Resident Evil 4 Gold Edition

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Graphisme8.6
Animation8.4
Gameplay8.7
Bande-Son8.9
Intérêt8.7
8.7

Développé et édité par Capcom, Resident Evil 4 Gold Edition débarque enfin en version native sur Nintendo Switch 2. Vingt et un ans après avoir révolutionné le jeu d’action à la troisième personne sur GameCube, le chef-d’œuvre de la firme d’Osaka revient sur une console Nintendo par la grande porte, loin des compromis frustrants des anciennes versions Cloud.

Cette mouture ultime regroupe le remake encensé, l’indispensable extension scénaristique Separate Ways (Une autre voie), le mode Mercenaires ainsi que le pack de contenus DLC Extra. L’heure est venue pour moi de vérifier si ce monument de l’horreur survit au passage sur la nouvelle hybride de Nintendo sans y laisser de plumes.

Las Plagas et les ombres : Ada mène la danse

Si tout le monde connaît déjà le périple de Léon S. Kennedy (la mèche !!) Parti secourir Ashley Graham, la fille du président américain, au fin fond d’une Espagne rurale sous l’emprise de la secte des Los Iluminados, cette Gold Edition tire toute sa saveur de l’intégration directe de l’extension Separate Ways.

Loin d’être un simple contenu anecdotique, ce chapitre additionnel nous place dans la peau de l’insaisissable Ada Wong, envoyée sur place par Albert Wesker pour récupérer un précieux échantillon d’Ambre. Là où le jeu d’origine de 2005 proposait une campagne bonus assez expéditive, ce remake réécrit et étoffe considérablement le scénario d’Ada.

On y découvre les coulisses directes de l’aventure de Leon : pourquoi la cloche du village a-t-elle sonné au début du jeu ? Que faisait Luis Sera avant sa capture ? L’écriture, plus mature et sombre que dans le titre original, comble brillamment les zones d’ombre du récit principal et offre même des séquences cultes qui avaient été coupées de la campagne de Leon.

Une jouabilité qui tranche dans le vif

Côté prise en main, la révolution opérée par ce remake face au jeu de 2005 reste une leçon de game design, à commencer par la possibilité de se déplacer tout en visant et l’introduction de la parade au couteau. Dévier un coup de fourche, bloquer la charge d’un Dr. Salvador et sa tronçonneuse, ou enchaîner avec un coup de pied retourné procure une tension et une satisfaction immédiates qui surpassent même l’approche plus rigide d’un Resident Evil 2 Remake ou la lourdeur volontaire de Dead Space Remake.

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C’est toutefois dans l’extension Separate Ways que le gameplay franchit un cap supplémentaire. Grâce à son fusil-grappin, Ada se montre nettement plus agile et nerveuse que Leon. Elle peut se propulser instantanément sur les toits ou d’une plateforme à l’autre pour contourner une horde de Ganados trop pressante. Le grappin permet d’arracher les boucliers des ennemis à distance ou de fondre directement sur un adversaire étourdi pour lui asséner une attaque de mêlée dévastatrice.

Sur Nintendo Switch 2, l’apport majeur réside dans la visée gyroscopique. Là où la gestion des sticks en mode portable peut parfois manquer de précision dans la panique, l’ajustement au gyroscope offre une réactivité redoutable pour aligner les têtes ou briser les médaillons bleus du Marchand. Dommage en revanche que Capcom n’ait pas intégré la prise en charge du mode souris des nouveaux Joy-Con, qui aurait été redoutable dans le frénétique mode Mercenaires et un ajout supplémentaire de gameplay.

Le RE Engine sous le capot : Le miracle a-t-il lieu ?

Bon, passons au moment le plus intéressant, comment la Switch 2 supporte ce jeu. Face aux versions PC, PS5 et Xbox Series X qui affichent une 4K immaculée, du Ray Tracing et une densité de détails maximale, la console de Nintendo doit logiquement faire des compromis. Pour autant, le RE Engine prouve une nouvelle fois son incroyable flexibilité.

0 Bien que la résolution interne oscille entre du 540p en mode docké et du 360p en mode portable pour soulager la puce graphique, la technologie d’upscaling par intelligence artificielle de Nvidia fait un travail de reconstruction remarquable pour lisser l’image et gommer l’aliasing, offrant un rendu plus propre en mouvement que le TAA baveux de la PS4 (qui tournait elle-même en 900p instables).

Les concessions restent néanmoins visibles sur les versions de salon : les reflets à la surface de l’eau (SSR) ont été désactivés, la densité de la végétation dans le village est réduite, et la chevelure de Leon ou d’Ada souffre d’un aspect granuleux typique d’une reconstruction agressive par rapport aux technologies Hair Strands des machines plus puissantes.

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Comme pour RE3, j’ai également noté une baisse du taux d’animation des ennemis situés très loin à l’arrière-plan ainsi que quelques apparitions tardives de textures sur les rochers. La fluidité cible les 60 images par seconde, mais j’ai constaté des chutes oscillantes entre 40 et 50 FPS lors des grosses mêlées ou des effets météo intenses, là où les machines fixes verrouillent leurs 60 images par seconde.

En revanche, en mode portable, sur l’écran de la console, ces petits défauts s’estompent grandement : la finesse perçue et la fluidité globale procurent un confort de jeu nettement supérieur à ce que proposaient les premiers portages gourmands de la machine comme Resident Evil Village.

Une ambiance sonore qui donne le frisson

Si la partie graphique doit concéder du terrain face aux consoles de salon surpuissantes, la bande-son, elle, ne souffre d’aucun compromis. Le travail sur le design sonore reste magistral, des râles étouffés des ennemis dans les couloirs métalliques du laboratoire jusqu’aux incantations glaçantes des moines du château, la spatialisation fonctionne à merveille, particulièrement au casque en mode nomade.

Les compositions orchestrales accompagnent parfaitement la montée d’adrénaline lors des assauts, et le doublage français (tout comme les voix originales) conserve toute sa justesse. Petit bonus très appréciable inclus dans le Pack DLC Extra de cette Gold Edition : la possibilité de basculer à tout moment vers la bande-son et les bruitages d’origine de 2005.

Le verdict du Marchand

Proposé au tarif très bien placé de 49,99 € avec l’intégralité de ses contenus additionnels, Resident Evil 4 Gold Edition sur Nintendo Switch 2 réussit son pari haut la main. Bien sûr, si vous possédez déjà un PC haut de gamme, une PS5 ou une Xbox Series X, ces supports restent intouchables pour profiter d’une clarté visuelle absolue et d’un 60 FPS imperturbable en 4K.

Mais pouvoir emporter l’un des meilleurs action-survival horror de l’histoire dans son sac, en version native, fluide et enrichie de l’excellente campagne d’Ada Wong, relève du tour de force technique.

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