S.E.M.I. – Side Effects May Include

S.E.M.I. – Side Effects May Include, développé et édité par le studio indépendant Two Horn Unicorn, nous propose de plonger dans une clinique pas comme les autres pour un test qui, comme les pilules du jeu, réserve son lot d’effets secondaires.
Ordonnance narrative
Nous incarnons des patients d’une clinique expérimentale qui doivent s’échapper en ingérant des médicaments aux effets imprévisibles. Pas de récit développé au sens classique du terme ici, l’histoire se limite à ce cadre et à des rapports médicaux humoristiques qui apparaissent après chaque évasion réussie. On reste davantage sur un prétexte absurde que sur un scénario construit.

Effets secondaires sur la manette
La jouabilité repose entièrement sur ce système de pilules, qui nous accorde des capacités temporaires accompagnées d’un revers systématique. Par exemple, la force bipolaire nous transforme en combattant féroce avant de nous changer soudainement en pantin inerte que nos coéquipiers doivent traîner au sol. L’astigmatisme laser dédouble notre visée, rendant le tir imprécis et provoquant un nombre incalculable de tirs amis involontaires. Ces mécaniques créent des situations hilarantes où notre coordination vocale devient indispensable, mais n’est jamais garantie.

Le titre se joue de un à quatre joueurs, en solo ou en coopération en ligne, et propose des environnements générés aléatoirement avec gravité variable, pièges et murs mobiles. Le revers de cette approche très axée sur la physique tient dans des collisions parfois douteuses et une caméra capricieuse. On regrette également un manque de précision lors des combats, laissant par moments une impression de prototype plutôt que d’expérience aboutie. De plus, si l’on s’y aventure en solo, le système de sabotage et d’entraide disparaît logiquement, ce qui ampute le jeu d’une grande partie de son intérêt.

Consultation visuelle et sonore
Le jeu opte pour un style low poly coloré. Les effets liés aux pilules (distorsion, changement de couleurs) perturbent notre vision sans rendre l’action illisible.

Le jeu visuellement ne demande pas non plus une machine de tonnerre pour fonctionner, une configuration gaming accessible suffit amplement. La contrepartie de cette simplicité technique se retrouve dans la gestion de la caméra en intérieur, qui s’entête parfois à se bloquer dans les couloirs étroits.
La partie sonore, quant à elle, accompagne le rythme du jeu avec des bruitages appuyés. La musique sait rester en retrait pour nous laisser profiter de l’élément sonore le plus mémorable : nos propres hurlements et éclats de rire en session coopérative.

Bilan de sortie
S.E.M.I. – Side Effects May Include repose sur une excellente idée : transformer chaque capacité en risque calculé. Mon constat reste néanmoins nuancé. L’expérience fonctionne incroyablement bien si l’on joue avec des amis habitués aux jeux physiques et capables de fermer les yeux sur quelques approximations techniques, et une caméra parfois aux fraises. En revanche, le titre perd presque tout son intérêt en solo. Au final, pour moins de huit euros, l’ordonnance de chaos est respectée, ce qui en fait une belle petite découverte à réserver exclusivement à un groupe de joueurs prêt à en découdre.




