Call Of Duty : Modern Warfare 4

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Graphismes9.7
Animation9.6
Bande son9.1
Intérêt9
9.4

Si vous recherchez un jeu capable de vous en mettre plein la vue, ce nouveau Call of Duty: Modern Warfare 4 risque bien de vous combler. La campagne solo est une véritable démonstration technique, dans la grande tradition de la série, qui a malheureusement perdu un peu de sa superbe ces dernières années. Après un précédent épisode particulièrement raté, cette nouvelle mouture marque un retour en force et se présente déjà comme l’une de mes itérations préférées de Modern Warfare.

Le niveau de détail est tout simplement impressionnant, les environnements fourmillent de petits éléments et la fluidité est au rendez-vous. On ne se contente pas de traverser les décors en mitraillant tout ce qui bouge : on prend parfois le temps de s’arrêter pour observer ce qui nous entoure. Au début du jeu, on entre dans un magasin, on scrute les rayonnages, on examine les produits exposés… Tout semble avoir été pensé pour donner vie aux environnements. Ce souci du détail est absolument dingue et contribue énormément à l’immersion.

Il y a quelque chose de particulièrement réjouissant à constater qu’en cette fin de génération, nos consoles actuelles sont encore capables de nous surprendre à ce point. On a parfois l’impression d’assister à une démonstration de ce que le jeu vidéo pourrait nous proposer dans un, deux ou trois ans. Une sorte de laboratoire technologique qui nous donne un aperçu de l’avenir, tout en tournant sur des machines que l’on connaît depuis plusieurs années déjà.

On entend régulièrement dire que les écarts entre les générations de consoles deviennent de moins en moins spectaculaires. Les progrès sont évidemment toujours présents, mais ils sont parfois plus difficiles à percevoir au premier coup d’œil. Ici, pourtant, le saut qualitatif ressenti est particulièrement marqué. La richesse des environnements, leur niveau de finition et la qualité générale de la présentation donnent véritablement le sentiment d’avoir franchi un cap. De quoi nourrir de belles attentes pour la prochaine génération de consoles. Si les développeurs parviennent à faire de ce niveau de réalisation une nouvelle norme, nous pouvons espérer de très belles choses pour la suite.

Mais réduire ce Modern Warfare 4 à sa seule réalisation serait lui faire injustice. J’ai également beaucoup apprécié l’originalité de certaines missions, qui cherchent à renouveler la formule plutôt que de nous proposer une succession ininterrompue de fusillades. On retrouve ainsi une approche qui évoque parfois certains jeux d’action-aventure comme First Light, avec des séquences davantage axées sur la progression et l’exploitation de l’environnement. Sans nécessairement basculer dans l’espionnage pur, ces passages apportent une variété bienvenue à la campagne.

 

L’exemple le plus parlant est sans doute cette séquence dans une gare ferroviaire, où l’on doit progresser à travers des trains en mouvement. Le principe paraît simple sur le papier, mais son exécution est particulièrement intéressante. Certains wagons sont fermés et offrent des possibilités de déplacement et de protection, tandis que d’autres, dépourvus de structure complète, permettent de passer d’un élément à l’autre.

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Le décor n’est donc jamais véritablement figé. Les trains avancent, les obstacles défilent et les possibilités de progression évoluent constamment. Il faut composer avec cet environnement mouvant, repérer les ouvertures et adapter ses déplacements en fonction de la configuration des wagons. Cette idée apporte une vraie dimension dynamique à l’action. On ne se contente plus de suivre un couloir soigneusement balisé en éliminant les ennemis qui se présentent : l’environnement devient lui-même un élément central du gameplay.

On sent que les développeurs ont cherché à exploiter les possibilités offertes par la mise en scène et par la technologie pour créer des situations qui ne reposent pas uniquement sur les affrontements armés. C’est précisément le genre de proposition qui permet à une campagne de blockbuster de sortir du lot. Ce Modern Warfare 4 donne donc le sentiment d’un épisode particulièrement ambitieux, aussi impressionnant sur le plan technique que soucieux de varier les situations de jeu.

