The Adventures of Elliot: The Millennium Tales

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Graphismes9
Animation9.1
Jouabilité9.3
Bande son9.7
Intérêt9.5
9.3

   Lorsque Square Enix avait présenté la démo de The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, j’étais sorti de l’expérience avec le sourire. Le genre de démo qui donne immédiatement envie d’en voir davantage. Une direction artistique ravissante, des couleurs éclatantes, un héros attachant et surtout ce parfum d’aventure à l’ancienne qui rappelle autant les premiers Zelda que certains classiques japonais comme Magic Knight Rayearth ou encore Lunar, notamment à travers le style de ses personnages en 2D.

Cette première prise en main m’avait véritablement séduit. J’avais le sentiment que Square Enix tenait là un futur incontournable du genre, capable de mêler nostalgie et modernité grâce à sa technologie HD-2D. J’attendais donc énormément du jeu final.

Quelques mois plus tard, manette en main sur Xbox Series X, le constat est un peu plus contrasté.

Le jeu final est extrêmement fidèle à ce que la démo laissait entrevoir. Peut-être même un peu trop. Là où j’espérais une montée en puissance progressive, avec de nouvelles idées, des mécaniques inédites et des environnements toujours plus surprenants, j’ai surtout eu l’impression que le contenu de la démo avait été étiré sur une aventure beaucoup plus longue. Tout ce qui m’avait enthousiasmé au départ est bien présent, mais le jeu peine à réellement se renouveler au fil des heures.

Visuellement, difficile pourtant de reprocher quoi que ce soit à Square Enix. Le studio continue d’exploiter son désormais célèbre style HD-2D, popularisé par Octopath Traveler. Les personnages en sprites 2D évoluent dans des décors en 3D bourrés d’effets de lumière, de profondeur de champ et de petits détails qui donnent énormément de cachet à l’ensemble. C’est magnifique, coloré et particulièrement agréable à regarder sur un grand écran. Chaque décor semble travaillé avec soin et l’on retrouve immédiatement cette patte graphique qui fait mouche depuis plusieurs années.

 

Sur Xbox Series X, le jeu tourne d’ailleurs dans d’excellentes conditions. L’image est propre, la fluidité ne souffre pratiquement d’aucune faiblesse et les temps de chargement sont très courts. Techniquement, difficile d’en demander davantage.

Malheureusement, cette beauté visuelle masque difficilement un certain manque de variété. Au fil des heures, les environnements finissent par se ressembler davantage qu’ils ne le devraient. Le voyage manque de moments véritablement marquants et de lieux capables de rester gravés dans la mémoire du joueur. Tout est joli, mais peu de zones parviennent réellement à se démarquer. On admire constamment les décors, sans jamais ressentir ce sentiment d’émerveillement que procurent les plus grandes aventures du genre.

Le gameplay suit exactement la même philosophie. Nous sommes ici face à un Action-RPG très classique. Les combats sont efficaces, les commandes répondent parfaitement et l’exploration reste agréable du début à la fin. Pourtant, là encore, difficile de se défaire d’une impression de déjà-vu. Le jeu applique avec beaucoup de maîtrise les grandes recettes de l’Action-RPG. Il ne cherche jamais à révolutionner le genre, préférant perfectionner une formule qui a largement fait ses preuves. Ceux qui attendent des idées inédites resteront peut-être sur leur faim, mais les amateurs de Zelda y trouveront une aventure solide et constamment agréable à parcourir. Le jeu préfère en effet s’appuyer sur des mécaniques éprouvées plutôt que de prendre des risques.

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Si l’exploration constitue l’un des grands plaisirs de The Adventures of Elliot, elle se montre parfois un peu trop malicieuse.

Certes, le jeu dispose de cartes détaillées et indique systématiquement l’objectif à atteindre. Mais savoir où l’on doit aller et comprendre comment y parvenir sont deux choses bien différentes.

À plusieurs reprises, je me suis retrouvé à tourner en rond alors que la destination était parfaitement indiquée sur la carte. Le problème vient souvent des changements d’altitude, des passages reliant plusieurs zones ou de détours parfois peu intuitifs. On finit toujours par trouver son chemin, mais rarement grâce à une conception particulièrement élégante. Ce n’est pas un défaut qui bloque complètement la progression, mais il casse régulièrement le rythme de l’aventure.

Certains donjons reposent sur un level design qui pousse le joueur à observer son environnement, mais il arrive aussi que le jeu franchisse la frontière entre défi et frustration. Quelques mécanismes manquent de lisibilité et donnent davantage l’impression d’avoir oublié un détail que d’avoir résolu une énigme avec logique. Rien de rédhibitoire, mais certains passages gagneraient à offrir un indice supplémentaire afin de préserver le rythme de l’aventure sans sacrifier le plaisir de l’exploration. Quand je me retrouve face à un switch, j’ai tendance à l’activer  sauf que le switch débloque un accès tout en bloquant un autre chemin  dans la tête des programmeurs, il aurait donc fallu bien explorer toute la zone sans activer le switch sous peine de continuer son chemin sans avoir saisi une clé vitale : mouais…

Avec le recul, je dois cependant reconnaître que cette sensation s’estompe progressivement. Au fur et à mesure de mon avancée, j’ai fini par comprendre la philosophie du jeu et la manière dont les développeurs construisent leurs cartes. Les déplacements deviennent alors beaucoup plus naturels et je me suis laissé davantage porter par l’aventure.

