The Merlies

34
0
Share:
Graphisme8.5
Animation8.2
Gameplay8
Bande-son8.4
Intérêt8
8.2
Reader Rating: (0 Rates)0

Dans le milieu du jeu indépendant, certaines productions se démarquent par leur volonté de bousculer la narration traditionnelle. The Merlies associe les studios Darjeeling et Blue Ramen, sous l’égide éditoriale d’ARTE France et de GCORES Publishing.

Le projet s’appuie sur une idée originale signée Cosmografik, que l’on connaît bien pour Type Rider ou Vandals. Lancé conjointement sur PC et sur Switch, le titre prend le parti de mêler aventure en 2D, plateforme et microgestion. Il est temps de se plonger dans ce petit monde enchanteur.

Vol au-dessus d’un nid de ruines

Une violente tempête a balayé le territoire et dispersé les Merlies, une communauté de petits volatiles. Notre quête consiste à parcourir la carte pour récupérer nos congénères, reformer la colonie et retaper le village de fortune. Le décor plante une Terre vidée des humains où la faune et la flore ont repris le dessus. Loin des mondes post-apo sombres et poisseux, le titre emprunte clairement le courant solarpunk ; l’ambiance reste lumineuse, la nature respire et les déchets industriels deviennent des trésors d’ingéniosité.

La narration fait le choix d’un conteur qui lit les événements comme une histoire du soir. L’histoire reste simple mais elle se suffit, nous sommes vraiment plongés dans un petit monde enchanté entouré de petites créatures qui ne demandent qu’à être aidées.

Petites plumes mais grands chantiers

Manette en mains, le gameplay repose sur deux piliers, de l’exploration façon Metroidvania sans violence et du craft de campement. Sur la carte en vue de côté, la progression fonctionne par étapes avec de nouveaux passages qui s’ouvrent à mesure que l’escouade s’agrandit et débloque des compétences utilitaires. Les Merlies agissent comme une brigade ouvrière, certains soulèvent des débris lourds, d’autres activent des interrupteurs ou taillent des lianes. Les développeurs ont banni les combats de l’équation. La difficulté vient des pièges environnementaux, du relief et des ronces, avec toujours ce risque d’égarer une unité dans un coin sombre du décor. Cette gestion d’escouade rappelle instantanément des classiques comme Pikmin ou Lemmings (mais sans maltraitance), adaptés ici en défilement horizontal.

LIRE AUSSI :  Esports Manager 2026

Une fois l’inventaire plein, retour au hub pour la partie construction. Tout le but réside dans l’upcycling : une boîte d’œufs sert de stockage, une lampe de chevet devient un dortoir et une vieille ardoise fait office de minicarte. Il faudra prévoir beaucoup d’allers-retours. L’intelligence artificielle du groupe montre aussi ses limites : il arrive qu’un piaf reste bloqué derrière une corniche ou rate un saut, forçant à faire marche arrière pour reconstituer la file. La physique reste permissive et le titre pardonne presque tout pour respecter son côté chill.

Coup d’œil sur la canopée et rendu technique

La direction artistique se retrouve avec un style d’illustration jeunesse qui fonctionne à merveille. Les décors 2D peints à la main multiplient les détails, jouant sur le contraste d’échelle entre nos petits piafs et les vestiges géants de l’ancien monde : câbles à haute tension, carcasses d’écrans ou bidons rouillés. Les animations traduisent bien le poids et l’agilité de chaque oiseau.

En revanche, lorsque l’escouade au complet s’agite dans des biomes denses avec de la physique d’eau et des particules, on subit de réelles chutes de framerate sous les 30 fps fixés par le jeu. Ces microsaccades ne brisent pas la jouabilité mais se font remarquer, notamment lors des changements de zones et des gros chargements de décors. Rien d’injouable, mais un patch d’optimisation ne serait pas du luxe pour fluidifier l’expérience nomade.

Une partition au diapason de la nature

Le sound design appuie sans fausse note le côté reposant de l’aventure. L’OST privilégie des arrangements acoustiques sobres : guitares sèches, cordes légères et petites percussions qui rappellent l’épure d’un A Short Hike. Les musiques savent s’effacer pour laisser s’exprimer les bruitages ambiants : le vent qui souffle dans un tuyau en zinc, le cliquetis des métaux et le bruissement des feuillages sous les pas de notre volée.

LIRE AUSSI :  70s-style Robot Anime Geppy-X

Le bilan de la nichée

The Merlies livre une proposition rafraîchissante et accessible, axée sur la débrouille, l’écologie pratique et la coopération. En croisant l’esprit puzzle-platformer d’un Pikmin en 2D avec un système de craft intelligent, le titre d’ARTE France, Darjeeling et Blue Ramen séduira les joueurs en quête d’une parenthèse douce et originale. Malgré une IA parfois paresseuse sur le pathfinding, des allers et retours fréquents et quelques chutes de framerate sur Switch, la patte graphique et l’ingéniosité des puzzles environnementaux en font une expérience agréable et sincère. Allez, un petit patch pour les soucis de comportements d’IA et bugs du jeu et ça sera parfait.

Share:

Leave a reply

Lire Aussi