EA Sports FC 27

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Graphisme8
Animation8.2
Gameplay8.2
Bande-Son7.5
Intérêt8
8

La rentrée sportive reprend ses droits et la simulation de foot développée par EA Canada et EA Roumanie débarque sur nos consoles avec le logo Electronic Arts sur la jaquette. Pour cette édition baptisée avec TRÈS grande surprise (tousse), EA Sports FC 27, l’éditeur américain continue sa route en solo après avoir laissé tomber l’ancienne licence officielle il y a quelques saisons. Le studio garde les commandes d’une formule bien rodée qui tente chaque année de concilier spectacle grand public et rigueur tactique.

Le jeu arrive sur un terrain où la concurrence ne bouscule pas grand monde. En face, eFootball reste cantonné à son modèle gratuit au rythme plus lourd mais au contenu famélique, tandis que les autres projets indépendants peinent encore à sortir du vestiaire. EA profite de cette voie royale pour dérouler son offre habituelle sans tout casser. L’an passé, FC 26 avait posé les premières briques du système tactique FC IQ, avec de bonnes idées de placement mais aussi pas mal de dérives sur la vitesse pure et le pressing tout terrain. On chausse les crampons pour voir ce que cette nouvelle cuvée a vraiment dans le ventre par rapport à l’an dernier.

Hors jeu scénaristique ou passe décisive pour l’immersion

Electronic Arts a tiré un trait définitif sur les modes narratifs scénarisés comme l’époque du périple d’Alex Hunter. Dans FC 27, l’immersion passe uniquement par le mode Carrière de joueur et le hub urbain The Grounds.

Dans la Carrière individuelle, les développeurs ont voulu casser la routine monotone de FC 26. L’épisode précédent se contentait d’objectifs basiques et de fausses conférences de presse sans intérêt. Cette année, le studio intègre un système de rivalités dynamiques. Selon nos prestations, le jeu identifie un adversaire direct qui joue au même poste dans notre championnat ou dans un club rival. Avant un gros choc ou un derby, des défis précis tombent pour nous pousser à faire de meilleures stats que lui sur la pelouse. Ces duels sont mis en scène à travers des faux réseaux sociaux et des interviews d’avant-match.

Le problème vient de l’écriture globale qui reste très sommaire. Exactement comme dans FC 26, les questions des journalistes se répètent au bout de quatre matches et les choix de réponses se limitent à faire le modeste ou le prétentieux pour remplir des jauges d’affinité avec le coach. Cela ne change rien en profondeur à notre parcours en club. Du côté de The Grounds, qui regroupe le foot de rue et les mini jeux en ligne, on croise quelques figures censées jouer le rôle de mentors, mais l’ensemble sert juste de décor pour débloquer des vêtements virtuels.

Ballon au pied entre vraie simulation et vieux réflexes arcade

Sur le terrain, le gameplay de FC 27 poursuit les réglages tactiques du moteur FC IQ en essayant de gommer plusieurs abus qui polluaient les matches sur FC 26. La première vraie différence avec FC 26 saute aux yeux dès les premières transmissions. L’année dernière, le jeu ressemblait souvent à un flipper géant avec des passes laser automatiques et un ballon qui glissait sur la pelouse sans la moindre résistance. Sur FC 27, la physique de balle est plus lourde et l’herbe freine enfin le cuir. Si on tente une passe courte sans être bien orienté ou si on appuie trop peu sur le bouton, le ballon traîne en route et se fait intercepter.

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Autre ajout bienvenu par rapport à FC 26, les courses courbées manuelles. Dans le 26, les appels de balle en profondeur étaient désespérément rectilignes, ce qui envoyait nos attaquants droits dans le mur des défenseurs centraux ou en position de hors-jeu. Désormais, en orientant le stick droit tout en demandant l’appel, on peut ordonner à un ailier de contourner la défense pour piquer dans l’espace libre. La manipulation demande un coup de main au départ, mais elle permet enfin de déverrouiller un bloc bas adverse sans compter uniquement sur un contre favorable.

Les phases arrêtées profitent aussi d’un bon nettoyage. Le corner rentrant brossé au premier poteau était devenu un véritable glitch que tout le monde exploitait en ligne pour marquer à coup sûr. FC 27 revoit totalement la jauge et la sensibilité des trajectoires sur coup de pied de coin. Marquer directement ou trouver la tête d’un géant au premier poteau demande maintenant un timing serré.

Le rééquilibrage touche également les PlayStyles. Dans FC 26, les styles en version or rendaient certains attaquants totalement intouchables avec des accélérations foudroyantes et des enroulés automatiques de trente mètres. Dans FC 27, l’impact de ces capacités a été revu à la baisse au profit des vraies statistiques de base des cartes. Un défenseur rapide et solide au duel reste performant pour bloquer un ailier même s’il ne possède pas le style défensif doré.

