STAR OCEAN THE SECOND STORY R

Vingt-huit ans après les origines de la saga et trois ans après sa sortie initiale, Square Enix propose une version Nintendo Switch 2 de STAR OCEAN THE SECOND STORY R, l’occasion de vérifier si ce remake tient toujours la route sur la nouvelle console hybride.
Une seconde histoire qui repart de zéro
STAR OCEAN THE SECOND STORY R est le remake du deuxième épisode de la saga STAR OCEAN, sorti à l’origine sur PlayStation en 1998 et déjà revisité une première fois sur PSP en 2008 sous le nom Second Evolution. Le développement de ce remake a été confié au studio Gemdrops, avec l’implication de Tri Ace, le studio à l’origine du jeu original, et l’ensemble du projet est édité par Square Enix. La version Nintendo Switch 2, disponible depuis le 16 juillet 2026, arrive sous forme de titre à part entière et non de simple mise à jour de la première Switch, ce qui pose d’emblée la question de sa pertinence pour ceux qui possèdent déjà le jeu.

Claude, Rena et une intrigue à double voix
L’histoire suit Claude C. Kenny, officier d’une fédération spatiale, projeté malgré lui sur Expel, une planète à l’ère préindustrielle. Il y croise la route de Rena Lanford, une jeune femme liée à un mystérieux globe de sorcellerie qui menace la planète. Le scénario reste dans les standards du RPG japonais de la fin des années 1990 : une trame assez classique de sauvetage du monde, mais enrichie par une galerie de personnages secondaires recrutables, chacun avec ses propres scènes appelées Actions Privées, ses quêtes annexes et son lot d’anecdotes. Le choix du protagoniste, Claude ou Rena, modifie certains passages, les alliés disponibles et débouche sur plusieurs fins différentes, ce qui pousse naturellement à refaire l’aventure une seconde fois. On peut reprocher au récit un manque d’originalité dans sa trame principale, mais la profondeur apportée par les histoires annexes et les deux points de vue compense largement cette simplicité de façade.

Un système de combat qui ne manque pas de Break
Fidèle à l’ADN de la franchise, le jeu s’appuie sur un système de combat en temps réel où l’on dirige directement un personnage sur le champ de bataille tout en donnant des ordres au reste de l’équipe. Cette version « R » ajoute une jauge de garde à briser sur les ennemis, appelée système de rupture, qui une fois vidée les laisse vulnérables à une attaque combinée nommée Assaut, où d’autres membres de l’équipe interviennent ponctuellement pour infliger des dégâts supplémentaires. On peut désormais esquiver ou parer les coups au bon moment, ce qui rend les affrontements plus stratégiques que dans la version originale, à condition de bien lire les attaques adverses. En contrepartie, l’IA qui gère les coéquipiers non contrôlés reste perfectible : elle a été améliorée par rapport à l’opus de 1998, mais elle continue de montrer ses limites face à des combats plus rapides et plus exigeants.

Le jeu conserve également son système de compétences original, avec des disciplines comme la Cuisine, l’Alchimie, la Forge ou l’Écriture, qui influencent les statistiques des personnages et débloquent un système de création d’objets permettant de fabriquer un équipement avancé. Ce système peut sembler dense au premier abord, mais quelques heures de jeu suffisent pour en comprendre les grandes lignes. Trois niveaux de difficulté sont proposés (Terre, Galaxie et Univers), permettant d’adapter le défi, que ce soit pour suivre l’histoire tranquillement ou chercher une expérience plus corsée. Autre ajout de confort bienvenu pour un titre de cette ampleur : un système de voyage rapide vers les lieux déjà visités, absent de la version PS1.

Le pixel prend de l’orbite sur Switch 2
Comme beaucoup de productions récentes, le jeu adopte un style 2.5D qui associe des personnages en pixels 2D à des décors en 3D, avec de nouvelles illustrations réalisées par Yukihiro Kajimoto, l’artiste original de la série. Les décors sont magnifiques, que ce soit en ville ou à l’extérieur. Les effets visuels profitent eux aussi d’améliorations pour être enrichis quand ça explose à l’écran.
Sur le plan technique, c’est justement là que cette édition change la donne. La première mouture Switch tournait en 576p en mode portable et 864p en mode salon, plafonnée à 30 images par seconde. La version Switch 2 grimpe à une résolution de 1080p aussi bien en mode portable qu’en mode salon, avec une fréquence d’images fixée à 60 images par seconde dans les deux configurations. Les textures gagnent en définition, les ombres sont plus fines et le nombre d’objets affichés à l’écran augmente légèrement.

Les temps de chargement profitent eux aussi de l’amélioration matérielle, avec un accès au menu principal ramené à 16 ou 18 secondes contre près de 30 secondes auparavant, un écart qui se ressent nettement en usage quotidien. Cette version Switch 2 se rapproche ainsi de l’expérience proposée sur PS5, sans toutefois atteindre la distance d’affichage ou la finesse des versions PC les plus musclées.
Le revers de la médaille reste le mode de commercialisation choisi par Square Enix : aucune mise à niveau depuis la première version Switch n’est proposée, les sauvegardes ne sont pas compatibles entre les deux versions, et il faut donc racheter le jeu au prix plein (49,99 €) pour profiter de ces améliorations techniques. Une décision qui peut légitimement agacer les joueurs ayant déjà terminé le jeu sur la console précédente.

Une partition qui traverse les étoiles
La bande-son a été retravaillée par Motoi Sakuraba, compositeur historique de la série, avec un réenregistrement complet des pistes par une formation orchestrale et des instruments à cordes. Les phases d’exploration et les cinématiques bénéficient de nouvelles pistes qui accompagnent bien les changements de ton du scénario, sans pour autant renier l’identité musicale de l’œuvre originale.
Le doublage est proposé intégralement en japonais et en anglais, avec en plus la possibilité de sélectionner les dialogues issus de la version Second Evolution parue sur PSP en 2008.

Le verdict d’une seconde chance
STAR OCEAN THE SECOND STORY R sur Switch 2 reste fondamentalement le même jeu que sur les autres plateformes, sans contenu inédit, mais avec des gains techniques bien réels qui corrigent les principaux défauts de la précédente version Switch. La résolution de 1080p combinée aux 60 images par seconde stables en mode portable comme en mode salon change concrètement le ressenti en combat, tout comme les temps de chargement nettement raccourcis. Le scénario, le système de combat enrichi par les mécaniques de rupture et d’assaut, ainsi que la profondeur du système de compétences constituent toujours les points forts de ce RPG, malgré une IA de groupe qui n’a pas totalement suivi le rythme des nouvelles mécaniques.
Le principal point que je reprocherai à cette version n’est pas le contenu du jeu lui-même, mais bien la politique commerciale qui l’accompagne : sans mise à niveau ni transfert de sauvegarde, elle s’adresse avant tout à ceux qui découvrent le titre pour la première fois ou qui souhaitent une version nomade performante, plutôt qu’aux joueurs ayant déjà investi dans le premier opus sur Switch. Pour les nouveaux venus sur Switch 2, il s’agit néanmoins d’une des meilleures façons de découvrir ce classique du JRPG remis au goût du jour.




