Devil Jam

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Graphismes7.3
Animation7.5
Jouabilité8
Bande son8.5
Intérêt8.3
7.9

 Devil Jam est le genre de projet que l’on ne voit pas arriver et qui attire immédiatement l’attention par son mélange d’influences extrêmement assumées. Dès les premières minutes, difficile de ne pas penser à Vampire Survivors tant la structure générale rappelle ce phénomène indépendant devenu culte. Mais ici, l’ambiance change complètement. Là où Vampire Survivors baignait dans un univers gothique inspiré de Castlevania, Devil Jam plonge le joueur dans une esthétique beaucoup plus musicale, démoniaque et métal, avec une identité sonore qui donne immédiatement sa personnalité au jeu.

Le principe reste celui d’un jeu d’action où l’on affronte des vagues incessantes d’ennemis dans des arènes de plus en plus chargées visuellement. Mais le titre apporte sa propre mécanique avec une barre de rythme qui donne le tempo des attaques et des capacités spéciales. Les coups se déclenchent de manière automatiquegrâce à une sorte de tableau « partition » que l’on construit progressivement au fil de la partie. Cela permet de décider de l’ordre des attaques, des synergies entre capacités et du rythme général de son personnage. L’idée est franchement maligne car elle apporte une petite dimension stratégique à un gameplay qui aurait pu se contenter de copier les standards du genre.

Très vite, on commence à expérimenter différentes combinaisons. Certains coups privilégient les dégâts de zone, d’autres les attaques rapides ou les effets de contrôle. Le fait de pouvoir améliorer les capacités ajoute également un vrai plaisir de progression. On construit peu à peu une machine de destruction adaptée à son style de jeu, avec cette satisfaction typique des bons roguelites où chaque tentative permet d’affiner sa stratégie tout en revenant plus fort puisqu’un shop permet entre chaque partie de booster vos capacités de départ.

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L’aspect musical fonctionne aussi plutôt bien. Sans révolutionner le gameplay, le système de rythme apporte suffisamment de personnalité pour distinguer le jeu de ses inspirations évidentes. On ressent cette volonté de donner une dimension presque concert infernal à l’action, avec des affrontements qui deviennent rapidement chaotiques mais toujours lisibles.

Graphiquement, le jeu est également une bonne surprise. Contraitement à Vampire Saviors, pas de pixel art mais des graphismes avec une finesse plus moderne qui donneront accès aux joueurs éventuellement rebutés par l’aspect de Vampire Survivors. L’ensemble possède un vrai charme visuel, avec une palette de couleurs agressive et une mise en scène très “metal album cover” qui colle parfaitement au ton général.

Tout n’est pas parfait pour autant. L’un des petits problèmes vient de la lisibilité de certaines capacités spéciales. Les coups que l’on choisit dans le tableau ne sont pas toujours immédiatement identifiables visuellement, ce qui oblige à bien lire les descriptions avant de comprendre précisément leur utilité. Ce n’est pas dramatique et cela fait partie de l’apprentissage  mais cela casse parfois un peu le rythme lorsqu’on découvre de nouvelles compétences dont il faut bien apprendre les visuels. Il faut dire aussi que Vampire Survivors bénéficiait d’un énorme avantage : beaucoup de ses objets et armes évoquaient immédiatement des références déjà très connues de Castlevania, ce qui rendait leur compréhension quasi instantanée. Devil Jam doit construire son propre langage visuel, et cela demande un petit temps d’adaptation.

Développé par le studio flamand Rogueside avec le soutien du fonds audiovisuel flamand VAF, le jeu montre encore une fois que la scène indépendante belge continue de produire des projets atypiques et exportables. On sent une vraie envie de proposer autre chose qu’un simple clone opportuniste.

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Au final, Devil Jam ne réinvente pas totalement la formule popularisée par Vampire Survivors, mais il parvient suffisamment à personnaliser son approche pour donner envie d’y revenir. Son ambiance musicale démoniaque, son système de construction des attaques et son esthétique plus détaillée lui permettent de trouver sa propre identité. C’est un roguelite nerveux, généreux et intelligemment pensé, qui confirme surtout qu’il reste encore de la place pour des variantes créatives autour de cette formule désormais ultra populaire.

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