J’ai finalement découvert un Zelda fort sympathique, avec sa multitude de donjons, ses boss et ses énigmes. Le jeu ne réinvente cependant pas la roue pour autant. Il recycle des éléments de gameplay rencontrés des dizaines, voire des centaines de fois, comme les rayons lumineux que l’on redirige grâce à des miroirs pour ouvrir un passage ou activer un mécanisme. Les amateurs du genre reconnaîtront immédiatement ces mécaniques.

Mais si Elliot manque d’originalité, il faut aussi reconnaître qu’il maîtrise parfaitement ses références. Les donjons sont bien construits, les énigmes sont agréables à résoudre et les boss offrent régulièrement de bonnes idées de mise en scène. Sans inventer de nouveaux concepts, le jeu parvient à renouveler suffisamment les situations pour maintenir l’intérêt jusqu’au générique de fin. On retrouve cette progression très typique des Zelda, où chaque nouveau donjon apporte sa petite idée de gameplay et renouvelle légèrement les possibilités offertes au joueur.

 

C’est finalement ce qui résume le mieux The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. Un jeu charmant, réalisé avec beaucoup de savoir-faire et porté par une esthétique magnifique, mais qui manque un peu de personnalité pour sortir de l’ombre de ses prestigieuses inspirations. J’y ai pris du plaisir du début à la fin, mais je n’ai jamais totalement retrouvé l’enthousiasme que m’avait procuré la démo. Comme si Square Enix avait conçu une très belle aventure rétro sans jamais lui offrir ce petit supplément d’âme capable de la rendre véritablement inoubliable.

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C’est finalement ce qui résume le mieux The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. Un jeu charmant, réalisé avec beaucoup de savoir-faire et porté par une esthétique absolument magnifique. Il manque sans doute d’un peu de personnalité pour rejoindre les grands classiques dont il s’inspire, mais il compense largement par la qualité de son exécution. Tout fonctionne, tout est agréable à parcourir et l’aventure conserve un excellent rythme jusqu’au générique de fin.

J’aurais aimé que Square Enix ose davantage, qu’il surprenne plus souvent et qu’il propose des idées capables de faire entrer Elliot dans la cour des très grands. Pourtant, je ne peux pas nier le plaisir que j’ai pris tout au long de cette aventure. Il ne révolutionne pas le Zelda-like, mais il en propose une interprétation extrêmement soignée, généreuse et attachante. Si vous aimez les Action-RPG à l’ancienne, vous passerez assurément un très bon moment. Il lui manque simplement cette étincelle de génie qui transforme un très bon jeu en chef-d’œuvre. Ca, c’est ce que vous allez certainement penser du jeu en faisant la mauvaise fin du jeu.

Par chance, j’ai pris le temps d’aller jusqu’à la vraie fin, et je ne peux que vous conseiller d’en faire autant. J’insiste même car cette phase de jeu est sans doute la meilleure. Passer à côté est une faute grave. Non seulement elle apporte une conclusion plus satisfaisante à l’aventure, mais elle s’accompagne aussi de plusieurs séquences de gameplay inédites (hordes à contenir, protection de PNJ…) qui valent largement les efforts demandés. Côté boss, les affrontements s’intensifient et disons le clairement, ce sont les meilleurs du jeu. En effet, aller chercher la vraie fin est loin d’être anecdotique et vous offrira quelques heures de jeu de plus de très grande qualité. Ce ne sont pas juste quelques featurettes complémentaires mais un gigantesque plus qui apporte aussi une très belle plus-value au reste du jeu.

J’avoue cependant que je n’ai pas compris le concept des développeurs de laisser la possibilité aux joueurs de quitter le jeu aux 2/3 du tittre avec une mauvaise fin.  Il y a tant à rater que je n’arrive pas me faire à l’idée que des développeurs se soient dit que ce ne serait pas très grave si la plupart des joueurs n’abordent pas la partie la plus intéressante et épique du jeu. Vous vous seriez arrêté au deuxième CD de Final Fantasy VII sur PSone vous? Car oui, cher lecteur, The Adventures of Elliot : The Millennium Tales vous trolle! Ne vous laissez pas avoir comme la plupart des testeurs et jouez au jeu complet!

Enfin, impossible de refermer ce test sans saluer l’incroyable bande originale cinq étoiles. Inspirée des plus grands J-RPG de l’âge d’or, elle accompagne chaque région avec une identité forte et sublime aussi bien les moments contemplatifs que les combats les plus épiques. Plusieurs thèmes restent instantanément en tête bien après avoir posé la manette. À elle seule, cette musique contribue largement à donner à The Adventures of Elliot ce parfum d’aventure intemporelle.

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