Serious Sam: Shatterverse

Développé par Behaviour Interactive et édité par Devolver Digital, Serious Sam: Shatterverse emmène la franchise sur le terrain du roguelite coopératif. La licence Serious Sam a toujours été connue pour son côté décalé avec aussi ce côté testostérone comme le faisait Duke Nukem. J’ai toujours apprécié cette licence et j’avais hâte de voir ce qu’allait donner ce nouvel épisode.
MCU : Mental Catastrophic Universe
Mental, l’antagoniste récurrent de la licence, a trouvé le moyen de fracturer les différentes réalités pour créer le Shatterverse. Pour contrer cette menace interdimensionnelle, on retrouve notre cher Sam et ses variantes issues de réalités parallèles.

L’écriture conserve son ton cynique avec des répliques cinglantes qui fusent entre les affrontements. Le récit sert d’ossature pour enchaîner les arènes générées de façon procédurale, un parti pris pour ce nouvel épisode qui est aussi justifié.
Une Gâchette Sensible aux Aléas du Roguelite
Les mécaniques de base restent fidèles aux origines de la saga, on tire en esquivant et en reculant face à des hordes de Kleer Skeletons et de kamikazes. L’arsenal regroupe les standards habituels, du fusil à pompe à double canon au lance-roquettes.

Le changement s’opère sur la structure en runs. Chaque tentative propose des environnements où l’on amasse des modificateurs de statistiques, des dégâts élémentaires et de nouvelles armes. En coopération, la création de synergies entre les différents builds de l’escouade apporte une vraie composante tactique.

L’équilibrage constitue cependant la faiblesse principale du titre. La courbe de difficulté se montre trop irrégulière. Si on tire de mauvais modificateurs ou que l’on affronte certains boss dans des arènes restreintes trop tôt dans la partie, la session devient immédiatement punitive, on le sait qu’il s’agit de la religion, des Roguelite mais la RNG peut se montrer injuste.

En multijoueur, l’ajustement de la résistance ennemie manque de finesse : les monstres se transforment en sacs à PV dès que l’escouade est complète. Enfin, l’impossibilité de rejoindre une session en cours après une déconnexion s’avère pénalisante pour un titre pensé pour la coopération.
Des Éclats de Pixels
Pour la première fois, les développeurs ont choisi d’abandonner le Serious engine pour l’Unreal Engine.
La direction artistique abandonne les ruines terrestres classiques pour explorer des biomes variés, allant de dimensions dévastées à des environnements extraterrestres saturés en couleurs. le moteur affiche des textures propres et gère l’affichage de dizaines d’ennemis avec un framerate ciblant soixante images par seconde. La fluidité est globalement maintenue en mode solo.

L’expérience en ligne souffre en revanche de problèmes de netcode. Les soucis de connexion entre l’hôte et les clients génèrent des saccades, des hitbox imprécises et parfois des retours forcés à l’interface de la console. Des correctifs d’optimisation des serveurs sont nécessaires pour stabiliser l’ensemble.

Avantage pour les versions Xbox, qui est compatible Play Anywhere donc un achat permet d’avoir la version Xbox et la version PC.
Des Cris, Des Balles, et Un John Dick
Les bruitages des armes ont un impact lourd, et la spatialisation audio remplit son rôle . John Dick prête à nouveau sa voix à Sam, distillant l’humour noir caractéristique de la licence.

La bande originale soutient l’action avec des riffs de guitare agressifs qui s’accélèrent selon la densité de la vague ennemie. Un défaut d’interface vient toutefois entacher le multijoueur : le chat vocal impose un micro ouvert par défaut, sans option push-to-talk facilement accessible. Cela génère une cacophonie lors des parties en matchmaking public, forçant souvent à couper les communications.
Gloire au Sam Baby
Serious Sam: Shatterverse transpose la formule de tir frénétique de la série dans une structure roguelite avec des mécaniques solides. Les sensations armes en main répondent présent et cela reste un jeu toujours aussi fun.
Cependant, les pics de difficulté hasardeux liés à la génération procédurale et les problèmes d’infrastructure réseau en multijoueur freinent la progression. C’est un jeu de tir exigeant qui dispose d’un potentiel évident en coopération, mais qui demande encore des mises à jour correctives pour stabiliser son équilibrage et sa technique, une bonne expérience, mais qui reste à peaufiner pour la sublimer.




