Octopath Traveler

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Graphisme8.3
Animation8.2
Gameplay8.2
Bande-Son9
Intérêt7
8.1
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Développé par Acquire sous la houlette de Square Enix et de la Team Asano, Octopath Traveler avait inauguré le style visuel HD 2D lors de sa sortie en juillet 2018 sur Nintendo Switch.

Huit ans plus tard, l’éditeur réédite cette aventure fondatrice sur Nintendo Switch 2, avec un lancement calé au premier octobre 2026. Posons dès maintenant les yeux sur cette version pour déterminer si la traversée d’Orsterra mérite un second voyage.

Huit destins et chacun sa route

L’intrigue prend place sur le continent d’Orsterra, une terre médiévale où se croisent huit protagonistes aux ambitions distinctes, formant l’acronyme Octopath. On suit tour à tour Olbric le chevalier déchu, Cyrus l’érudit curieux, Tressa la jeune marchande, Ophilia la prêtresse en pèlerinage, Primrose la danseuse en quête de vengeance, Alfyn l’apothicaire généreux, Therion le cambrioleur solitaire et H’aanit la chasseresse. Cette structure rappelle les récits choraux de Live A Live ou de Romancing SaGa, en laissant le joueur totalement libre de son point de départ et de l’ordre de ses voyages.

L’écueil narratif majeur réside dans le cloisonnement hermétique entre ces huit personnages. Ils cheminent ensemble sans qu’aucun événement concret ne vienne justifier leur alliance. Les quêtes se vivent comme si le héros agissait seul, reléguant les échanges à de courtes discussions textuelles sans impact sur l’aventure. Si le donjon secret de la Porte du Finis tisse plus tard des liens entre ces destinées, cette révélation intervient bien après la fin des trames individuelles, laissant durant des dizaines d’heures l’impression de diriger huit solitudes juxtaposées.

Casser la routine au tour par tour

Côté combats, le titre s’appuie sur une formule au tour par tour dont l’efficacité repose sur la faille et l’exaltation. Chaque ennemi possède un bouclier chiffré et des faiblesses physiques ou élémentaires dissimulées. En frappant ces vulnérabilités, le joueur réduit ce compteur jusqu’à provoquer une rupture défensive. L’adversaire perd son tour et subit des dégâts accrus. En parallèle, chaque héros accumule des points d’exaltation à chaque rotation, une idée tactique qui rappelle le système de réserve de Bravely Default. Cette ressource permet de multiplier les coups simples ou de décupler la force d’un sortilège au moment opportun.

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La personnalisation tactique s’avère riche grâce aux classes secondaires cachées dans des sanctuaires et à quatre disciplines secrètes avancées, autorisant de nombreuses synergies d’aptitudes passives. Les actions de terrain enrichissent également les visites en ville, divisées entre approches nobles et déloyales. On peut scruter ou questionner les habitants pour obtenir des indices, marchander ou voler des objets, guider ou séduire des citoyens pour les appeler en combat, et provoquer ou défier des gardes pour ouvrir des accès verrouillés.

Malgré la tension réjouissante des combats de boss, la progression accuse une répétitivité marquée. Chaque chapitre reproduit la même routine, à savoir l’arrivée en ville, quelques dialogues, l’usage de l’action de terrain, un donjon linéaire et l’affrontement du boss local. De plus, l’absence de partage d’expérience avec les réservistes laissés à la taverne force à de longues séances d’entraînement pour équilibrer l’équipe, ce qui alourdit le rythme sur la durée.

Le HD 2D passe la seconde… mais à quel prix !

Lors de sa sortie en 2018 sur la première Switch, le titre avait surpris par son alliance entre pixel art traditionnel et décors en trois dimensions sous Unreal Engine 4. Le jeu tournait à 30 images par seconde avec de régulières baisses de fluidité lors des sorts chargés en effets visuels. La définition dynamique oscillait entre 720p en nomade et 1080p sur téléviseur, mais l’affichage souffrait d’un anticrénelage prononcé et d’un filtre de flou de profondeur qui masquaient la finesse des décors éloignés.

Sur Nintendo Switch 2, le jeu tourne désormais à 60 images par seconde, aussi bien en configuration nomade que sur dock. La définition franchit un cap avec un 1080p natif très propre sur l’écran de la console. Le voile flou d’origine disparaît au profit de décors de fond bien plus nets, de reflets aquatiques précis et d’éclairages mieux définis. Les temps de chargement entre les zones et au chargement des sauvegardes sont également raccourcis.

Cette mise à niveau conserve toutefois quelques bémols. Sur téléviseur, de légères saccades peuvent encore survenir au lancement dans des villes chargées, alors que le mode portable demeure plus régulier. Il s’agit en outre d’une simple rehausse technique brute, sans refonte des modèles géométriques ni retouche des menus. Enfin, l’impossibilité de transférer sa sauvegarde depuis la Switch originale déçoit, empêchant de reprendre son périple dans ces conditions visuelles améliorées sans devoir tout recommencer, et aussi pas de mise à niveau de la version switch 1, il faudra repasser à la caisse…..Plein tarif.

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Une partition sans fausse note

Le volet sonore, confié à Yasunori Nishiki, constitue l’un des piliers les plus solides du titre. La bande originale mobilise cordes expressives, flûtes et cuivres pour façonner une identité musicale distincte à chaque province d’Orsterra, des plaines rocailleuses aux étendues enneigées. Les transitions dynamiques méritent d’être saluées, le thème d’exploration se fondant sans rupture de mesure vers la musique de combat dès qu’un affrontement démarre, conférant une belle intensité dramatique aux luttes contre les boss.

Les doublages vocaux sont disponibles en anglais et en japonais, je vous rassure les textes en français.

Le verdict au bout du voyage

Cette édition d’Octopath Traveler sur Nintendo Switch 2 remplit son contrat technique en offrant le confort visuel qui manquait à l’édition de 2018. Le passage à 60 images par seconde, la netteté de l’affichage portable et la réduction des temps de chargement renforcent le plaisir d’un système de combat au tour par tour toujours aussi solide dans ses mécaniques de faille et d’exaltation.

Néanmoins, le titre garde ses défauts structurels d’origine, à commencer par une narration morcelée qui n’unit jamais véritablement ses huit voyageurs et une boucle de quêtes répétitive, des aspects que sa suite directe a su perfectionner. Les choix commerciaux de Square Enix, entre plein tarif, absence de mise à niveau pour les possesseurs du jeu original, Game Key Card en boîte et sauvegardes incompatibles, appellent à la modération. Cette version s’avère très agréable pour qui découvre Orsterra pour la première fois, mais elle ne justifie pas un nouvel achat pour ceux qui ont déjà terminé l’aventure sur la première Switch.

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