bénéficiant d’effets modernes particulièrement convaincants. Les éclairages sont réussis, les explosions impressionnantes et les effets de particules omniprésents. On apprécie également l’excellente profondeur de champ qui renforce souvent l’aspect cinématographique des affrontements. Certaines arènes donnent presque l’impression d’assister à un épisode interactif de la série.

Mais la véritable star du spectacle reste sans conteste la destruction des décors au fil des combats et des rounds. Un combat qui débute dans une rue relativement intacte peut se terminer au milieu d’un champ de ruines. Les immeubles perdent progressivement leurs façades, les routes se fissurent et les débris s’accumulent partout. Plus les rounds avancent, plus les arènes témoignent de la violence des affrontements. J’ai adoré le stage de l’appartement d’un gratte-ciel complètement mis à sac. Cette évolution permanente apporte une identité visuelle très forte et renforce l’immersion.

Le casting constitue également un véritable argument pour les amateurs de la série. Entre Invincible, Omni-Man, Atom Eve, Battle Beast, Rex Splode ou encore Allen the Alien, les personnages emblématiques répondent présents. Chacun bénéficie d’un style de combat cohérent avec ses pouvoirs et sa personnalité. Certains privilégient les attaques à distance, d’autres la vitesse, tandis que les Viltrumites misent davantage sur leur force brute dévastatrice.

 

Le mode histoire a le mérite d’exister et permet de justifier les affrontements à travers un scénario inédit supervisé par des auteurs liés à la série animée. L’ensemble reste cependant avant tout un prétexte pour multiplier les combats et les situations spectaculaires plutôt qu’un récit capable de rivaliser avec les meilleurs moments de la série télévisée.

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Malheureusement, malgré toutes ses qualités, Invincible VS finit par révéler ses limites après quelques heures. Le problème principal vient de sa structure générale. Les affrontements sont amusants, les animations impressionnantes et les personnages attachants, mais le jeu peine à renouveler constamment ses situations. Une fois passé l’émerveillement initial provoqué par la violence, les destructions et les super attaques démesurées, une certaine répétitivité commence à s’installer car le jeu visie et revisie des décors déjà parcourus.

 

Le contenu est correct sans être exceptionnel et certains joueurs risquent de ressentir une légère lassitude plus rapidement qu’espéré. Le titre manque parfois de surprises capables de maintenir l’intérêt sur le très long terme. Les combats restent efficaces, mais ils finissent aussi par suivre un schéma relativement similaire.

Cela étant dit, il serait injuste de considérer cette première tentative comme un échec. Bien au contraire. Invincible VS réussit l’essentiel : retranscrire l’identité unique de la licence. Peu de jeux de super-héros osent afficher un tel degré de violence, peu de jeux de combat parviennent à communiquer une telle sensation de puissance et encore moins réussissent à rendre la destruction de leurs environnements aussi spectaculaire.

Sans révolutionner le genre, Invincible VS livre une adaptation solide, généreuse et souvent spectaculaire. Un titre imparfait mais sincère, qui capture avec beaucoup de talent la folie destructrice et l’humour noir qui font tout le charme de l’univers Invincible.

 

Brutal, sanglant, spectaculaire et parfois hilarant, Invincible VS constitue une adaptation fidèle de l’œuvre de Robert Kirkman. On adore ses décors qui se désintègrent progressivement, son impressionnante sensation de puissance et son esthétique ultra-violente assumée jusqu’au bout. Dommage que la répétitivité s’installe assez vite, car les bases sont suffisamment solides pour espérer une suite encore plus ambitieuse.

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