Le jeu sait quand accélérer, quand nous laisser découvrir un lieu et quand transformer un espace en piège mouvant. Cette précision se retrouve dans l’écriture, suffisamment soignée pour soutenir l’ensemble sans chercher à se donner des airs de grande fresque militaire. Les personnages et les événements servent une histoire qui avance avec assurance, sans que l’on ait constamment l’impression de patienter entre deux fusillades.

 

La campagne se regarde presque autant qu’elle se joue. L’expression pourrait sembler péjorative, mais elle désigne ici une qualité essentielle : celle d’un film d’action qui comprend les possibilités du jeu vidéo et les exploite pour nous placer au centre de son spectacle. Les séquences s’enchaînent avec une vraie maîtrise du rythme, et l’on se laisse porter par cette succession de situations dont on veut connaître l’issue. Le scénario ne prétend pas bouleverser le genre, mais il fait son travail avec sérieux. Dans un blockbuster de cette nature, c’est déjà beaucoup. Une histoire bien racontée, une mise en scène inspirée et des missions qui ont chacune quelque chose à proposer valent mieux qu’une ambition narrative affichée sans jamais être tenue.

La durée de vie, elle, ne réserve aucune surprise. Nous sommes dans les standards de la série, et cette campagne ne cherche pas à masquer sa brièveté derrière des objectifs répétitifs ou des espaces inutilement étirés. Je préfère largement cette approche. Une aventure doit savoir s’arrêter quand elle a dit ce qu’elle avait à dire. Modern Warfare 4 conserve son allant jusqu’au bout et laisse davantage le souvenir d’un excellent film d’action que celui d’un jeu dont on aurait fini par attendre le générique avec impatience.

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Tout n’est cependant pas du même niveau. Dès que le jeu s’ouvre davantage et relâche son contrôle sur l’action, la magie opère moins bien. La réalisation perd en impact, les situations deviennent moins trépidantes et l’on mesure soudain ce que les séquences les plus spectaculaires doivent à leur orchestration millimétrée. La liberté supplémentaire offerte au joueur ne se traduit pas systématiquement par une expérience plus intéressante. Au contraire, certains passages gagnent en espace ce qu’ils perdent en intensité. C’est le principal regret que je conserve après avoir terminé la campagne : le jeu est si convaincant lorsqu’il maîtrise son spectacle qu’il paraît presque moins inspiré dès qu’il accepte de moins le diriger.

Cette réserve ne remet pas en cause la réussite de l’ensemble. Elle permet plutôt de comprendre où se trouve le génie de cette formule : dans l’art de fabriquer des moments qui marquent, sans sacrifier la jouabilité à la mise en scène. Modern Warfare 4 ne révolutionne pas Call of Duty. Il fait quelque chose de plus utile : il rappelle ce qui rend la série si efficace lorsqu’elle bénéficie d’une direction claire et de moyens à la hauteur de ses ambitions. Tout n’a pas besoin d’être plus vaste, plus long ou plus complexe. Encore faut-il que ce qui est proposé soit bien conçu, bien raconté et suffisamment spectaculaire pour justifier le voyage.

 

Au terme de la campagne, le verdict est limpide. Modern Warfare 4 est une réussite majeure, portée par une réalisation de haut vol, des missions inventives et une écriture qui prend le temps de soigner son récit. Quelques séquences plus ouvertes manquent de mordant, et la durée de vie reste classique, mais ces limites pèsent peu face à la qualité de l’ensemble. Le jeu sait ce qu’il veut être et ne s’éparpille pas en chemin. Sur une Xbox Series X qui approche du crépuscule, il signe même une démonstration particulièrement réjouissante de ce que cette génération a encore dans le ventre.

Les Modern Warfare restent, à mes yeux, les épisodes qui tirent le meilleur de Call of Duty. Ils comprennent que le plaisir de la série ne tient pas seulement à la précision des tirs ou au nombre d’ennemis à éliminer, mais à cette capacité de transformer une mission en souvenir de joueur. Ce quatrième volet retrouve cette ambition avec une assurance qui faisait cruellement défaut aux productions récentes. Quand la dernière séquence s’achève, on ne regrette pas que l’aventure soit courte : on regrette surtout qu’elle soit déjà terminée. Et c’est sans doute le meilleur compliment que l’on puisse adresser à ce Call of Duty.

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