Malgré ces bons points, les vieux démons de la série sont toujours là. La défense manuelle reste punitive face à des attaquants souvent favorisés sur les transitions rapides. L’intelligence artificielle de nos coéquipiers montre encore des failles agaçantes, notamment des latéraux qui montent sans ordre préalable et laissent un boulevard dans leur dos. On peste aussi contre les collisions bizarres où un tacle propre renvoie le ballon par ricochet dans les pieds de l’attaquant qui file au but.

Face à la concurrence, eFootball garde une inertie de corps plus naturelle sur les changements d’appuis, mais FC 27 conserve une vivacité manette en main qui séduira les amateurs de jeu rapide. Enfin, les gardiens alternent toujours le bon et le très médiocre, capables de sortir une claquette réflexe sous la barre avant d’encaisser une frappe au sol anodine au premier poteau.

Dans Football Ultimate Team, on retrouve le plaisir classique de monter son onze de rêve et d’essayer la Galerie FUT. Les modes solo contre l’intelligence artificielle permettent de farmer ses crédits peinard sans se taper les joueurs toxiques en ligne, mais le jeu pousse toujours autant à claquer de l’argent dans les packs pour tenir la méta au fil des saisons.

La lucarne visuelle passée au crible sur Xbox

Le moteur Frostbite fait le travail sur l’écosystème Xbox de génération actuelle, même si le moteur commence à montrer des signes d’âge sur certains aspects. Sur Xbox Series X, le titre tourne en 4K dynamique avec un 60ips parfaitement calé pendant les phases de jeu directes.

En comparant avec FC 26, les progrès se remarquent surtout sur les détails de surface. Les visages des grandes stars affichent un grain de peau plus fin, des cheveux moins rigides et des effets de sueur bien rendus au fil de la rencontre. L’état du terrain réagit aussi mieux aux tacles glissés qu’auparavant, avec des mottes de terre et des traces de crampons qui restent visibles jusqu’au coup de sifflet final, au lieu de disparaître comme par magie.

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Le constat devient beaucoup moins reluisant dès que l’on quitte les équipes de premier plan. Le contraste entre les stars de Premier League et les effectifs des championnats secondaires fait mal aux yeux. En Ligue 1 ou dans les clubs de milieu de tableau, de nombreux joueurs et entraîneurs héritent de visages génériques complètement ratés qui dénotent fortement lors des gros plans.

Autre défaut hérité de FC 26, le blocage des cinématiques, ralentis et célébrations à trente images par seconde. Passer d’une action fluide à soixante images par seconde à une célébration saccadée à trente images par seconde reste toujours aussi désagréable pour l’œil.

L’ambiance des tribunes donne de la voix au micro

L’équipe son d’EA prouve une fois de plus sa maîtrise des ambiances de stade. La foule réagit au quart de tour selon la physionomie de la rencontre. Un tacle défensif in extremis dans les arrêts de jeu fait rugir le public, tandis qu’une longue phase de passe à dix dans notre camp déclenche des broncas réalistes dans les travées.

Par rapport à FC 26, la spatialisation des supporters gagne en précision. Les chants et les percussions se déplacent bien d’une tribune à l’autre selon la position de notre caméra. Le claquement sourd du ballon sur les poteaux, les bruits de frappes lourdes et les consignes criées par les joueurs sur le gazon renforcent la sensation d’être au cœur du match.

La grosse déception vient des commentaires français. Benjamin Da Silva et Omar da Fonseca rempilent au micro avec leur fougue habituelle. Si leur duo apporte de l’énergie durant les premières sessions, la formule devient très vite indigeste. EA a recyclé la quasi totalité des lignes de dialogue de FC 26 en rajoutant simplement quelques répliques sur les transferts récents et les rivalités de Carrière. On entend les mêmes vannes et les mêmes envolées lyriques en boucle, souvent déclenchées avec un temps de retard sur une action banale. Personnellement j’ai désactivé les commentaires tellement ça devenait lourd.

Coup de sifflet final et verdict du match

Au moment de faire les comptes, EA Sports FC 27 ressemble à ce que la franchise propose depuis plusieurs saisons : une mise à jour efficace mais prudente qui ajuste des points précis sans révolutionner sa base. La comparaison avec FC 26 tourne clairement à l’avantage de cette nouvelle édition sur le terrain. Le ballon plus lourd et le rythme de jeu ralenti obligent à poser le jeu au milieu, les courses courbées manuelles offrent une vraie solution contre les blocs bas, la faille des corners a été corrigée et le nerf des PlayStyles redonne de la valeur aux vraies qualités des joueurs

Néanmoins, les défauts récurrents empêchent le titre de franchir un cap décisif. Les contres favorables continuent d’agacer sur les tacles défensifs, l’intelligence artificielle commet encore des erreurs de placement étranges, la modélisation des visages reste honteusement inégale pour les joueurs moins connus, les commentaires français tournent en boucle et le modèle économique d’Ultimate Team garde son côté pousse au crime financier.

Après, tout dépend de chaque profil, si on ne jure que par la licence d’EA à chaque rentrée, on appréciera les évolutions, sinon tout dépendra de ce qu’on recherche manette en main.

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