Balan Wonderworld

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Graphismes9.9
Animation9.9
Jouabilité9.9
Bande Son9.9
Intérêt9.9
Un level design parfait, une création dynamique, de la volupté dans les décors, des effets spéciaux tout en finesse, un titre incroyablement stylisé avec des influences signées Nights (et même Christmas Nights), Sonic,, Billy Hatcher, Phantasy Star Online, une ambiance musicale hors-pair, un gameplay sans cesse renouvelé avec des idées à la pelle et surtout une horizontalité incroyable : je crois bien qu'on le tient notre GOTY. Balan Wonderworld, en tant que titre majeur de ces dix dernières années, en tant que jeu de plate-forme unique, est tout simplement incontournable parce que des jeux comme cela, on en croise très peu dans toute une vie.
9.9

Le danger, avec les jeux que l’on attend avec impatience, c’est que l’on place nos espérances très hauts. La démo a beaucoup aidé dans ce sens et quand le moment fatidique de la sortie du jeu arrive, on ne peut qu’être fébrile à l’idée que le risque d’être déçu peut survenir sans crier gare. Mais c’est vraiment sans compter le génie créatif de Yuji Naka et Naoto Oshima parce qu’en vérité, je vous le dis, ce jeu c’est de la bombe de balle et avant toute chose, une leçon de level design. Le jeu est on ne peut plus accessible, on ne peut plus simple, mais si vous jouez simplement, vous ne progresserez pas dans l’aventure car il ne s’agit pas ici d’aller d’un point A vers un point B mais de fouiller méthodiquement chaque monde en bougeant la caméra un peu à la manière d’un Captain Toad grandeur nature afin d’espérer récolter les statues de Balan qui vous permettent de débloquer les stages supplémentaires. Tout se fait à la sueur du front, à l’ancienne, et qu’est-ce que c’est bon. J’avais déjà largement siphonné la démo mais le jeu est une magnifique pépite de complexité. Dans les décors, tout sert à quelque chose. On peut grimper partout sauf si c’est trop haut mais il n’y a pas de murs transparents. Rien n’est laissé au hasard. Chaque monde est un ensemble de zones secrètes, de raccourcis, c’est plus ou moins alambiqué, on peut tourner en rond et passer plein de fis devant des choses que l’on avait pas remarqué. La découverte est continue, l’émerveillement est sans fin tant chaque stage propose des composantes graphiques et de gameplay si différentes. Il n’y a qu’un point commun, les costumes que vous enfilez et que vous pouvez exploiter pour accéder à de nouveaux endroits dans les stages que vous aurez plaisir à visiter encore et encore. Il y a plein de méthodes pour arriver à vos fin, à vous de choisir laquelle.

Les statues de Balan sont réparties dans les mondes et il va falloir les récupérer en trouvant leur cachette. Parfois elles sont montrées et elles vous narguent parce que vous ne savez pas encore comment les attraper. On parcours certains stages en ne voyant aucune statue alors qu’on sait bien qu’elles sont là. Les chapeaux de Balan vous invitent à des QTE nommés combats de Balan. Là aussi, il y a une statue dorée à la clé. Et les boss? Ils sont vraiment simples à batte mais si vous les battez simplement, vous n’aurez pas toutes les statures. C’est un peu comme dans Metropolis Street Racer ou The Club où il fallait conduire ou se battre avec syle. Ici, il va falloir plate-former avec style.

D’un point de vue technique, l’enchantement est continu avec des phases absolument magiques, féériques, dignes de ce que l’on pouvait espérer des créateurs de Nights. Les clins d’oeil sont absolument légion, il suffit de relancer Nights pour s’en convaincre, des postures de Balan jusqu’à ses grimaces, des ciels étoiles, du choix des couleurs mais Balan Wonderworld bénéficie aussi de l’influence de Sonic, de Billy Hatcher mais aussi de Phantasy Star Online, en particulier au niveau des thèmes musicaux qui s’inspirent des carillons et mélodies enchantées de Nights Into Dreams. Le clin d’oeil est ici plus que volontaire.

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Ce qui est génial dans Balan Wonderworld c’est qu’à chaque fois que l’on se dit : ce serait tellement énorme si on pouvait faire cela, si ils avaient pensé à cela, si on nous laissait faire telle ou telle chose, eh bien, on peut le faire, c’est prévu, ils y ont pensé, relevant encore le degré de magie d’un cran supplémentaire quitte à abandonner le joueur dans un sentiment de plénitude intense. Mais c’est pas vrai, répète-t-on sans répit. Même ça, ils l’ont fait. Merci.

Balan Wonderworld est une jeu onirique, il plaira avant tous aux joueurs touchés par l’émotion que peut dégager un jeu, des joueurs ayant un vrai background, une histoire, une expérience riche du monde des jeux vidéo. Les autres trouveront certainement Balan Wonderword vide, sans fondement et passeront sans doute complètement à côté d’un des jeux les plus majeurs qui soit sorti dans ces 10 dernières années. C’est le jeu de plate-forme qu’on attendait, avec toute la diversité et la fraîcheur qu’il peut proposer. Balan Wonderworld n’est pas juste excellent, c’est un trait de génie magique. Mais quelle fable incroyable. C’est le jeu qui donne envie de saisir sa plume et qui vous fera passer des nuits blanches tant le système de jeu est accrocheur. Une découverte en appelle une autre. Un nouveau costume débloque des phases de jeu. Balan Wonderworld a une replay value obligée, un new game + dans le jeu qui donne la liberté au joueur de le consommer comme il l’entend.

