4PGP

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Graphismes7.5
Animation8
Jouabilité6.6
Bande son6
Intérêt5.1
6.6

   Les jeux de course arcade ont toujours occupé une place particulière dans le cœur des joueurs. Dès que l’on évoque le genre, des noms comme Daytona USA, Ridge Racer, Scud Race ou encore Sega Rally reviennent immédiatement en mémoire. Ces titres avaient un point commun : ils privilégiaient le plaisir immédiat, des sensations grisantes et une identité visuelle forte. Avec 4PGP, les développeurs tentent de ressusciter cet esprit des années 90 tout en l’habillant d’une réalisation moderne. L’intention est louable. Le résultat, malheureusement, laisse un goût d’inachevé.

Dès les premiers tours de piste, impossible de ne pas être séduit par la fluidité du jeu. Sur Nintendo Switch 2, 4PGP affiche une animation extrêmement stable qui participe grandement au confort de jeu. Les voitures filent à toute allure sans le moindre ralentissement perceptible, et le moteur graphique fait un travail plus qu’honorable. Les modèles des monoplaces sont détaillés, les effets de vitesse convaincants et l’ensemble bénéficie d’une direction artistique propre.

Le problème n’est donc clairement pas technique.

 

Là où 4PGP peine à convaincre, c’est dans sa capacité à donner envie d’enchaîner les courses.

Le choix de l’univers de la Formule 1 constitue paradoxalement sa principale faiblesse. Contrairement aux circuits fantaisistes ou aux environnements variés que l’on retrouve dans la plupart des jeux d’arcade, les Grands Prix possèdent une identité visuelle beaucoup plus homogène. Bien sûr, les tracés changent réellement et proposent chacun leurs propres enchaînements de virages. Mais une fois lancé à plus de 300 km/h, difficile de ressentir une véritable personnalité entre chaque pays.

À quelques drapeaux nationaux près, les environnements finissent rapidement par se confondre. Les infrastructures, les grillages, les stands, les dégagements et les tribunes donnent souvent la désagréable impression d’évoluer dans un immense décor unique qui aurait simplement été légèrement modifié d’une course à l’autre.

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On passe de l’Italie au Japon, puis au Brésil ou au Royaume-Uni sans réellement ressentir ce changement de décor que l’on attend habituellement d’un jeu de course arcade. Il y a même la Belgique au programme mais rien de très typé au programme non plus.

 

À ce niveau, 4PGP manque clairement de folie.

Le constat est d’autant plus frustrant que les développeurs semblent avoir parfaitement compris les codes du gameplay arcade. Les commandes répondent immédiatement, la prise en main est extrêmement accessible et le jeu se montre très permissif.

C’est d’ailleurs là que le titre rappelle immédiatement une autre référence…

En jouant, on pense souvent au tout premier F-Zero sur Super Nintendo.

Non pas parce que les deux jeux se ressemblent visuellement, mais parce que les sensations procurées sont étonnamment proches. Dans 4PGP, on n’a finalement pas vraiment l’impression de piloter une Formule 1. On a davantage la sensation de déplacer une caméra au-dessus de la piste. La voiture semble glisser parfaitement sur un rail, sans véritable transfert de masse ni impression d’inertie.

Les collisions sont discrètes, les suspensions semblent inexistantes et le comportement des monoplaces reste constamment très lisse.

 

Certains apprécieront cette simplicité, mais les amateurs de sensations mécaniques risquent de rester sur leur faim.

Le principal problème est qu’au fil des courses, cette approche finit par générer une certaine monotonie.

Les circuits changent.

Les classements évoluent.

Les conditions de course également.

Mais le plaisir, lui, progresse finalement très peu.

On a souvent cette étrange impression de refaire exactement la même course dans un décor légèrement différent.

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C’est précisément ce qui différencie 4PGP des grands classiques du genre.

Lorsque l’on relance aujourd’hui un Daytona USA, chaque circuit possède immédiatement une identité forte. Les paysages, les reliefs, les tunnels, les plages, les montagnes ou les zones urbaines offrent une véritable variété visuelle qui renouvelle constamment l’expérience.

Même constat avec Ridge Racer, où chaque tracé raconte presque une histoire grâce à son ambiance, sa musique et ses panoramas.

Dans 4PGP, cette personnalité fait malheureusement défaut.

Et c’est dommage, car les qualités sont bien présentes.

La réalisation est propre.

Le framerate est excellent.

Le gameplay est immédiatement accessible.

La progression est efficace.

Le contenu est honnête.

Mais tout manque d’âme.

On joue.

On s’amuse.

Puis très vite, l’envie de retourner sur un vieux Daytona USA ou un Ridge Racer Type 4 prend le dessus.

Ces jeux pourtant vieux de plusieurs décennies continuent à procurer davantage de plaisir grâce à leur identité assumée et leurs sensations immédiatement reconnaissables.

Ce n’est pas forcément une question de nostalgie.

Simplement une question de personnalité.

Au final, 4PGP est un jeu difficile à détester.

Il est propre.

Il est fluide.

Il est parfaitement jouable.

Il remplit honnêtement son contrat.

Mais il ne parvient jamais à créer cette petite étincelle qui transforme un bon jeu en classique du genre.

 

Les amateurs de Formule 1 à la recherche d’une expérience simple et arcade devraient y trouver leur compte, surtout pour des parties rapides. En revanche, ceux qui espéraient retrouver la magie des grandes productions Sega ou Namco des années 90 risquent d’être déçus. 4PGP en reprend la philosophie, mais pas le génie.

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