Xenoblade Chronicles 2 Switch 2 Edition

Développé par le studio Monolith Soft et édité par Nintendo, Xenoblade Chronicles 2 est sorti à l’origine le premier décembre 2017 sur Nintendo Switch. Plus de 8 ans après sa parution initiale, le titre revient sur la nouvelle console de la firme nippone dans une mouture révisée intitulée Nintendo Switch 2 Édition. Cette réédition physique et numérique promet des ajustements techniques significatifs ainsi que plusieurs ajouts de confort destinés à moderniser l’expérience de jeu globale. Il convient donc de poser notre regard de testeur sur cette révision afin de vérifier si ce retour sur les titans d’Alrest apporte des arguments solides en comparaison avec la version d’origine.
Un scénario qui garde le cap vers l’Elysium
L’histoire nous plonge dans l’univers d’Alrest, un monde recouvert par un océan infini appelé la Mer de nuages où les quelques survivants de la civilisation humaine habitent sur le dos de créatures gigantesques dénommées titans. Nous incarnons Rex, un jeune récupérateur sous-marin (ou sous-nuage) gérant son quotidien sur le dos du titan Azurda. Sa routine bascule lorsqu’il accepte un contrat de récupération richement rémunéré par le groupe Torna. Au cours de cette expédition dans les profondeurs de l’océan, Rex découvre et réveille Pyra, une Lame légendaire connue sous le nom d’Aegis. Gravement blessé lors d’un affrontement, Rex survit grâce à Pyra qui partage la moitié de son énergie vitale avec lui. En contrepartie, le jeune garçon prend l’engagement de la conduire au sommet de l’Arbre du monde pour atteindre l’Elysium, un havre de paix mythique capable d’offrir une terre d’accueil à l’humanité face au dépérissement progressif des titans.

La narration s’appuie sur une construction d’univers travaillée et des thématiques mûres traitant de l’épuisement des ressources naturelles, du cycle de la vie et des liens de dépendance mutuelle entre les Pilotes et leurs Lames. L’intrigue développe des arcs relationnels marquants pour l’ensemble du groupe qui accompagne Rex. Cependant, le rythme du récit présente des faiblesses perceptibles. Les 3 premiers chapitres, sur les 10 que compte l’aventure principale, souffrent d’un démarrage lent axé sur la mise en place des mécaniques.

Enchaîner les lames sans fausse note
Les combats s’effectuent en temps réel et s’articulent autour d’attaques automatiques associées à un positionnement précis par rapport à l’ennemi. La stratégie repose sur les duos formés par les pilotes et leurs lames. Je peux équiper 3 lames simultanément sur un même pilote, ce qui me permet d’alterner en cours d’affrontement pour adapter l’arme, les arts de combat et les éléments associés. La profondeur du système se base sur 3 mécaniques, à savoir les Combos de Pilotes avec l’enchaînement Déséquilibre, Chute, Éjection et Choc, les Combos de Lames pour bloquer les capacités adverses, et les Attaques en chaîne destinées à faire exploser les orbes élémentaires accumulés sur les cibles.

J’apprécie les modifications ergonomiques apportées par cette version Switch 2. L’évolution principale concerne les compétences de terrain. Dans l’édition de 2017, franchir un obstacle nécessitait des passages réguliers par les menus pour équiper manuellement les Lames disposant des aptitudes requises. Actuellement, le titre prend directement en compte les compétences de toutes les Lames stockées en réserve, sans m’obliger à modifier la composition de mon équipe active. La gestion des expéditions secondaires se montre également plus rapide grâce aux ajustements de la fonction Assaut Mercenaires. On y trouve aussi du contenu additionnel, dont la présence de la Lame invitée MOMO issue de la série Xenosaga, ainsi que de nouveaux costumes alternatifs pour Pyra et Mythra.

