Gear.Club Unlimited 3

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Graphisme6
Animation5.5
Gameplay5.2
Bande-Son4.5
Intérêt5
5.2

Développé par le studio lyonnais Eden Games et désormais édité par Nacon, Gear.Club Unlimited 3 débarque  avec l’ambition de s’imposer sur le bitume des consoles de salon. Il est temps de voir si la mécanique tient encore la route ou si le moteur tousse déjà au démarrage.

Tokyo Drift au point mort

Pour justifier ce nouveau passage à la caisse et étoffer l’expérience du jeu d’origine, cet opus nous embarque cette fois au pays du Soleil-Levant, en complément des tracés déjà bien connus de la côte méditerranéenne française.

Cette immersion dans la culture automobile nippone se résume à d’interminables boîtes de dialogue textuelles sans le moindre doublage vocal, dignes d’un roman visuel à petit budget. L’écriture est plate, les personnages manquent cruellement de charisme et l’envie de passer les textes en appuyant frénétiquement sur la manette se fait sentir dès la première heure. Là où un Forza Horizon met en scène ses festivals avec une démesure spectaculaire, je me contente ici de naviguer dans des menus austères pour enchaîner les épreuves.

Une conduite qui patine et un contenu sur la réserve

Si je regarde sous le capot, ce Gear.Club Unlimited 3 reprend à la quasi-identique le squelette de Gear.Club Unlimited 2 en y greffant quelques nouveautés, comme s’il s’agissait d’un gros contenu additionnel. L’ajout majeur vendu sur la boîte est le mode Highway (décliné en Highway Rush et Infinite Drive), qui me propose de slalomer à pleine vitesse au milieu d’un trafic dense sur les autoroutes japonaises et françaises, un peu à la manière d’un vieux Tokyo Xtreme Racer ou d’un Need for Speed. Si l’idée d’esquiver les véhicules civils au dernier moment apporte un petit frisson au début, la formule tourne vite en rond à cause d’une répétitivité écrasante et d’un équilibrage douteux.

Sur la piste, le constat est tout aussi mitigé. Le gameplay cherche un compromis entre arcade et simulation, mais finit par s’embourber entre les deux. La sensation de poids est étrange, l’adhérence manque de naturel et je ne ressens jamais la précision d’un Forza Motorsport ou Gran Turismo, ou le plaisir immédiat d’un The Crew Motorfest en attaquant une courbe. Une petite nouveauté sympathique fait néanmoins son apparition sous la forme d’une jauge récompensant la conduite propre et les dépassements sans contact, façon Kudos dans Project Gotham Racing, ce qui permet de récolter davantage de ressources.

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Heureusement, la gestion du quartier général reste le point le plus réussi de la formule. Aménager mes ateliers, recruter du personnel et personnaliser mécaniquement ou esthétiquement mes bolides apportent une boucle de progression prenante, même si le jeu se montre parfois avare en explications pour faire évoluer certaines infrastructures.

En revanche, le contenu global fait grise mine par rapport au jeu d’origine. Le garage plafonne à une quarantaine de voitures sous licence (Porsche, Nissan, Bugatti, Pagani, Honda, Subaru ou Mazda), ce qui est même inférieur au casting complet du deuxième épisode. Pire encore, le titre fait totalement l’impasse sur le multijoueur en ligne, se limitant à un mode écran partagé à deux joueurs en local. Ajoutons à cela une intelligence artificielle catastrophique capable de piler absurdement dans les virages avant de bénéficier d’un rattrapage artificiel abusif en ligne droite, et l’expérience devient vite frustrante.

Un moteur qui tousse sur Xbox Series X

Le jeu affiche bien de la 4K avec prise en charge du HDR et tourne à 60 images par seconde, ce qui garantit une bonne sensation de vitesse lors des pointes sur l’autoroute. Ce confort d’affichage met joliment en valeur la modélisation des quarante véhicules, qui bénéficient d’un soin particulier au niveau des carrosseries, des moteurs et des cockpits.

Malheureusement, cette finesse d’image met surtout en lumière la pauvreté technique héritée des fondations vieillissantes de la série. Dès que mon regard se porte au-delà du capot sur les cinquante tracés proposés entre la France et le Japon, le constat est sans appel : les bords de piste sont figés, la végétation manque cruellement de relief et les éclairages paraissent datés d’une bonne génération. Plus gênant encore, l’animation et la finition souffrent de défauts indignes du support, avec des scintillements d’ombres réguliers, des textures parfois baveuses et des temps de chargement étonnamment longs malgré le SSD ultra-rapide de la Xbox Series X. Le jeu prend aussi en charge la fonction Play Anywhere.

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Casse moteur pour les tympans

Du côté des bruitages mécaniques, le résultat fait le minimum syndical : les rugissements des moteurs et les crissements de pneus sont corrects, sans toutefois procurer le grand frisson métallique des cadors du genre.

Les morceaux électro-rock génériques tournent en boucle et manquent totalement d’identité. J’ai constaté des coupures de son et des grésillements audios récurrents lors des chargements ou en pleine course.

Faut-il passer à la caisse ou rester au stand ?

Gear.Club Unlimited 3 est l’archétype même du jeu de course moyen, coincé entre ses bonnes intentions et un manque évident d’ambition et de finition. Vendu au tarif de 49,99 euros (et même 59,99 euros en édition Deluxe), alors qu’il s’apparente davantage à une extension japonaise de Gear.Club Unlimited 2 qu’à une suite majeure, il peine énormément à justifier son achat.

Face à une concurrence féroce représentée par Forza, GT ou The Crew Motorfest, le titre d’Eden Games ne fait tout simplement pas le poids. Malgré la gestion toujours sympathique de son garage et l’ajout des courses sur autoroute dans le trafic, la pauvreté de son contenu limité à quarante voitures, l’absence incompréhensible de multijoueur en ligne et sa réalisation technique datée l’empêchent de monter sur le podium. Un arrêt au stand à réserver uniquement aux curieux lors d’une très grosse promotion.

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