Resident Evil 3

25
0
Share:
Graphisme8.3
Animation8.2
Gameplay8.2
Bande-Son8.5
Intérêt7.8
8.2

Développé et édité par Capcom, le remake de Resident Evil 3 débarque enfin dans une version 100% native sur Nintendo Switch 2 pour nous faire oublier les caprices de l’ancienne édition Cloud.

Loin d’être un opus inédit, cette adaptation agit autant comme une véritable extension technique pour l’écosystème portable de Nintendo que comme le prolongement direct de Resident Evil 2 Remake, dont elle partage d’ailleurs les fondations et de nombreux environnements, tout en tentant de réinventer le classique Resident Evil 3: Nemesis sorti en 1999. Est-ce que ce remake est digne de mon épisode favori ? C’est parti, allons faire un gros câlin à Nemesis.

Un S.T.A.R.S. qui file à l’anglaise

L’intrigue me replonge en plein cœur du chaos de Raccoon City, ravagée par l’épidémie du Virus-T. On y incarne une Jill Valentine déterminée à fuir la ville tout en étant traquée sans relâche par le Nemesis, une arme biologique surpuissante programmée pour éliminer les derniers membres de l’unité S.T.A.R.S. Son destin croise rapidement celui de Carlos Oliveira, un mercenaire de l’U.B.C.S.

Si je compare cette relecture au jeu d’origine de 1999 ou à l’excellence de Resident Evil 2 Remake (si on ne compte pas la faiblesse des scénarios bis), je ressens toujours ce petit goût d’inachevé, donnant presque au titre des allures de grosse extension autonome du second volet. Les choix en temps réel et les fins multiples de l’époque ont disparu, tout comme des lieux emblématiques tels que le Beffroi ou le Parc. En contrepartie, cette version apporte une mise en scène hollywoodienne bien plus rythmée et approfondit nettement la relation entre Jill et Carlos, offrant des dialogues bien mieux écrits qu’autrefois.

L’esquive, c’est la santé !

Manette en main, la différence de philosophie avec Resident Evil 2 saute aux yeux, là où les aventures de Leon et Claire privilégiaient l’exploration méthodique et les énigmes, ce troisième épisode lorgne franchement vers le survival-action pur, posant les bases du dynamisme que l’on retrouve dans Resident Evil 4 Remake.

L’apport majeur de ce remake réside dans le pas d’esquive dédié à Jill et la parade au coup de poing de Carlos. Avec un timing parfait, j’enchaîne une esquive au ralenti suivie d’un tir critique dévastateur. C’est grisant, fluide, et heureusement très réactif sur les sticks de la Switch 2. En revanche, j’ai trouvé le Nemesis beaucoup trop scripté par rapport à l’implacable Mr. X du deuxième épisode, ses apparitions relèvent davantage du grand huit cinématographique que de la traque naturelle et imprévisible du jeu de 1999.

LIRE AUSSI :  Resident Evil 4 Gold Edition

Pour ce qui est du contenu propre à cette mouture Switch 2, Capcom inclut d’office les tenues classiques de Jill et de Carlos (un clin d’œil appréciable aux puristes), mais fait totalement l’impasse sur le mode multijoueur Resident Evil Resistance, pourtant présent sur les éditions PS4, PS5, Xbox et PC, alors oui le jeu ne subit plus de suivi et de mise à jour mais il est toujours actif de mémoire. Avec une campagne qui se boucle en cinq à six heures, la rejouabilité repose uniquement sur la boutique bonus de fin de jeu et les modes de difficulté supérieurs (Cauchemar et Enfer), qui réagencent ennemis et objets.

Un RE Engine qui a les crocs en nomade

Tout comme RE2 Remake, sur la première Switch, il fallait subir une version Cloud dépendante d’une connexion irréprochable, souvent entachée de latence, de temps de chargement longs liés aux serveurs et d’artefacts de compression vidéo. Sur Switch 2, le jeu tourne enfin en local et hors-ligne.

Le moteur RE Engine réalise des merveilles sur l’architecture de la Switch 2. Sur téléviseur, l’image est propre, les effets de particules des néons de Raccoon City claquent, les chargements sont très rapides et la fluidité vise les 60 images par seconde, avec une belle tenue de route face aux hordes de zombies. En mettant cette mouture côte à côte avec les versions PS5, Xbox Series X ou PC, je note aussi des concessions.

Là où les consoles de salon actuelles affichent de la 4K dynamique, du Ray Tracing et un framerate pouvant grimper jusqu’à 120 images par seconde, la Switch 2 fait l’impasse sur le Ray Tracing poussé et présente des textures ou des reflets un peu moins fins. Malgré tout, le rendu global force le respect et se rapproche grandement d’une version PS4 Pro très bien optimisée.

LIRE AUSSI :  Looking For Fael

En mode portable, l’expérience reste très propre malgré deux réserves techniques que j’ai pu observer durant ma session. D’abord, pour préserver la fluidité de l’action au premier plan, les zombies situés à l’arrière-plan subissent parfois une réduction de leur fréquence d’animation à distance, ce qui crée un léger décalage visuel lorsqu’on regarde au loin.

Ensuite, la gestion du contraste demande un petit ajustement, bien que le HDR soit pris en charge, la dalle LCD de la Switch 2 peine parfois à restituer toutes les nuances dans les ruelles les plus obscures. J’ai donc dû rehausser manuellement la luminosité dans les options pour ne pas me faire surprendre dans le noir en jouant en mode nomade.

Du grand art qui fait du bruit dans les couloirs

L’ambiance sonore comme RE2 est vraiment bien maîtrisée, que ce soit haut-parleur en mode portable ou le mieux est d’avoir un casque pour profiter encore mieux de la spatialisation sonore. Les cris du Nemesis, les râles des zombies et des autres créatures sont bien restitués et localisés.

Côté musiques, les réorchestrations des thèmes originaux de 1999 sont de qualité. Cet épisode est lui aussi doublé intégralement en VF.

Nemesis, je t’aime, mais encore plus en 1999

Resident Evil 3 offre enfin aux joueurs de la marque l’expérience nerveuse et explosive qu’ils méritaient vis-à-vis de la version Cloud. Certes, ce portage ne corrige pas les défauts structurels du remake de 2020, à savoir une durée de vie très courte, des coupes franches par rapport au monument de 1999 et l’absence du mode Resistance, et la dalle LCD de la console demande quelques réglages de luminosité en mode portable.

Mais on reste sur un jeu de qualité et fluide qui assume son côté Hollywod et le RE Engine fait encore preuve de grand art. Si vous cherchez un défouloir horrifique spectaculaire pour accompagner Resident Evil 2 et Resident Evil 4 sur votre Switch 2, l’escale à Raccoon City vaut clairement le détour.

Share:

Leave a reply

Lire Aussi