Spymaster

23
0
Share:

InnerspaceVR, studio français à l’origine de A Fisherman’s Tale et Maskmaker, signe avec Spymaster un changement de registre assumé : on troque les ambiances poétiques contre l’infiltration d’agents secrets. Le jeu est disponible en accès anticipé depuis le 7 mai 2026 sur Meta Quest et PC VR via SteamVR et bien sûr le studio a-t-il les gadgets nécessaires pour réussir cette mission ?

NODE contre Protocore

Dans Spymaster, on incarne des agents de NODE, la dernière organisation d’espionnage indépendante dans un monde entièrement sous la coupe de Protocore. Cette multinationale est pilotée par une intelligence artificielle nommée PROTUS, qui surveille et anticipe chaque mouvement ennemi, dans un univers où les agences gouvernementales ont disparu.

L’histoire joue avec les codes du cinéma d’espionnage classique, Mission Impossible pour les cascades millimétrées, Ocean’s Eleven pour l’organisation des plans. Mais malgré cela, on reste sur un côté assez simpliste et cliché des films d’espionnage, mais ce n’est pas désagréable.

C.A.S.S.E.T.T.E. : l’arme secrète du gameplay

Le principe Spymaster repose sur la coopération solo. On joue seul, mais on coordonne plusieurs agents au sein d’une même mission grâce au C.A.S.S.E.T.T.E., un appareil porté au poignet capable de rembobiner le temps. On prend le contrôle d’un premier agent, on prépare le terrain, puis on remonte le temps pour incarner un second agent qui complète ce que le premier a initié.

Pour mieux expliquer, dans une mission, on fait grimper un 1er agent le long des façades pour déposer un flacon empoisonné sur un comptoir, puis on remonte le temps pour incarner le 2ème agent, déguisé en serveur, qui vole un badge, empoisonne la boisson cible et saute dans un hélicoptère pendant que le 1er agent franchit des volets abaissés plus tôt.

LIRE AUSSI :  Here Comes The Swarm

Ce que je trouve vraiment dommage, c’est que les missions proposent le plus souvent une solution unique et scriptée. Une fois la séquence correcte trouvée, l’intérêt de recommencer différemment reste limité. Les objectifs facultatifs apportent une rejouabilité modeste et il y a quelques missions défis en parallèle pour rajouter du contenu.

Du côté du confort en réalité virtuelle, le titre intègre des assistances de déplacement, accroupissement automatique et aide aux sauts sur rampes. Concernant la cinétose, les déplacements libres couplés aux phases de course et d’escalade peuvent poser problème aux joueurs sensibles, et je recommande d’activer les options de confort pour les novices en VR.

Polygones et personnages découpés

Spymaster adopte un style coloré et stylisé, avec des personnages dont les modèles 3D intègrent des éléments de découpe polygonale, à mi-chemin entre bande dessinée et jeu d’espionnage cartoon.

Les environnements sont lisibles et construits pour la réalité virtuelle, avec des repères visuels clairs qui facilitent la compréhension spatiale des missions. En revanche, le jeu étant en accès anticipé, souffre de problèmes de collision présents un peu partout, d’objets qui se coincent dans les décors, et de bugs sur certaines interactions.

La bande-son en mode couverture

Spymaster joue la carte de l’espionnage classique, avec des musiques adaptées au rythme des missions et des effets sonores qui servent l’anticipation. Les bruitages remplissent un rôle fonctionnel précis : ils informent le joueur des réactions ennemies et des dangers à venir, ce qui, dans un jeu centré sur l’anticipation, joue un rôle important.

Les dialogues sont doublés avec une direction cohérente avec le ton du jeu, entre professionnalisme et humour mesuré.

LIRE AUSSI :  Voice of Belldona

Mission à moitié accomplie

Spymaster propose une expérience VR solide. InnerspaceVR confirme sa capacité à concevoir des mécaniques originales adaptées à la réalité virtuelle en proposant un jeu intéressant avec sa mécanique de solo coopératif, un humour bien dosé et un gameplay propre.

Ce jeu en accès anticipé montre néanmoins ses limites clairement. Les bugs de physique, les objets bloqués et les solutions trop linéaires laissent le jeu en dessous de son potentiel. Le contenu disponible reste limité et le jeu n’a pas encore de conclusion à ce stade.

Spymaster est un titre à suivre, dont l’état actuel convient surtout aux joueurs prêts à accompagner son développement. Ceux qui préfèrent une expérience aboutie feront mieux d’attendre la version finale.

Share:

Leave a reply

Lire Aussi