Resident Evil 2 Remake

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Graphisme8.1
Animation8.1
Gameplay8.4
Bande-Son8.7
Intérêt8
8.3

Revenir arpenter les couloirs du commissariat de Raccoon City ressemble à un rituel bien connu pour quiconque suit la saga de Capcom depuis ses débuts. L’éditeur et développeur japonais avait laissé un goût amer aux joueurs nomades avec une mouture en Cloud gaming sur la première Switch, tributaire d’une connexion internet parfaite et minée par une latence désagréable. Cette fois, Capcom revoit sa copie en profondeur en proposant une véritable installation native, enrichie de surcroît de l’ensemble des suppléments de la Deluxe Edition. Il est temps de retourner à Raccoon City et voir comment se comporte cette version Switch 2.

Commissariat en péril et scénarios qui se mordent la queue

Nous suivons l’arrivée conjointe à Raccoon City du jeune policier débutant Leon S. Kennedy (surnommé la mèche dans le milieu) et de l’étudiante Claire Redfield, tous deux pris au piège d’une cité ravagée par les créations biologiques de la firme Umbrella. Le traitement des personnages gagne en maturité par rapport à la version de 1998, avec des cinématiques bien rythmées qui posent une ambiance pesante dès la station-service.

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Ce qui me fait un peu serrer les dents avec ces remakes, c’est la gestion des scénarios bis manque cruellement de logique croisée. Contrairement au jeu originel de l’époque qui imbriquait admirablement les parcours des deux héros, nous constatons ici que les actions ne s’accordent pas toujours. Débloquer la même porte avec les mêmes clés, résoudre les mêmes énigmes et terrasser les mêmes boss aux mêmes endroits crée une redondance regrettable lors de la seconde partie. L’histoire reste toujours aussi prenante, mais la rejouabilité qui faisait le charme de l’épisode original est sabotée par ces choix de simplicité.

Une survie calculée face à des cadavres coriaces

Côté gameplay, la formule survie frappe en plein dans le mille. La caméra à l’épaule trouve le dosage idéal entre tension claustrophobe et confort de visée. Chaque cartouche se négocie, la gestion de l’inventaire impose de vrais dilemmes devant les malles des safe rooms, et les couteaux à durabilité limitée sauvent la mise in extremis quand un infecté saute à la gorge. Autre coup de maître : la traque imposée par Mr. X. Entendre ses bruits de bottes résonner au plafond suffit à chambouler un itinéraire et transforme le moindre backtracking en montée d’angoisse. Pour respirer un peu, le système de démembrement permet de cibler les jambes et d’esquiver intelligemment sans vider son chargeur.

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Le tableau se heurte pourtant à quelques raideurs agaçantes. Sans touche d’esquive dédiée, les contacts dans les couloirs étroits manquent cruellement de souplesse. Surtout, la résistance totalement aléatoire des zombies vire parfois au n’importe quoi. Enchaîner plusieurs balles en pleine tête sans coucher définitivement sa cible, pour finalement la voir se relever quelques minutes plus tard, bascule vite de la bonne pression à la pure frustration de jeu.

La Switch 2 montre les crocs sans trembler

Sur le plan technique, cette version Switch 2 était attendue au tournant, et voir tourner le RE Engine en local fait un bien fou. En mode docké, le DLSS nettoie efficacement l’image sur grand écran. Les 60 FPS tiennent la route sans broncher dans la quasi-totalité du commissariat. Brume volumétrique, jeux d’ombres dans l’obscurité et reflets sur les sols trempés, le rendu en a clairement dans le ventre pour une machine de ce gabarit. En portable, la qualité visuelle est aussi au rendez-vous.

Inutile d’attendre des miracles face aux mastodontes de salon pour autant. Face aux versions PS5 ou PC, la copie concède logiquement du terrain. Oubliez le ray tracing poussé, les reflets sur les flaques affichent un grain prononcé, certaines ombres manquent de précision et les textures secondaires sont bien compressées pour soulager la mémoire. Évidemment, les 60 fps ne sont pas stables à 100% mais Capcom a fait un super travail. Selon les endroits chargés en effets visuels, on tombe dans les 50 fps, mais le RE Engine reste toujours un super moteur.

Un climat sonore à réveiller les morts

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Côté son, le travail sur l’ambiance fait un sans-faute. La spatialisation audio fait des merveilles au casque, permettant de pister les bruits de pas du Tyrant à travers les cloisons avec une précision chirurgicale. Même constat pour le doublage français, très propre et porté par un casting investi qui évite tout surjeu.

Le vrai régal de cette Deluxe Edition reste l’option pour basculer sur l’OST originale de 1998 et ses bruitages d’époque. Un bonus en or pour les puristes, tant les thèmes cultes d’antan ont plus de coffre que les nappes modernes, souvent trop timides en dehors des gros combats de boss.

Bilan lucide sur une autopsie réussie

Cette édition de Resident Evil 2 sur Switch 2 représente une conversion soignée et techniquement propre pour les joueurs Switch 2. En effaçant définitivement la déception de l’ancienne version dématérialisée cloud, Capcom livre une copie native solide qui tire parti, avec intelligence, des outils de mise à l’échelle de la machine pour garantir une fluidité confortable et un rendu visuel flatteur en mobilité.

Le titre conserve évidemment ses défauts structurels connus, comme la redondance maladroite de ses scénarios bis et la résistance parfois exaspérante de certains adversaires de base. Pour les joueurs ayant déjà écumé le jeu sur d’autres supports, la présence des costumes bonus et de la bande originale rétro ne suffira peut-être pas à motiver un nouvel achat au prix fort. Pour tous les autres, ou pour ceux qui désirent emporter cette référence de l’angoisse partout avec eux sans sacrifier la qualité technique, nous tenons là une proposition très bien calibrée.

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