Immortals Fenyx Rising

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Graphimes7.5
Animation8.6
Jouabilité9.2
Bande son9
Intérêt9
8.7

Immortals Fenyx Rising sera peut-être cette année le jeu de tous les dangers, le jeu de tous les railleries. Il faut dire que le jeu a pas mal tendu le bâton pour se faire battre. Présenté rapidement à la fin de la conférence de l’E3 2019, le jeu a su se faire discret malgré une entrée en matière tonitruante. Pour ma part, j’ai directement adoré le character design du jeu plein de promesses. Le jeu s’appelait encore Gods & Monster. Ce n’est pas la première fois qu’Ubisoft renomme un jeu. Ils ont d’ailleurs déjà changé la direction artistique de manière bien plus boulversante que cela : Killer Freaks From Outter Space n’est-il pas devenu Zombi U? Ca n’avait en fait plus grand chose avoir. Ici, on peut encore retrouver un lien de parenté même si le character design a perdu toute sa splendeur pour devenir un simple ersatz de Fortnite.

Outre ce choix très discutable, le jeu a très vite été comparé à Zelda Breath Of The Wild et les développeurs ne s’en sont absolument pas défendus. Résultat des courses, c’est un Zelda (assumé) signé Ubisoft. On retrouve donc des éléments du jeu de Nintendo à des systèmes de jeu chers à Ubisoft. Par exemple, vous devrez escalader des grandes statues de dieu grec afin de dévoiler les alentours sur votre carte. Ce point de vue élevé n’est pas sans rappeler Assassin’s Creed, Far Cry…

 

Vous pouvez imaginer dès lors le risque encouru de plagier Zelda Breath Of The Wild, le meilleur jeu de ces 10 dernières année. Il ne va pas falloir se rater pour le coup sous peine de passer pour un groupe de gitans surexcités qui mangent la cervelle de vos morts.

Et pour être complètement honnête avec vous, l’introduction du jeu ne m’a vraiment pas rassuré. D’habitude les éditeurs tentent d’envoyer la sauce directement en écartant les préliminaires, histoire de nous en mettre plein la vue pour nous convaincre d’acheter le jeu si jamais on l’essaie en magasin. Eh bien, rien de tout cela n’arrive et on se dit même que cela n’arrrivera jamais puisque le jeu a certainement du être nivelé par le bas pour tourner sur toutes les consoles du moment y compris la Switch.

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Et puis, le miracle se produit. Il faut juste passer le prologue et on se retrouve projeté dans un jeu absolument somptueux en terme d’effets de lumière mais qui, en plus de n’avoir pas oublé d’être beau (sauf en terme de character design, désolé…) propose des mécaniques de jeu intelligentes, parfois un peu maladroites, mais dans l »ensemble vraiment bien amenées. Il y a plein d’idées de gameplay comme dans Zelda, on escalade les montagnes en consommant une jauge, comme dans Zelda. Oui, le jeu pompe un max de Zelda, c’en est presque honteux. Mais il faut bien en arriver à la conclusion qu’une copie bien faite d’un jeu excellent donne de très bons résultats. Aussi, je trouve qu’il est plus élégant de parler d’hommage que de plagiat. Les développeurs ont été respectueux de l’oeuvre de Nintendo. On peut leur rendre la pareille.

Immortals Fenyx Rising n’est en effet pas un jeu aussi léger que cela. Il cachait bien son jeu, le bougre. Il arrive en fait plus on ne l’y attend pas. Ubisoft a en effet largement insisté sur les dialogues et l’écriture qui, pour ma part, ratent carrément le coche. En fait, on s’en fou un peu. Tout est raconté sur un ton léger et humoristique mais rien n’est vraiment passionnant au final.  En revanche, les combats qui renvoient les ennemis dans les airs, les phases de réflexion, le game design en général arrivent à apporter tout la fraicheur nécessaire à un titre qui avait réellement besoin de m’étonner et qui l’a finalement fait même si les méthodes utilisées sont classiques. C’est le mix de tout qui est si bon car le jeu va puiser des tonnes d’idées un peu partout et si possible les meilleures idées.

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Idéal pour jouer en famille, Immortals Fenyx Rising occupe au final une case délaissée par les autres éditeurs en cette fin d’année. C’est l’occasion pour nous plonger une fois de plus dans la mythologie grecque mais de manière très détachée et surtout pas dramatique.

D’un point de vue purement technique, le titre bénéficie d’une magnifique palette de couleur, d’effets lumineux splendides. Les musiques sont divines (haha) et en terme de contenu, Immortals Fenyx Rising est généreux et bien ficelé. Le joueur est sans cesse relancé dans son épopée. Il y a des puzzles, du tir à l’arc dont les flèches peuvent être guidées, des mélodies à interpréter à la harpe (merci l’Ocarina), des combats contre des sbires ou, plus costauds, des spectres qu’il faudra tour à tour éliminer tout en venant en aide aux dieux des différentes régions à explorer. C’est seulement une fois que vous aurez accomplis tout cela que vous pourrez anéantir Ganando… Euh, Typhon, qui se réfugie au centre de la carte.

Avec ce jeu, les développeurs ont choisi une écriture guillerette avec un humour papy discutable qui ne m’a pas vraiment fait esquisser le moindre sourire. Cette légèreté devient parfois pesante, surtout quand la narration reprend après nous avoir fichu la paix pendant un long moment. Néanmoins, j’ai passé un excellent moment de jeu car l’ensemble est bien propre, bien soigné mis à part certaines longueurs dans les déplacements. Le monde aurait pu être plus petit et plus dense que cela n’aurait pas été bien gênant. Vous remarquerez que l’on peut faire le même reproche à Zelda Breath Of The Wild. Quand je vous dis que le jeu est respectueux trait pour trait : ils ont même récupéré les défauts!

 

 

 

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