Le système de jeu conserve toutefois certaines lourdeurs initiales. Je remarque que l’apprentissage reste abrupt pour les nouveaux venus à cause de tutoriels textuels dispensés de façon précipitée, qu’il demeure impossible de consulter ultérieurement. La montée en puissance s’avère progressive, ce qui rend les premières heures de combat assez limitées avant le déblocage complet des emplacements de Lames. Par ailleurs, le mini jeu rétro Tiger Tiger, passage obligatoire pour faire évoluer la Lame Poppi, garde ses mécaniques d’origine sans le moindre ajustement, un choix qui décevra les joueurs qui espéraient un assouplissement sur ce point précis.

Une mer de nuages enfin sous contrôle visuel
L’aspect technique constitue le véritable enjeu de cette réédition. Je me souviens que le jeu d’origine peinait sur la première console, avec une résolution chutant sous les 360p en mode portable et des arrière-plans flous. Sur Switch 2, je constate que le titre affiche 60 images par seconde et cible une définition en 4K sur un téléviseur compatible, tandis que le mode portable passe au 1080p natif. Le gain en netteté se remarque d’emblée : les textures de la végétation, le relief des titans et les personnages bénéficient d’une précision qui manquait à la version initiale. Je note également un confort accru lors des déplacements rapides, puisque les temps de chargement passent en moyenne de 12 à 5 secondes.

Malgré ces améliorations, je relève encore quelques accrocs. Le moteur graphique utilise une synchronisation verticale à double tampon qui montre ses limites lors des affrontements chargés en effets visuels. Avec 4 combattants et plusieurs lames à l’écran, la cadence chute à 30 images par seconde pendant 1 à 2 secondes avant de remonter à 60, ce qui entraîne des saccades en pleine action. J’observe par ailleurs un affichage tardif de la végétation dans les vastes régions comme Gormott ou Uraya, ainsi que quelques artefacts visuels résiduels. Enfin, j’apprécie l’intégration d’un mode photo activable en pressant L et R, la capture vidéo native et les vibrations retravaillées lors des cinématiques.

Chapitre 5 : Une symphonie au diapason d’Alrest
La bande originale de Xenoblade Chronicles 2 conserve tout son impact et demeure l’un des points forts de l’œuvre. Composée par Yasunori Mitsuda, le collectif ACE (Tomori Kudo et CHiCO), Manami Kiyota et Kenji Hiramatsu, l’accompagnement sonore se distingue par une variété instrumentale remarquable.
Chaque titan dispose de thèmes musicaux propres pour le jour et pour la nuit, allant d’envolées orchestrales majestueuses à des compositions acoustiques plus sombres ou mélancoliques. Les pistes réservées aux combats insufflent une dynamique constante aux affrontements sans jamais devenir répétitives, malgré les dizaines d’heures nécessaires pour terminer l’aventure. Le jeu propose l’intégralité des doublages en version originale japonaise et en version anglaise.

Bilan d’une traversée sur les titans
Cette édition Switch 2 de Xenoblade Chronicles 2 remplit son rôle de modernisation technique en corrigeant les lacunes visuelles et ergonomiques les plus handicapantes du titre de 2017. L’affichage en 1080p en mode portable, l’objectif des 60 images par seconde et la simplification automatique des Compétences de terrain transforment positivement la qualité de vie du joueur tout au long du périple. L’ajout de contenu et l’option Assaut Mercenaires complètent utilement une formule de jeu déjà très dense.
Pour autant, le titre garde les stigmates de sa conception initiale. Les chutes occasionnelles de la cadence d’affichage à 30 images par seconde lors des pics de charge, l’absence d’un journal pour relire les tutoriels et le maintien d’un unique emplacement de sauvegarde par compte utilisateur empêchent cette réédition de réaliser un parcours sans faute. Il n’en demeure pas moins que Xenoblade Chronicles 2 Nintendo Switch 2 Édition constitue aujourd’hui la manière la plus aboutie de parcourir la mer de nuages d’Alrest et reste un des meilleur RPG à ce jour et un des meilleurs jeux exclusif chez Nintendo.