Niveau effets spéciaux, Balan Wonderworld est loin d’être avare. On peut voir des effets de chaleur, de transparence, de plasma, de reflet à toutes les sauces. Les effets lumineux sont magnifiques et exploitent des palettes de couleur plutôt inhabituelles. Les reflets sont à tomber et est utilisé à la moindre occasion. Les textures animés finissent ce tableau déjà bien riche. A croire que les développeurs ont voulu faire une démo technique de tout ce qui existe en la matière. Les polygones se déforment comme dans Nights. La direction artistique charmante est suppléée par une bande-son irréprochable tout droit sortie d’un film Disney. Il faut dire que Yuji Naka n’a jamais caché son amour pour Disney et ses parcs d’attractions. Il suffit de le suivre sur les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Le jeu transpire sous cette influence mais aussi celle d’Alice au pays des merveilles.

 

Alors c’est sûr, Balan Wonderworld ne vous prend pas par la main. Tout est à l’ancienne, sans explication ou presque. Il va falloir comprendre ce que vous veut le jeu. Ne vous attendez pas à de la communication à outrance pour vous mettre sur la piste, vous aurez droit au strict minimum. Et comme le jeu est exigeant, vous vous rendrez rapidement compte que vous n’avez en général qu’une seule chance pour obtenir ce qu’il vous faut, sous peine de recommencer le stage en entier. C’est sûr, cela va vous changer du jeu vidéo moderne et assisté qui envahit nos ludothèques. Il faut comprendre le jeu, le traduire, bref, faire un peu fonctionner vos neurones et cela tombe plutôt bien puisque le jeu propose en plus des phases de plate-forme et d’action de nombreux puzzles qui consistent la plupart du temps à résoudre une énigme qui paraît simple. Mais comment va-t-on là-bas?

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Et si vous en vous en sortez pas, c’est que vous ne connaissez pas les codes du jeu vidéo. Balan Wonderworld compte un minimum sur votre culture pour en venir à bout, un peu à la manière des bidons rouges qui explosent ou des cercles au sol avec un halo qui font office de chekpoint ou vous permettent de sauvegarder un jeu. Si ce que vous voyez vous dit quelque chose, c’est qu’il faut faire quelque chose avec. Simple. D’ailleurs, sans y faire attention, le jeu vous éduque. On vous montrer les statues dorées qu’il faut récoler et puis on ne vous les montre plus trop. A vous de fouiller. Si vous traversez le jeu sans faire attention, sans méthode, vous ne progresserez jamais dans Balan Wonderworld.

 

Par contre, si vous faites l’effort, vous serez vite récompensé tant le jeu vous happe en proposant des univers ennivrants et un festival de couleurs qui fleurent bon la madeleine de proust. On arrête pas de jubiler devant les bonnes idées du jeu, devant l’effort énorme apporté aux personnages qui, outre leur fonction liée à leur costume, apportent véritablement plus, en particulier dans le gestion du saut. Il y aura des costumes bien plus appréciables que d’autres, il est vrai, à vous de farmer ceux qui vous plaisent, ceux qui vous seront le plus utiles.

 

Balan Wonderworld est un peu le jeu qu’on attendait plus. Si vous aimez les belles couleurs à la « Astal », « Nights », si vous n’êtes pas devenu un vieil aigri nourri par les jeux grisonnants, alors, c’est sûr et certain, Balan Wonderworld est un jeu fait pour vous. Combien de chef d’oeuvre sont restés incompris finalement. Je me souviens encore que Rez avait reçu 7/20 à sa sortie sur un site bien connu du grand public. Aujourd’hui, la note fait sourire tant Rez est reconnu par bien des gamers.  Cela prendra le temps qu’il faudra pour que Balan Wonderworld soit considéré comme un incontournable,  il faut laisser le temps au temps et au bouche à oreille. Et j’ai envie de dire, tant pis pour les esprits chagrins. Balan Wonderworld est un jeu pour les joueurs heureux.

 

J’ai passé des dizaines d’heures, des nuits, sur Balan Wonderworld. Il y a peu de jeux qui m’ont captivé autant et j’ai envie de vous les citer pour l’occasion. Bayonetta, Sakura Wars, Nights Into Dreams, Lunar, Magic Knight Rayearth, Tengai Makyo The Appocalypse IV, Radiant Silvergun, Game Tengoku… Ils ont tous une place aussi importante à mes yeux. Si vous avez aimé ces titres d’exception, sachez que Balan Wonderworld, même s’il est bien différent, fait partie de ces jeux qu’on oublie jamais. Les jusqu’au-boutistes auront même droit à un « one more thing ». Fascinant, époustouflant, enivrant, charmant, envoûtant, ça rime avec Balan. J’ai vécu une aventure à chaque seconde.

 

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